‹ Amphithéatre des sciences mortesChapitre 125 sur 182 · IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE · texte numérisé non relu

IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE

plume à son service, si on n'avait pas forcé des mains qui écrivent à faire le salut militaire à des hommes qu'ils tiennent pour leurs inférieurs.

L'opinion attend une case de ronde Torriy où le négrier sera un adjudant : je l'ai vu de très près, au Dôme Central, à l'Ambigu, au Parc à Bruxelles : Sinnakirib, dans5a%/072e, aparu odieux à tous, même aux officiers ; or, Sinnakirib est simplement le parfait militaire avec une mitre au lieu de casquette.

D'un autre côté, la librairie Hachette, dans son agenda si répandu, n'a donné, par ordre du gouvernement, que des éphémérides napoléoniennes. Depuis deux années, l'opinion bourgeoise, par réaction, fait de l'apothéose Bonapartiste, sous toutes ses formes.

La bourgeoisie, en donnant de trop vifs exemples de cynisme, a discrédité la morale : lè peuple a cru qu'elle était un joug, puisqu'on la proposait sans la suivre.

Il est dans l'intérêt de tous que le plus habile commande, mais il s'est trouvé que le plus habile a été tout le monde, et quand l'opinion a vu le pouvoir transformé en caravansérail et les ministrès se succéder comme les domestiques dans une place difficile, le prestige du commandement a disparu, entraînant avec lui la notion d'obéissance.

II faut disposer de la vie des êtres pour les faire obéir sans qu'ils consentent, comme à l'armée où la terreur est Tunique serre-fîle ; mais, civilement, il n'y a pas de conseils de guerre et, dès lors, le citoyen rechigne à l'obéissance quand il méprise son maître. Or, le mépris des fonctions publiques a dépassé celui de toutes les décadences.

Un ministre n'est rien ou quelque chose de malhonnête à l'énoncé ; mondainement, ce n'est pas même un numéro d'attractions que la présence de députés ou de sénateurs.

Le pouvoir est déshonoré et les concussions ne suffisent pas à l'expliquer ; car, à côté de leurs scandales, quelques hommes, de ceux qui ont touché récemment au pouvoir, avaient une puissance d'application assez forte, et la façon dont ils ont mené leurs affaires au détriment de FEtat les relève de l'accusation d'imbécillité. Ni le public ne sait pourquoi il siffle, ni les auteurs pourquoi ils sont siffles. C'est qu'ils sont, ces bons bourgeois des portefeuilles, des anarchistes sans le savoir, et la plèbe ne fait que les suivre : ils sont sans principe, ils ne savent pas le métier, ils n'entendent rien, ni à l'homme, ni à son histoire, ni à son évolution ; les ouvriers se disent qu'ils en feraient bien autant, parce que, en effet, on fait « du sale travail » au Palais Bourbon.

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