IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE
sont les premiers que le législateur doit envisager.
Dans C ordre socialy l'idéal s'appelle justice comme dans les œuvres beauté; dans les sentiments charité; dans les idées vérité. Ainsi le comprit Platon, d'après Socrate.
Le Mage, et j'entends ici Thomme incapable de désordre et digne de tenir le sceptre, si on le lui offre, et insusceptible de le désirer, le Mage est en dehors et au dessus de la politique.
îl n'existe pas en français un seul traité de politique, au sens de manuel scientifique, de compendium d'étude. L'Egypte et la Kaldée ne nous ont laissé aucun texte doctrinal; les lois de Manou paraissent le livre le plus vénérable de la politique. Après immédiatement, se place la « Politique » d'Aristote, merveille déraison lumineuse. Platon, le sublime métaphysicien, n'a pas plus de valeur sceptrale que son maître Socrate, la communauté des femmes et des biens suffît à repousser ses « Lois » et sa c( République. » Quant au de officns et au de legibus de Cicéron, ce ne sont que redites de choses grecques.
Hugo Grotius, Puffendorff, Vico, Kant, Hegel, Fichte et enfin Sthall ont traité du Droit, qui n'est qu'une partie de la politique, une adaptation. Il nous reste le « Citoyen » et le « Leviathân » de
Hobbes, les traités de Spinoza, de M. de Montesquieu et enfin Fabre d'Olivet et Saint- Yves d'AIveydre. Je ne crois pas qu'il faille mentionner Machiavel, sinon en synonyme de perversité,et le Contrat social^ comme ineptie. Je donnerai, pdssirriy les assertions les plus caractéristiques des théoriciens énumérés : voici d'abord le meilleur système qu'on ait proposé.
De ceux qui ont tenté une philosophie de l'histoire, Fabre d'OIivet seul a su produire un théorème satisfaisant. Suivant la formule de Saint- Martin, qu'il faut étudier T Univers au moyen de l'homme et éclairer le collectif par l'individu, l'auteur de V Etat social base sa théorie sur la connaissance métaphysique de l'être humain. Il remarque que l'hominalité fut la quatrième série créée; les trois premières étant : le minéral, le végétal et l'animal.
Après avoir montré le plan médian qu'occupe l'humanité entre la matière animée et la spiritualité pure, il expose la triplicité élémentaire de l'homme, telle que l'occultisme de tous les temps l'admit. Son originalité consiste à avoir considéré un quatrième état résultant des trois vitalités: l'instinctive, Tanimique et l'intellectuelle.
Ainsi, le corps se manifeste par les besoins, rame par les passions, l'esprit par les idées. En-