IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE
veau latin. Les jeunes intellectuels sont pour la plupart anarchistes, dans leurs discours cénaculaires.
Il y a deux courants permanents dans la vie des états, le gouvernemental, composé des ayants, et le révolutionnaire, formé des pauvres. On ne peut pas démontrer au citoyen de défendre et de servir un intérêt ou le sien n'entre pas d'une façon au moins médiate. Voilà pourquoi la bourgeoisie ou les gens de fortune moyenne ont toujours été les soutiens nés de TEtat.
Regardez un peu profondément : le pouvoir n'a pas d'autres partisans que les propriétaires et les employés ; encore au tréfond, ne sont-ils partisans que d'eux-mêmes, sous couleur de se dévouer a la chose publique.
Le socialiste voudrait vivre sur l'Etat; au lieu de secouer l'entrave politique, il pense l'installer conformément à son vœu.
Le bureaucrate représente bien moins que l'habile ouvrier dans la civilisation ; et quoique le rond de cuir mène ses fidèles à la direction des Beaux-Arts, on doit envisager l'employé, malgré sa belle tenue, pour moindre que l'artisan.
La petite propriété s'est accrue depuis un demi siècle, aussi allez parler de communisme au paysan, il répondra avec sa fourche : le petit commerce a
décru et le citadin seul rêve de socialisme. Ce qui rend le gouvernement plus difficultueux qu'à toute autre époque en cette fin de siècle, c'est Tétai d'éréthisme où la plèbe a été mise par les avocatiers. On leur a tellement dit que leur tour viendrait, qu'ils l'attendent.
Il faudra vingt années d'éducation appliquée et prodigieusement habile pour avoir des citoyens qui ne soient pas de la canaille. Vingt années d'éducation religieuse et rationnelle à la fois, qui détergent les jeunes êtres, de l'hérédité épouvantable; sinon tout est perdu. L'Etat libre-penseur ne se dédira pas de sa monomanie laïque : et une génération égalilaire succédera à l'autre, avançant l'heure du Protectorat Russe.
J'ai essayé de convertir quelques plébéiens non pas à la monarchie, mais à la logique politique; ils ont démêlé que j'allais à la messe et j'étais catholique fervent. Dès lors, je leur parus tantôt un imposteur, tantôt un esprit incomplet. Ma foi leur semblait fausse, et, si vraie, ils me prenaient en pitié. Vainement, je proposai ce critère, que le parti des plus grands esprits de l'humanité était le meilleur ; que l'on ne pouvait s'égarer en suivant les plus subtils et que la voie où se rencontrent tous les génies ne saurait être celle de Terreur; qu'une opinion valait non-seulement d'après sa confor-
rV. — LE LIVRE DO SCBI
mité avec l'expérience, maisencot lité et le nombre de ceux qui la ces discours d'évidente sagesse, m( par me répondre que j'étais funiist et que son bon sens valait l'espi génies dont j'avais la bouche pU l'obtus interlocuteur était peintre i lui demandai pour conclure, s'il Louvre, la Joconde, et quelle estii il sourit, déclarant que la Jocond agréable à voir, que c'était une pos peintres du Louvre avaient été pi l'école que lui, peintre en bâtimen
Voua le voyez, toujours l'égalité paru de l'âme latine, l'admiratioi du Beau éteints, et la boursouflure faut souvent ramener un peuple à Qu'on essaye de ramener le peupl au principe d'inégalité, c'est-à-dirt
C'est devenu une passion enrag< et supprime les autres, il y a des raies, des typhus de la sensibilité nation.
On n'a observé que la panique ( stupeur des révolutions, on n'a suggestions colossales auxquellei sujette.
La fatalité des hommes inférieurs veut qu'ils concrétisent par l'action immédiate Tidée la plus abstraite, et ils se croient logiques parce qu'ils sont brutes. Le contraire de Tintellectuel c'est rimpulsif, le simpliste, la bête humaine; si vous lui livrez une idée, elle la transformera en crime, comme le chien auquel vous abandonnerez une écharpe la mettra en loques. Ce qui passe d'abord dans l'œil du paysan, de l'ouvrier et du militaire, à la moindre contradiction, c'est l'éclair d'estimation de sa force par rapport à la vôtre. L'idée de cogner ; voilà la réplique instinctive, en tout désaccord. Lorsque l'homme impulsif est en nombre il devient plus féroce encore, féroce comme l'espèce.
Chez l'être animique, le bourgeois, tout devient passion : leur abstraction c'est de thésauriser plutôt que de jouir. Avoir, est leur verbe, comme être est celui du peuple, comme concevoir est celui de l'intellectuel.
Il y a une atmosphère fluidique analogue à l'état radiant deCrookes où s'élaborent tout Texpir et le respir animique : car l'âme expire et respire comme le corps.
Les idées en elles-mêmes n'actionnent pas l'atmosphère fluidique, car l'esprit ne saurait se manifester dans ce monde de contingence, sans un truchement qui est là l'animisme.