IV. LE LIVRE DU SCEPTRE li
fort douteux qu'Archimède eut fait un bon hoplite, ni qu'aucun hoplite ait pu suppléer Archimède.
La vie sociale se compose des mœurs et de la police ; des lois et de leur exécution ; des doctrines et de leur application virtuelle.
Il y a donc trois sortes de citoyens : celui qui travaille de son corps, pour ses besoins ; cet autre qu'un sentiment incite et qui poursuit un point d'honneur et d'idéalité relative; enfin, l'homme de doctrine qui vit selon des raisonnements, au lieu de suivre un courant de passionalité. N'est-il pas sensible que l'individu sentimental est intermédiaire entre*rhomjne confiné aux besoins et celui que surélève la pensée ? >
La vérité prend son caractère de la variabilité infinie des conséquences, unie à l'immuabilité de aps principes. Il faudrait demander à des jeux l'expression son renouvellement; le sujet change, S carreau qu'on pose sur le dessin demeure identique : et à ce quatrième tome de « l'amphithéâtre des sciences mortes,» je vais l'edire pour la quatrième fois un arcane qui m'a servi à établir « l'éthique, » à expliquer « l'erotique, » hiérarchiser « Testhétique » et qui, aujourd'hui, réduira « la politique » à la plus irradiante simplicité.
Le groupement d'objets identiques ne change pas l'essence de ces objets: et la société, ce grou-
pement d'hommes, obéit aux lois de Thominalité. Or, la vîe humaine possède trois plans : la sensation, le sentiment et Tidée, puisque Thomme est composé d'un organisme, d'une âme et d'un esprit.
Il y a donc, dans toute société, un organisme, un animisme et un intellectualisme.
Mais^ le premier bénéfice du groupement hur main, c'est la spécialisation : chacun se consacre, selon sa vocation, à une activité et la nature des activités donne la hiérarchie :
Les physiques Vaysias, les animiques Kchatryas, les intellectuels ou Brahmanes,.
L'Inde est morte pour n'avoir pas compris que si l'hérédité animique ou royale a des avantages politiques, l'hérédité brahmanique ou intellectuelle semble un défi porté à la science et à l'histoire et entraîne une irrémédiable décadence.
La Papauté demeure seule des institutions de notre ère parce que sa constitution est individualiste.
L'harmonie d'un tout résulte de la subordina-tion des parties entre elles.
Or, l'égalité étant l'insubordination des parties, la constitution française s'appelle une désharmonie. Le nom social de l'harmonie est hiérarchie, c'est-à-dire classement des citoyens, suivant leurs facultés.