‹ Amphithéatre des sciences mortesChapitre 174 sur 182 · IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE · texte numérisé non relu

IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE

vit sur la force acquise et elle jouit d'une prolongation de mouvement produit ; mais quelle courte sécurité !

Les plus extravagants des hérésiarques étaient des logiciens auprès des cerveaux actuels; une débilité singulière paraît dans l'entendement général. Il ne faut pas dire qu'on a plus le goût de la certitude, on en a plus la force. Renan incarnait cet étal d'impuissance logique, il n'avait pas la mâleté d'une affirmation. Cependant l'anarchie transitoire dans les faits peut-elle durer dans les doctrines, comme les mœurs réagissent sur les idées? Celles-ci ont une portée réflexe sur les mœurs, il n'est pas possible que le désordre des nations ne se retrouve pas aux actes sociaux, sinon il faudrait conclure que la pensée humaine n'a point de part à l'équilibre et peut se détraquer sans contre-coup sur la vie des âmes : et comment admettre cela?

Alors que la doctrine ne change pas la passionnalité, une énorme différence apparaît entre ces deux pécheurs, dont l'un sait qu'il pèche et en gémit, et Tautre refuse de juger son délit et s'en fait un mérite.

Quoique catholique et persuadé que le catholicisme est la forme parfaite de Tordre animique, me souvenant d'avoirdéfîni le meilleur parti celui

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du possible ; je voudrais que rhumanité par le Conclave de ses savants élaborât un simple catéchisme des évidences. Je n'exigerais d'autre garantie qu'une concordance rétrospective, afin que les aspirations ne fissent pas tort aux traditions et que si un Victor Hugo disait au vingtième siècle « la guerre sera morte » ou un Tolstoi c< la société n'a pas le droit de punir » on écartât ces rêveurs, comme on fait des enfants pour les graves conversations.

Sans préconiser telle religion, ne faut-il pas considérer la religion comme une des conditions de la vie sociale? La Famille ne devrait-elle pas être à l'abri des divagations, et des révolutions?

Je sais cependant ce parti beaucoup trop sage pour qu'on le suive : quelques gens de lettres dévoyés, incapables d'une originalité d'art, se distingueront effrontément, par des démences.

L'heure appartient aux Jérémie, mais lui ne pleurait que sur sa ville : l'impuissance des gens de bien ira croissante, auraient-ils du génie ! Malgré soi, on sent son zèle pâlir, et découragé, on suppute seulement si on échappera soi-même à la tourmente i.

Deux rois faibles, l'un paillard, l'autre niais, ont

* Le Dernier Bourbon, XII roman de Téthopée La Décadence Latine.

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