‹ Amphithéatre des sciences mortesChapitre 175 sur 182 · IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE · texte numérisé non relu

IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE

suffi pour livrer la France à Robespierre et à Bonaparte : et dans leurs ornières, le beau pays s'enlise chaque jour.

Quelle inutile profération que de crier les éternelles vérités à Thomme d'aujourd'hui, à celui de demain :

— « Je te salue alors, génération de demain, ô canaille prochaine ! je te salue, homme sans Dieu, homme sans foi, redoutable animal qui dois ravaler la figure humaine plus bas que les dernières séries !

« Te voilà sans catéchisme, entrant dans la vie avec le Code pour Bible et le gendarme pour Jehovah : que vas-tu produire, avorton, fruit de tous les illogismes, et quel fumier sera ton histoire ?

« Tu as renié Texpérience des siècles, tu as repoussé le legs de la pensée humaine : tu dates de toi-même, vermine ! A ta mort, tu dateras du néant !

« Enfant de Técole sans Dieu, tu as les mains pleines de pierres pour les statues et les vitraux ! Morveux dont on torche le nez, tu te moques déjà des bondieuseries ; et quand passe un de ces hommes noirs devant qui les plus grands s'inclinent, tu cries : « au corbeau ! » précoce charogne t

« Enfant de Técole sans Dieu, tu as les lèvres

pleines d'injures à ton père ; tu le nommes le vieux, et ta mère la vieille, et le- foyer l'ennui, déjà ! Le lupanar et le café-concert, voilà les temptes de ta jeunesse et tes lieux d'élection : jure, sacre, bois et te vautres, pourceau humain !

« Un moment, la main de fer de l'armée t'a courbé, mais tu reviens brutal et sanguinaire de la caserne ; et si les vieux tardent à mourir, homme sans Dieu, un peu de parricide : c'est le droit des jeunes !

« Fonder une famille, tu n'y songeras pas ! Ta femelle gite au lupanar et si ton idéalne coule pas des bouteilles, si l'alcool ne remplace pas Dieu en ton co^ur, tu trouveras bien quelque infamie légale qui te donnera toute la paille nécessaire à ton fumier !

(( Homme laïque, sans foyer, sans ancêtres, sans fils, va à travers le monde révolutionnaire qui t'engendra, va et prospère en croissante horreur ! Mais si un jour, un honnête homme resté, par dégoût vide sa carabine dans ta poitrine, que celuilà ne soit pas appelé homicide, car ce n'est pas un homme qu'il aura tué, mais cette brute encore inqualifiée : le laïque / » -

ARCANES

DU

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