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IV. LE LIVRE DU SCEPTRE

sation en certains cas, c'est Thomme resté buse devant les évidences morales, et incapable d'analogie.

Nous sommes libres de nos mouvements, mais les lois statiques dominent cette liberté ; ainsi rêtre moral qui paraît libre en ses sentiments comme l'être physique en ses gestes, dépend des lois animiques aussi rigoureuses qu'aucunes.

Quel sera donc le rôle de la société, sinon d'apprendre à l'homme toutes les lois qui le régissent, tant morales que matérielles.

Car, dès l'instant qu'il y a phénomène, il y a loi ; or, le phénoménisme intérieur ne saurait être anarchique, la civilisation devra donc à l'homme un enseignement animique.

On pourrait nécessiter la vertu, comme une hygiène et une prophylactie, devant un esprit simple : la loi morale lui apparaîtrait tout aussi bien que de celle de la dynamique, et l'exemple en a été donné par Cakya Mouni. Il n'a promis que la cessation de la vie telle que nous la connaissons, comme récompense de la vertu et cela suffit à trois cents cinquante millions d'hommes.

Mais si sommeillante que soit la pensée chez la plupart des êtres, l'homme obsédé d'inconnu constatant les lois en lui, comme autour de lui, a demandé, où était le législateur. Aucun n'a pu

penser que le maître de la nature fut quelqu'un de visible, cause ou Dieu ; puisqu'il était la source et le recteur, il fallait s'identifier à lui parle désir, et le comprendre c'était évidemment tout comprendre. Suivant les circonstances, Dieu parut terrible ou très doux; mais Thomme découvrit qu'en s'adressant à lui, il éprouvait aussitôt un surcroît de force, de confiance, d'espoir, et que la prière était exaucée, au moins dans son cœur qu'elle ranimait. La religion naquit : il ne manquait que le prêtre ; le plus pur d'existence et sans doute le plus nerveux, un extatique fut choisi, pour être l'intermédiaire de la tribu auprès de la divinité. Sur une montagne (les hauts lieux), on s'assembla pour demander l'appui du créateur et le remercier de ses grâces. Je ne veux pas ici troubler des âmes religieuses même pour convaincre, du même coup, les sceptiques : mais, je le maintiens, l'homme est devenu religieux parce qu'il reçut une réponse effective à son oraison. Alors même que l'efficience de la prière n'aurait été qu'un mouvement intérieur, rétablissant le calme au cœur de l'orante, et le mettant mieux à même de réduire la difficulté qui Tobsédait, par la concentration de son dynamisme auparavant désaccordé — il y^ avait miraéle, c'est-à-dire résultat inespéré et mys-

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