‹ Amphithéatre des sciences mortesChapitre 39 sur 182 · IV. — LE LIVRE bu SCEPTRE So · texte numérisé non relu

IV. — LE LIVRE bu SCEPTRE So

ouailles à lui fabriquer de la chair à canon : et le clergé cria « croissez et multipliez » d'après la Genèse telle qu'il Tentend, alors qu'il y a dans le texte « croissez en tant qu'individus et multipliez vos perceptions sensibles », littéralement « accomplissez-vous. »

Le mariage est la reconstitution de Tandrogyne, archétype humain, sur les trois plans physique, moral et intellectuel.

Lorsque l'époux n'engendre pas selon l'esprit, il doit engendrer selon le corps. Il ne le doit cependant que dans la proportion où il peut élever, au moins, selon son propre rang.

L'acte de la fécondation diffère totalement de la copulation, comme une prière diffère d'une parole vaine. Les époux doivent se préparer au moins pendant vingt et un jours : fixer à l'avance le quart d'heure du jour (il ne faut pas engendrer de nuit), mais plutôt à midi.

Pendant les vingt et un jours de préparation, il faut passer les sept premiers à se purifier, par les sacrements et les exercices religieux, et une netteté de corps et de vêtements absolus ; s'il est possible par une suspension des affaires et du commerce mondain. Ceux qui peuvent s'isoler en une sorte de retraite, feront mieux encore.

Le second septénaire sera occupé aux œuvres

de sérénité ; contemplation des moulages grecs ou leur reproduction photographique, lecture de logique, auditions de Sébastien Bach, égalité d'humeur et beaucoup de sommeil.

Le quinzième jour commencera une période excitative, Beethoven remplacera Bach ; les œuvres de Tart chrétien succèdent à Tart grec; on lira VEvangile, le Baghavat, le Songe de Scipion.

Enfin le vingt et unième jour, les époux ne s'étant pas vus depuis l'aube, le lit conjugal sera solennisé en manière d'autel, l'homme y viendra comme prêtre et la femme s'y offrira comme victime : ainsi sera procréé un être certainement valable.

Nous ne savons pas grand'chose des initiations grecques et de ces fêtes de la nature, où on enseignait peut-être l'art d'engendrer, l'art d'élever, l'art d'aimer et l'art de mourir, qui tous quatre sont perdus. Mais du moins nous n'ignorons pas que le grec ne mêlait pas sa luxure à sa famille, et que l'épouse était une prêtresse et non pas une amante.

La femme moderne ne s'accommoderait pas de ce rôle si digne qu'il soit; et du reste, si nos femmes du monde sont plus banales que les hétaïres, nos hétaïres, elles, sont presque des bêtes.

Engendrer sacerdotalement, sans jamais mêler

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