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IV. LE LIVRE DU SCEPTRE

le procréateur et l'époux, la mère et la femme, mettre la plus grande différence entre l'amour et la reproduction, ne représentent qu'une moitié du devoir.

Quand l'enfant est né, il faut prendre garde que la nourrice «e transmette avec son lait un peu de son ârne, et il ne suffit pas qu'elle soit saine, il faut qu'elle soit psychologiquement choisie. L'initié qui traverse le Parc-Monceau ou les Champs- Elysées ne peut s'empêcher de rire, en voyant comme la Providence prive les riches du véritable usage de leur or, à l'aspect de ces brutes têtonnières à grands rubans.

A la cour de Russie, d'Autriche, d'Allemagne, est-ce que le médecin en titre a pensé à la nature morale de la nourrice? et l'initié sourit encore en voyant l'ignorance des grands.

Aristote fixe l'âge du mariage à dix-huit ans pour les femmes et à trente-sept pour les hommesf et il ajoute que le nombre des naissances doit être toujours limité : mais le Stagirite, avec une logique implacable, envisageant toujours Athènes ou la cité grecque, voit dans l'enfant le citoyen ; peutêtre à Athènes aurions-nous ainsi pensé. En France, comme les fonctions publiques ne sont pas honorées, et que les corvées ne sauraient servir à sauver une décadence àusôi prononcée,

Tenfant appartient à ceux qui Tont engendré et non à l'Etat, à moins que le père ne vive aux crochets gouvernementaux.

L'enseignement public en France ne vaut rien, et du reste, au septième chapitre, nous montrerons quelle conception doit être préférée à celle de Patrie.

Faire un enfant, surtout sans y penser, le faire par hasard, est déjà l'acte des brutes et celui de tout le monde.

On a donné la vie, sans soin ; il faut élever celui qu^on a créé. Ici commence pour les parents une fonction aussi auguste qu'aucune hiérophanie ; ils vont ouvrir le livre de la vie à cet être qui n'est encore qu'un malheureux petit animal : si le couvage de la mère a sa raison, le rôle paternel diffère, il doit prévoir et vouloir pour le jeune être encore instinctif, et si prévoir dépasse ison entendement, il doit vouloir ce qui lui semble le souverain bien. D'abord éveiller chez le jeune être le respect de l'animal ; ce sont les bourreaux de mouches et de chats et chiens, les dénicheurs d'oiseaux, qui font plus tard les féroces soldats.

A rêtre qui entre dans la vie, enseignez d'abord le respect de la vie. Les confesseurs sont^parfois effrayés de découvrir dans des âmes régulières et honnêtes des abîmes, que l'éducation a comblés,

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