IV. — LE LIVRE DU SCEPTRE
disciples fervents de saint Hubert, que cela amuse de tirer l'homme.
Le pasteur a déjà fait un grand pas vers l'évolution; quoique nomade encore, il passera des saisons entières au même endroit.
La charrue commence la tribu et prépare la cité, l'agriculteur n'est déjà plus uji sauvage. Fixé par son champ, où il a mis son effort, il se construit une cabane plus durable que celle du pasteur qui sait son départ nécessaire à la prochaine saison : l'idée de propriété l'attache à son sol.
La propriété a été l'objet de nombreuses déraisons et Socrate tient la tête des erreurs. Non content d'avoir si mal senti la nature humaine qui ne s'attache à un objet qu'en le possédant, il a voulu les biens communs comme les femmes, sous prétexte d'obtenir Tunité dans la famille et dans l'Etat. Aristote demande, justement, quel serait alors l'avantage des laboureurs à supporter la domination des guerriers. Cette question se rallie à celle de l'égalité et aboutirait à la même injustice.
Dans tout collectif, il y a des paresseux et des laborieux, des actifs et des maladroits; si le labeur et l'habileté n'ont aucun résultat, les méritants deviennent dupes.
Là grande affaire de la cité n'est pas que tous
les citoyens aient quantitavement le même heur, mais qualitativement ce qui leur convient.
Le plus mince bibliothécariat sera préféré par l'intellectuel aux galons militaires, même étoiles et tel qui est né pour le négoce préférera y pâtir que suivre une autre activité.
L'art du législateur apparaît surtout dans la distribution des emplois.
Il est certain que toute justice est civile, et qu'aucun amiral, ni aucun général ne seraéquitable envers le soldat, tandis qu'il se montrera débonnaire envers son collègue, l'officier. Fusille-t-on les offlciers? Jamais, et pas un jour ne se passe sans qu'un pauvre hoplite soit criblé de balles, pour avoir dit un mot de colère, à des vexations énormes.
La cité primitive a dû séparer totalement l'exécutif du législatif; il y aurait du reste plus de logique à faire bourreau le juge : il accomplirait la sentence qu'il aurait rendu, tandis que dans le code militaire et maritime, juge ; accusateur et bourreau sont le même. Ainsi le veut la discipline, dira-t-on ; mais alors pourquoi un code et un simulacre de jugements, quand il n'y a pas de justice réelle.
Il ne faut rien laisser à décider aux bras, et le guerrier n'est qu'un bras, sinon c'est pis et un très