IV. LE LIVRE DU SCEPTRE lOo
trouver une apologie solide, péremploire, du mariage, de rhérédilé et de la propriété, et par contre, une maîtresse réfutation du communisme et du socialisme.
« Qu'est-ce que le communisme ? c'est l'idée économique de l'Etat poussée jusqu'à l'absorption de la personnalité. »
Le socialisme n'a pas compris que les services publics, précisément parce qu'ils sont publics, coûtent fort au-delà de ce qu'ils valent, et que loin de subordonner la liberté individuelle à l'Etat, c'est l'Etat qu'il faut soummettre à la liberté individuelle.
Aristote nous a répété que l'Etat prenait toute sa vertu de celle des citoyens : si nous inversions le théorème : le citoyen peut-il prendre sa vertu de celle de l'État?
Sans modifier l'égoïsme obtus de l'individu, l'Etat ne peut-il être noble et subtil ?
Supposons un despote résolu qui force son peuple à ne plus être une bande ameutée à ses appétits et qui agisse suivant les Normes.
Ou ces Normes sont insaisissables,ou bien si on les saisit, on a trouvé les règles de la politique. Au lieu de vivre en être passionnel, si l'Etat essayait de la justice et de la grandeur d'âme? On va s'écrier que, dans le cours de la vie, le juste est
piétiné et que tel sera le sort d'un peuple de justes. Est-ce bien démontré ? La vertu est-elle impossible à l'Etat? On obtient une approximation par la police et la force, dans l'intérieur du pays : tout le monde s'intéresse à la sécurité des rues et des routes, et on peut dire qu'une grande partie des citoyens veut le bien dans l'Etat. Mais la frontière change tout, malgré le caractère si fondu des populations, à ces endroits ; la barbarie instinctive se réveille : Tétranger c'est la proie possible,espérée. Encore n'est-ce pas là le paroxysme de cet affreux élan d'âme. Il faut lire des lettres d'officiers supérieurs dans l'Inde, en Egypte, en Indo-Chine, pour sonder la profonde scélératesse de l'âme humaine. Pour l'officier latin, le chinois n'est pas un homme, mais bien un magot de bazar, et lorsque ce magot s'avise de se défendre, la colère de l'adfudant ne se mesure plus. Ecoutez des marins parler des peuples d'Orient, leur mépris est sans borne, et leur victoire sans humanité.
Le viol, ce crime plus odieux que l'assassinat, est licite à tout matelot, à tout soldat d'occupation : le marin sort de son navire avec une accumulation énorme d'indépendance refoulée ; il s'est embarqué à l'état chrétien sentimental, pleurant de quitter sa famille, il débarque à l'état de brute luxurieuse et tuetise. Est-ce uii niorisfrîè ? non,