IV. LE LIVRE DU SCEPTRE
terme du libre arbitre et de l'option consciente. L'accord de ces trois forces est le sine qua non de l'harmonie humaine, la Providence a préétabli, le Destin nécessite, la Volonté choisit.
Si la volonté choisit à la fois contre Tordre normal et la nécessité, le désordre est à son comble. Si la volonté s'allie à la nécessité, il peut y avoir un salut momentané ; mais la loi préétablie seule engendre les biens durables. On pourrait comparer la Providence au cadran des heures et le Destin à celui des secondes ; il est plus impérieux et agité et cependant il n'est que succédané.
Vouloir c'est pouvoir, est une des formules les plus incomplètes qui soient en magie.
Vouloir c'est pouvoir, quand on veut selon l'harmonie universelle et l'accord du lieu et du fait.
Le missionnaire a tous les droits de l'homme providentiel ; sa volonté obéit à la Providence, mais il néglige le destin, sans cela il verrait que son rôle est de redoubler le zèle de l'oriental pour sa religion et non de l'en faire changer, La civilisation a le plus grand intérêt à ce que tout l'Occident soit chrétien, et il le deviendra, j'entends par chrétien, catholique ; mais il importe peu que Dieu soit prié sous le nom de Brahma, s'il est vraiment prié.
Saint- Yves d'Alveydre avait proposé une adaptation de la Synarchie ou gouvernement des principes, combinable avec la démocratie, dans le sens du Destin : mais providentiellement, le système ne devait pas se réaliser. L'autorité suprême, TAmphictyonnat, rassemblait les évêques, les vénérables, les rabbins, les pasteurs et les recteurs d'université, c'est-à-dire des fonctionnaires : cela n'aurait pas donné plus de lumière qu'une Chambre de députés.
Avec la conviction de la belle inutilité pratique de ce soin, voici réduits en axiomes les lois essentielles de la science politique ; j'ai dû incidenter et moderniser le discours pour amener le lecteur, par des considérations de détails, à un point où il souhaite une sorte de légifération. Je crois l'avoir assez inquiété, par d'apparentes antinomies entre le droit de l'individu et le devoir de citoyen, pour me flatter qu'il lise ces arcanes, dans le secret désir de m'y trouver obscur, inconséquent ou banal : et je pense le décevoir.
ARCANES
DE