IV. — hK LIVRE DU SCKPTRR lil
Comment l'envisager sans épouvante ? Si la France, l'Angleterre ou TAllemagne pouvait renouveler les déprédations des Goths et fournir la carrière des fils d'Odin et de Mohammed, elle s'y précipiterait, sans une hésitation chrétienne, sans un scrupule d'humanité.
On ne peut pas demander à un homme qui pense dé se désintéresser de l'idéal, pour s'inféoder aux mauvaises passions d'un pays !
Quelle inutilité de s'occuper de l'intérêt idéal d'une race, avant d'avoir pourvu à sa paix l'Occident se ruine et se déperd pour se garer des voisins; tant que l'Opinion n'aura pas posé un frein aux instincts nationaux, le monde moderne ne connaîtra pas la sécurité. Jadis, les guerres ne frappaient que sur les fortunes : l'Inde n'a jamais arraché le laboureur à sa charrue, ni aucune époque le prêtre à l'autel, le professeur à sa chaire, le savant et Tartiste à leur œuvre.
Aujourd'hui, un agrégé d'histoire est à la merci d'un adjudant; or, un professeur d'histoire, fût-il le plus médiocre des hommes, ne peut pas avoir d'autre sentiment que de la pitié devant le drapeau.
L'obéissance passive ne s'obtient que des illet. très; on m'objectera Polytechnique, et les Ecoles dé Guerre, mais oh peut être un ingénieur sans
génie et un mathématicien sans pensée. L'assimilation d'un procédé intellectuel ne constitue pas Tentendement.
Mac-Mahon devait en savoir aussi long qu'un lieutenant, et cependant nul n'osera parler de sa conceptualité.
La Métaphysique et ses vues de synthèse constituent une caste cérébrale différente du praticien des sciences comme du sensitif des- arts.
Les opinions souvent ne sont que des tempéraments qui s'expriment; les bilieux et les sanguins vous diront que la guerre est une des formes de la vie. Rien de plus difficile que de parler au nom de tous ; il y aura toujours un parti qui protestera, le parti des gens qui aiment à être battus. Les israélites regrettèrent l'oignon égyptien qui manquait à leur liberté.
Un imbécile me disait un jour: «j'aimerais mieux mourir que d'aller me confesser comme vous,» et le personnage avait fait, sans souffrance, trois ans de caserne.
L'homme du Sceptre qui donnera à tous les mênies libertés et les mêmes obligations ne satisfera personne. Il y a des hommes domestiques et des hommes sauvages : il y a des êtres qui meurent sous la contrainte, tandis que d'autres s'y développent. Les analogies animales suffiraient à