OBSERVATIONS
OBSERVATION I (D* Darmaillacq)
Opération de Callander après amputation haute de jambe « en saucisson » pour blessures par mine.
P... Maurice, 23 ans, médecin auxiliaire, brigade Carnot, blessé le 3 septembre 1944 à Hourtin, en allant relever des blessés dans un champ de mines dont l’une explose sous son pied gauche, à 16 heures. Le blessé pose lui-même un garrot, se traîne sur plusieurs centaines de mètres et n'est relevé qu'à 20 heures. Il arrive à 23 h. 30 à la maison de santé dans un état de choc très marqué.
Le pied gauche est complètement broyé et ne tient plus que par les tendons extenseurs qu'il suffit de sectionner aux ciseaux. Le tibia est complètement déshabillé de ses parties molles jusqu’à 5 centimètres au-dessous de l'articulation du genou. La plaie est souillée de terre et de matières fécales. Du côté droit, la face interne de l’articulation du genou présente une plaie longitudinale de 12 centimètres avec inclusion de plusieurs éclats.
Sérum de Hayem, 750 cc. ; sérum antitétanique et antigangréneux ;
Pressyl.
Fe transfusion de 300 cc. de sang conservé est pratiquée. L'état de choc commence à se dissiper et le pouls tombe de 140 à 120. Mais cette amélioration ne dure que quelques minutes ; le pouls devient incomptable, des sueurs froides apparaissent et la dyspnée, avec sensation d'angoisse précordiale augmente.
On a l'impression que l'état du malade a été temporairement amélioré puis aggravé par la transfusion ; aussi se hâte-t-on d'intervenir.
Anesthésie générale à l’éther. Amputation de jambe gauche en section plane, en pleine tubérosité tibiale.
À droite, excision cutanée et musculaire, ablation des éclats ; le manchon capsulaire est à nu mais l'articulation n'est pas ouverte. Pansement à plat. Immobilisation sur attelle de Boeckel,
Suites opératoires. — L'état de choc reste très marqué et laisse présager la fin prochaine du blessé. Au bout de 20 heures, le choc se dissipe et, dès lors, tout évolue normalement.
Le moignon suppure abondamment et ce n'est qu'au bout de vingt-sept jours que l’on peut intervenir pour réamputer au-dessus du genou.
L'examen bactériologique montre la présence de staphylocoques au niveau du moignon.
Le 30 septembre 1945 : Anesthésie générale à l'éther. Amputation de cuisse gauche par le procédé de Callander. Quatre points de suture. Drain.
À droite, greffes dermo-épidermiques en godets.
Lever le septième jour. Cicatrisation par première intension.
Le quatorzième jour, le blessé commence à marcher avec des béquilles. Il est appareillé le 12 novembre avec un pilon et l'appui ischiatique.: De temps à autre, il présente quelques douleurs du moignon.
OBSERVATION II = (Professeur agrégé Magendie)
Opération de Callander pour gangrène diabétique du membre inférieur.