‹ Amputation basse de cuisse par le procédé ténoplastique de CallanderChapitre 8 sur 15 · APPAREILLAGE · texte numérisé non relu

APPAREILLAGE

Callander, dans ses deux articles, ne donne pas de précisions sur l’appareillage. Notre blessé de l'observation n° I a été appareillé comme un amputé de cuisse ordinaire. Les difficultés de l’heure actuelle n’ont pas permis de réaliser pour lui autre chose qu'un simple pilon de bois avec appui ischiatique. Les malades des observations n°% II et III ne sont pas encore appareillés. En définitive, comment appareiller ces amputés? Deux procédés classiques s'offrent à nous : l’appui ischiatique, l'appui terminal.

L'appui ischiatique. — L'appareil de prothèse le plus répandu pour les amputations de cuisse est celui qui utilise l'appui ischiatique. Il se compose d’un cône d’emboîtement dans lequel se loge le moignon, de segments de membre à remplacer, d'un système d'attache comprenant des points de suspension (ceinture ou bretelle) pour maintenir l’appareil et des points de contre-rotation pour l'empêcher de tourner sur lui-même. Le cône d'emboîtement, ou cuissard, sert à mouvoir la jambe artificielle et par son intermédiaire, à transmettre au sol le poids du corps. La transmission des poids se fait par contact de l'ischion avec une échancrure ménagée sur le bord supéro-interne du cône d’emboitement et spécialement rembourrée. Tout le poids du corps se porte sur ce point, car il ne faut pas compter sur l'appui supplémentaire latéral par contact, à frottement, de toute la

périphérie du moignon sur la face interne du cône d’emboîtement ; il n’est qu'illusoire, par suite de la mobilité des parties molles.

Inconvénients de l'appui ischiatique. — C'est un appui indirect. Le poids du corps ne porte quesur la faible surface de la tubérosité ischiatique. Le cône d’emboîtement refoule vers le haut les parties molles de la cuisse avec, comme conséquence, un tiraillement de la cicatrice. L’appui ne se fait pas dans l’axe du membre, mais obliquement, de dehors en dedans. On n'obtient pas un contact intime et permanent entre la tubérosité ischiatique et la prothèse : celle-ci bute douloureusement, à chaque pas, sur la tubérosité et le frottement continuel entraîne des érosions cutanées et des hygromas qui s’infectent facilement.

L'appui direct terminal. — Moins connu que le précédent, il est aussi moins répandu. L'appareil ressemble à celui décrit pour l’appui ischiatique, mais le cône d’emboîtement ne remonte pas si haut et, par contre, il est fermé à son extrémité inférieure. C'est là, par l'intermédiaire d’un coussin en caoutchouc mousse, ou de préférence en feutre, que l'extrémité du moignon prendra point d'appui.

Avantages de l'appui terminal. — Il est plus physiologique. Le moignon ne sert plus seulement à lancer en avant la jambe artificielle ; il lui sert en outre de support. L'articulation de la hanche retrouve toute sa valeur fonctionnelle et contribue, dans une certaine mesure, à amortir le choc qui se produit au moment où, dans la marche, le poids du corps se porte sur la jambe malade. L'appui se fait dans l’axe du membre sur la large surface du fémur scié au niveau du tubercule du troisième adducteur, surface bien plus

mn.

grande que celle de la tubérosité ischiatique. La prothèse, en contact intime avec l'extrémité du moignon, n'est plus animée de mouvements de va-et-vient à chaque pas, d'où pas d’érosions ni de tiraillement des parties molles.

Les amputations basses de cuisse (Gritti ou autres procédés) n’ont pas bonne réputation auprès des fabricants de jambes artificielles. Ils leur reprochent un excès de longueur du moignon, ce qui forcerait à placer l'axe de flexion du genou plus bas que du côté sain. Or, les progrès de l’appareillage permettent, par substitution au cuir du celluloïd, un modelage correct du moignon. (Le problème principal est celui de la mise en place de l'articulation artificielle du genou. Classiquement, elle est réalisée par un axe traversant la pièce fémorale ; or, le moignon étant long, l'articulation artificielle est placée plus bas que l’articulation saine et les artifices employés pour y remédier sont condamnebles. On peut rétablir l'égalité de longueur des deux membres en reportant plus bas l'articulation du genou et en raccourcissant le segment jambier, mais les deux genoux sont décalés et la marche est défectueuse. En position assise, la cuisse, plus longue du côté appareillé, est d’un effet inesthétique, d'autant plus qu’en cette position, le moignon tend à sortir de la gaine, et le segment jambier trop court ne peut plus trouver un point d'appui au sol. «L'autre «truc» consistant à surélever le talon du membre non amputé est tout aussi déplorable car le déséquilibre du genou persiste. Îl est donc indispensable de remplacer l'axe transversal par deux axes à charnières montés sur les armatures latérales internes et externes de la gaine crurale et de la jambe artificielle, Ce montage est moins solide que le montage habituel par axe transversal. »

» On voit donc que ces difficultés techniques peuvent et doivent être aisément résolues pour le plus grand bien des opérés. » (Boppe.)

En

Choix de l'appareil de prothèse.

Lorsqu'il s’agit du membre inférieur, la qualité mattresse est la sécurité. L'appareil « à verrou » supprimant l'articulation du genou quand l’amputé marche et lui permettant de fléchir la jambe quand il s’assied, donne cette sécurité. Mais le « verrou » est la négation de la souplesse et -de nombreux amputés de cuisse préfèrent porter un appareil permettant la marche « en flexion libre ». On construit

: actuellement des appareils à « flexion libre » qui, pourvus d'un mécanisme dit de (rappel à l'extension », donnent un grand degré de sécurité. En effet, lorsque le genou est fléchi et que le pied quitte le sol, le mécanisme agit et, d'elle-même, la jambe s'étend sur la cuisse pour un nouvel appui bilatéral. D'après Huard, « l'appui terminal est sujet à bien des viscissitudes. Quand on examine des moignons à une échéance suffisamment éloignée, on est frappé du caractère assez provisoire des appuis terminaux ». [l faut alors modifier le type d’appareillage devenu insuffisant. Huard pense, avec Lejars, qu'un appui de soulagement ischiatique n'est pas un obstacle « avec un appareil bien fait, à une marche régulière et facile ».

L'appareil qui, pensons-nous, conviendrait le mieux au moignon de Callander, est un appareil en matière moulée (celluloïd) combinant l'appui ischiatique et l'appui terminal, avec « flexion libre » par articulation du genou à deux axes à charnières, montés sur les armatures latérales et mécanisme de « rappel à l'extension ».

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