CHAPITRE IV
Avantages du procédé d’Hartmann.
Ce qui différencie ce procédé de celui de Quénu c’est surtout la modification apportée à la succession des différents temps qui constituent la libération du rectum. De plus, il n’y a pas d’anus iliaque préalable et pas de lavage du rectum pendant le cours de l’opération.
Alors que Quénu aborde le rectum par ses parois latérales s’attaquant ainsi aux moyens d’attache les plus puissants du rectum, Hartmann s’ouvre une large voie d’accès sur la face postérieure. Grâce àcette libération si facile par suite del’existence d’une zone rétro-rectale décollable, l’abaissement consécutif va être simplifié. Puis lorsque l’espace prérectal est décollé à son tour, Hartmann ne se trouve plus en présence que des connexions musculaires du releveur : il est alors facile de sectionner non plus à l’aveugle mais en vérifiant tout ce que l’on fait; en effet, l’index décolle, charge et vérifie tout ce que coupent les ciseaux qui le suivent. En même temps l’hémostase est facilitée, les pinces qui sont posées ne gêneront plus l’opération puisque dans la suite après ouverture du péritoine l’amputation se fera en dehors delà brèche périnéale.
L’indication de l’intervention est simple ; une seule constatation permet d’affirmer qu’elle existe : c’est la mobilité du
Il est peu important que le cancer soit haut ou bas placé , tout néoplasme rectal s'il est mobile peut être abaissé et extirpé par cette méthode périnéale .
Le cancer est-il fixé, adhérent en avant et sur les côtés, y a-t-il des signes de généralisation tels que ganglions sur claviculaire gauche, ictère, foie volumineux, toute intervention radicale est inutile et dangereuse. Seul le traitement palliatif par l’anus iliaque peut être institué. Une diarrhée rebelle pouvant faire soupçonner une invagination intestinale peut également constituer une contradication.
Les résultats de cette intervention sont encourageants, puisque sur les six cas opérés suivant la technique décrite plus haut nous relevions six succès opératoires.
Nous rapportons également une septième observation qui constitue un échec, expliqué par ce fait qu’au lieu de la large brèche que crée le procédé d’Hartmann, il y eut tentative de conservation fonctionnelle du rectum. Dans cette intervention où la brèche fut plus petite et où le rectum fut traité avec ménagement, l’infection emporta le malade qui mourut cinq jours après l'intervention.
Enfin, remarquons que l’observation n° I a donné une guérison durable, sans récidive datant déjà de 4 ans et 3 mois : ce résultat éloigné, très encourageant, tient très probablement à l’extirpation large des ganglions rétro-rectaux de Gérota, qui sont inclus dans le fascia recti et que le décollement rétro-rectal présacré permet d’enlever à coup sûr dans le procédé d’Hartmann.