PATHOGÉNIE. NATURE DE LA MALADIE
La pathogénie de l’ainhum est encore enveloppée d’un profond mystère, et les plus minutieuses recherches n'ont pu jusqu’à présent faire connaître sa nature. C'est une dégénérescence graisseuse, assurément, tous les histologistes l'admettent ,mais sous quelle cause se produit-elle?
Qu'est-ce qui forme le silion, et le localise presque toujours au même point ? On a parlé d'affection constitution nelle, de vice héréditaire, c'est assez plausible en apparence, mais ne s’observe-t-il pas chez des individus jouissant des constitutions les plus variées ? I serait d’ailleurs étrange de voir une maladie constitutionnelle se localiser aussi exactement que le fait l’ainhum.
Pédro-Guimaraes (1) croit qu'il y a contracture des
(1) Arch. méd. navale 1877.
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- muscles vaso-moteurs des artères; pour Jui le sillon n est pas la cause, mais la conséquence de la contracture musculaire. Ce serait une gangrène lente, sui généris, quelque peu analogue à la gangrène symétrique des extrémités etil en trouve la confirmation en ce que, chez un malade, à une période avancée, le pus avait une odeur gangréneuse.
Pour Corre (1), il se ferait au niveau de l'interligne digital une fissure qui seraitle point de dépari de la formation de tissu inodulaire et de la proli‘ération des fibyes cellules qui se propagent dans le sens transversal et envahissent lé doigt à la facon d’un anneau.
Mais comment et pourquoi se produit cette fissure ? Pourquoi se localise-t-elle exclusivement au petit orteil, seulement chez les races colorées, et de préférence en certains pays ?
Les mêmes objections se posent pour la dégénérescence graisseuse primitive des os.
L’ainhum, disent Dupouy (2) et Guyot (3), est une altération des centres nerveux trophiques; mais ils ne précisent pas quelles sont ces lésions, et quelle partie des centres nerveux est atteinte ? Ils nefournissent aucune preuve anatomo-pathologique, c'est donc une pure hypothèse. Et d’ailleurs les désordres trophiques résultant de lésion des centres nerveux diffèrent des altérations anatomiques
(4) Arch. méd, navale. 1879 et octobre 1880.
(2) Arch. méd. navale nov. 1881.
(3) Arch. méd. navale 79. Septembre et nov. 1880. et Progrès médical mai
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de l’ainhum : ils siègent dans la peau, et si les tissus sous-jacents sont envahis, la maladie se termine par une atrophie, une déformation et non par une amputation ; si celle-ci survient, elle n’est pas spontanée, mais reconnait pour cause la gangrène ou une ulcération profonde.
Le sillon est assurément l’agent efficient, mais quelle est la cause qui le produit ? Mystère, il est plus facile de dire ee que cette maladie n’est pas, que de dire ce qu’elle est.