AVEC LE TRAPÈZE
Le trapèze qui sert de base au premier métacarpien porte y a son extrémité carpienne 9 deux surfaces articulaires , l’inférieure pour le trapézoïde , la supérieure pour le scaphoïde; donc le trapèze est place' comme un coin entre ces deux os; le pouce étant porte' dans une forte abduction 9 le trapèze est renversé sur le scaphoïde , et par ce mouvement l’articulation médico-carpiennc est inattaquable de ce côté (PL V. fîg. 1. 7. 8. o.). La face inférieure du trapèze qui reçoit le premier métacarpien est très concave; la tète du métacarpien est convexe et unie très lâchement au trapèze 9 ce qui permet des mouvements très prononcés dans tous les sens. Une éminence osseuse sépare le premier du second métacarpien.
La grande mobilité de cette articulation est favorable àl’opération ; en basculant en dehors le pouce sur le trapèze 9 on opère un écartement de deux lignes a deux lignes et demie. On peut alors entrer très facilement dans celte articulation dont la direction oblique est représen-
ÀMMPUTATÏONS
tée par une ligne partant de la tête du premier métacarpien et tombant au-dessus de la tête du cinquième os du métacarpe.
Les faces dorsale et radiale de cet os sont seulement recouvertes par la peau , tandis que la face palmaire est envel oppée par les muscles qui forment l’éminence thénar.
Pour trouver l’articulation, il faut porter la main du malade fortement en dehors ; afin de faire paraître davantage la saillie de la tête du premier métacarpien , on écarte les tissus qui recouvrent son côté externe, ce qui met l’os plus a découvert; et partant d’un point connu, l’articulation de la première phalange du pouce avec le premier métacarpien, le doigt indicateur de la main gauche de l’opérateur, en longeant le bord radial de la main malade, arrive sur une première éminence osseuse derrière laquelle on trouve l’articulation du premier métacarpien avec le trapèze.
Si les lésions et les changements de rapports empêchent de trouver ainsi cette articulation, il faut alors par d’autres données chercher a la reconnaître.
Lorsque l’on a bien précisé le siège de l’apophyse styloïde du radius, en descendant sur le bord radial du poignet le long du tendon du long extenseur du pouce, on trouve l’articulation du premier métacarpien avec le trapèze à dix lignes au-dessous de l’apophyse que l’on vient de quitter.
Prenant pour point de départ l'articulation du cinquième métacarpien avec l’os crochu, et traçant une ligne perpendiculaire a l’axe du poignet , l’articulation du pre-
mier métacarpien avec le trapèze est a deux lignes au-dessous du point où passe cette ligne.
On opère celte amputation par la méthode ovalaire et par la méthode a lambeaux; on peut exécuter cette dernière par deux procédés.
Premier Procédé.
L’opérateur tient de la main gauche la partie malade et l’éloigne de l'indicateur ; posant perpendiculairement le tranchant du bistouri au milieu de l’espace qui sépare les deux premiers métacarpiens, il divise toutes les parties molles et se trouve arrêté par le trapèze. (PL VII. H. II.); il donne quelques coups avec la pointe du bistouri pour ouvrir l’articulation qu’il traverse facilement en ramenant légèrement le pouce vers l’indicateur.
Ce mouvement est indispensable, car en tenant le pouce écarté, on fait former un angle à l’articulation du premier métacarpien avec le trapèze ; l’instrument ne peut alors sortir de cette cavité. L’opération est terminée par la formation du lambeau aux dépens des parties molles de réminencc thénar et de la peau du côté radial de la main. Il doit s’étendre au-delà de l’articulation du premier métacarpien avec la phalange.
©dixième Procédé.
On commence par former une saillie avec les tissus du bord radial de la main; on traverse leur épaisseur près de l’articulation, et rasant l’os, on termine le lambeau comme nous l’avons dit dans le premier procédé
Un aide le relève , et Ton pénétré dans l’article que l’on traverse en ramenant le bistouri dans l’espace interosseux d’où on le fait sortir en divisant les parties molles jusqu’à la première phalange du pouce.
MÉTHODE OVALAIRE
On commence l’incision à deux lignes au-dessus de l’articulation du métacarpien avec le trapèze. On la conduit sur la face dorsale de ce premier os jusqu’à la commissure qui séparé le pouce de l’indicateur. Une seconde incision partant du même point que la précédente^ s’avance sur le côté externe du métacarpien jusqu’auprès de l’articulation du métacarpien avec le pouce et vient se terminer à la commissure > au point où l’autre s’est arrêtée ( PL VII. 1?.). On détache l’os des parties molles et l’on pénètre avec la pointe de l’instrument dans l’articulation dont on divise les ligaments ; l’opération est facilement achevée , l’os ne tient plus qu’à quelques faisceaux musculaires que l’on coupe aisément.
Procédé de Velpeau.
L’auteur de ce procédé commence par une incision qu’il conduit de l’apophyse slyloïde du radius en passant sur la face dorsale , jusqu’à la commissure des deux premiers doigts et qui met à découvert l’articulation du trapèze ; les lèvres sont écartées par un aide ? l’opérateur ouvre la capsule , luxe l’os et l’enlève.
Le pansement est le même que celui indiqué après la désarticulation du cinquième métacarpien.
La méthode ovalaire est longue et difficile à exécuter ; on est exposé à rompre la pointe du bistouri en cherchant a ouvrir l'articulation du trapèze. La méthode à lambeaux, d'une exécution plus facile et plus rapide , peut se faire sans que l'on soit obligé de chercher l'articulation ; le pus trouve un écoulement facile et ne séjourne pas sur le lambeau comme après la méthode ovalaire ; la seule cicatrice que l'on obtient est l'unique et léger avantage qui a fait employer cette méthode.
Le procédé de Velpeau conserve l’éminence thénar et altère peu la paume de la main; cependant, par cette méthode, il est trop difficile de pénétrer dans l’articulation et de la traverser, pour qu’on ne lui préfère pas la méthode à lambeaux.
J’ai pratiqué cette désarticulation sur la main d’un ouvrier des ateliers de M. John Cocker il f , en présence de M. le Dr Desaive et de MM. Fourdrin et Brouwer; je cite ce fait parce qu’il a présenté quelques difficultés dans l’exécution : les tissus étaient extrêmement tuméfiés , et les perforations qui existaient sur les téguments , m’ont forcé de tailler le lambeau dans l’éminence thénar ; la peau qui recouvrait la face externe du métacarpien étant entièrement détruite.
J’ai relevé le lambeau pour recouvrir la plaie que j’ai pansée en réunissant immédiatement et en laissant une mèche sur la surface cartilagineuse du trapèze.