ACTE I, SCÈNE VU. i
Où je dois rester seul.
Il reconduit les quatre seigneurs jusqu'à la sortie de la place, puis revient sur le devant du théâtre et retombe dans sa profonde préoccupation.
L'allumeur surTient, allume le réverbère, et passe. LE COMTE JEAN, le front dans sa main, rêvant.
— Cette femme inconnue l...
La nuit est tout à fait venue. Quelques croisées s'allument aux maisons éloignées. Tagus parait au fond de la place et court vers le comte Jean avec une expression •Je joie étrange et eflarée.
scEisE vni
LE COMTE JEAN, TAGUS
TAGUS
Merci, maître! Sans toi j'étais pendu. Merci!
Je te dois d'être libre, lis me l'ont dit. Aussi,
Mon maître, écoute bien : le bohème, homme fauve.
Vit pour qui le fait vivre et meurt pour qui le sauve.
Eh bien ! je suis à toi. Va, je te suis partout.
Prends le bout d'un fer rouge et je prends l'autre bout,
Et je dirai : Voyez ce digne gentilhomme;
Je l'aime, car sans lui je ferais un fier somme!
Sans lui, le vent du soir au gibet me berçant.
Comme pris aux cheveux par un arbre en passant.
Dans un enclos fermé de livides murailles,
J'effleurerais du pied la pointe des broussailles !
— Je t'appartiens.
LE COMTE JEAN
C'est bien. Je compte aussi sur toi, Tagus. Va maintenant.
TAGUS
Mais le Louvre est au roi, La baraque est à nous. Il faut que je l'emporte.
Il se met à démolir lestement la baraque, arrache les perches, défuit les tentures ol charge le tout au fur et à mesure dans la petite charrette à bras, où il entasse également table, chaises, grosse caisse et tout leur mobilier de saltimbanque, — Le comte Jean pensif le regarde faire.
LE COMTE JEAN
OÙ te retrouverai-je?