‹ Amy Robsart. Les jumeauxChapitre 115 sur 156 · SCÈNE IX LE COMTE JEAN, UNE JEUNE FILLE, roUée · texte numérisé non relu

SCÈNE IX LE COMTE JEAN, UNE JEUNE FILLE, roUée

L A J E U N E F I L L E , il demi-voix.

Ami? C*est VOUS?

LE COMTE ,1 E A N , baissant vi^alenient la voix.

Oui. moi.

Madame.

LA JEUNE FILLE

Ètes-vous seul ?

Seul. N'ayez point d'effroi.

LA J E L N E FILLE, avançant jusqu'à lui.

Eh bien ?

LE COMTE JEAN

Tout marclie au mieux. Nous romprons chaîne et grille. Puisque c'est Pierrefonds qui lui sert de bastille, Le captif est sauve ; je connais Pierrefonds. Des amis, déguisés en soldats, en bouffons, M'aideront. Nul danger. Si vous êtes certaine De ce geôlier gagné par vous, sans grande peine Nous le délivrerons. Je réponds du succès.

LA JEUNE FILLE

Je pourrai du donjon vous aplanir l'accès. Voici : les médecins ont dit l'autre semaine

Que, ne voyant jamais une figure humaine. Le captif se mourait d'ennui, malgré leurs soins. Que son cachot le tue et qu'il fallait au moins Qu'il entendît chanter dans la chambre voisine. Pour ce chant, seul remède au chagrin qui le mine, Je me suis fait choisir, grâce au geôlier gagné Dont on me croit la fille. Or, au jour désigné, Moi dedans, vous dehors, si pour nous Dieu travaille. Ami, nous briserons cette affreuse muraille ; Nous fuirons ; nous rendrons le bonheur, le foyer, L'air, le soleil, la vie et l'âme au prisonnier.

LE COMTE JEAJV.

Une fois libre, il faut empêcher qu'on l'atteigne. Où le cacherez-vous ?

LA JEUNE FILLE

Ami, j'ai, vers Compiègne, Dans les bois, — une lieue au nord de Pierrefonds, — Un grand vieux château plein de repaires profonds, Plessis-les-Rois ; maison construite loin des villes. Faite pour se cacher dans les guerres civiles. C'est là que je suis née, et que ma mère, hélas ! Est morte. — Depuis lors on ne l'habite pas. Nous le conduirons là, par des portes secrètes Que seule je connais...

LE COMTE JEAN, qui a écoulé la jeuue lille avec une îijrilation toujours croissante.

Ciel! madame! Vous êtes Alix de Ponthieu !

LA JEUNE FILLE

Oui. Mais comment savez-vous?...

Page 1