‹ Amy Robsart. Les jumeauxChapitre 121 sur 156 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

Et puis mourir ! — Mais non, jamais ! — Masque odieux !

Il cherche, de ses deux mains, à arracher son masque.

Jamais pour déployer mes ailes dans les cieux, Jamais pour m'envoler fier dans l'azur splendide, Je ne pourrai te rompre, affreuse chrysalide î

— 0 rage !

Il s'assied, laisse tomber sa tùte sur la table et on l'entend sangloter. Aprùs quelques instants, sa tâte so relève.

Mais cet ange î... oh ! ne blasphémons point ! I/lioure vient.

Il va de nourcau voir où en est le rayon.

Le rayon aura bientôt rejoint La marque que j'ai faite à la cinquième dalle.

Kevenant.

— Son approche endort tout dans mon âme fatale; Et je me sens au cœur un amour infini ! —

On entend quelques accords de luth qui semblent venir d'une chambre voLsiiie,

C'est ello ! Je l'entends !

Il tombe à genoux.

Mon Dieu ! soyez béni l

Profond silence. Une voix s'élève du même endroit que le lutli dont elle semble s'accompagner. Le prisonnier écoute, à genoux, dons une attitude de prière et d'oxtaso.

LA VOIX

Dans l'ombre où Dieu te plonge Tout le ciel chante en chœur !

Qu'aucun deuil ne te ronge !

Ton âme ébauche un songe Qu'achèvera ton cœur I

L'ombre a de douces choses Pour la pauvre âme en feu, Des étoiles, des roses, A la mftrae heure écloses.

Pleines du même Dieu !

La nuit, sur le lac sombre, Sur le coteau dormant, Entends ces bruits sans nombre; C'est la chanson de l'ombre Qui monte au firmament.

Ne te plains pas encore De ne point voir le jour.

L'aube est tout près d'éclore, La nuit contient l'aurore, L'ombre cache l'amour.

LE MASQUE, à genoux, tourné vers la cheminée d'où le chant a paru Tenir.

Viens !

La plaque de la cheminée tourne lentement sur elle-même comme une porte. Un rayon de lumière se fait jour par cette ouverture, sur laquelle le Masque fasciné fixe son regard, en disant à voix basse :

Oh ! Yiens, maintenant !

Une femme vêtue de blanc paraît à l'ouverture. C'est Alix. Derrière elle un geôlier qui tient à la main une lanterne, dont la clarté se répand dans le cachot.

Le. Masque, toujours à genoux, contemple cette femme entourée de lumière comme une vision.

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