SCÈNE IV Les Mêmes, SIR HUGH ROBSART
Sir Hugh Robsart s'arrête sur le seuil de la porte. Ainy pousse un cri.
Dieu ! mon père ! (Elle fait un signe. Foster et Jeannette sortent.)
SIR HUGH
Oui, Dieu et votre père. — Votre père, qui est ici devant vous, et Dieu, qui l'y a conduit. (Amy se lève et court à
lui; il recule.)
AMY, s'arrêtant.
Mon père!
SIR HUGH
Madame... Je ne sais si c'est de ce nom qu'il faut vous nommer.
Ah! quelles dures paroles! Nommez-moi votre fille. Vous êtes toujours mon père.
SIR HUGH
Votre juge, Amy.
AMY
Oh! ne me glacez pas de ce regard! Si vous saviez...
8i AMY ROBSART.
SIR HUGH
Quoi? achevez! Je ne vous condamnerai pas sans vous entendre.
AMY
Et moi j'ai fait un serment, je ne puis parler.
SIR HUGH
'Hélas ! ne sais-je déjà pas une partie de la vérité ? N'avez-vous pas quitté votre père pour suivre ici votre ravisseur, cet écuyer de lord Leicester, ce...?
Mon père, vous vous trompez! les apparences...
SIR HUGH
Les apparences! — Voyez mes habits de deuil, voyez vos habits de fête, — sont-ce là des apparences? Voyons, dites, de qui êtes-vous la maîtresse ici?
AMY, relevant la tête.
Mon père ! je suis mariée.
SIR HUGH
Mariée! mariée à qui?
A qui?... Ah! ce nom ne doit pas encore sortir de ma bouche... J'ai promis... j'ai juré...
SIR HUGH
Je doute d'un mari de qui la femme ne peut prononcer le nom devant son père.