ACTE m, SCÈNE IV
Autrefois vous eussiez cru ma première parole...
SIR HUGH
Oui, autrefois. (On enteml sonner la grosse cloche.)
Ah! la grosse cloche! enfin! Il va venir.
SIR HUGH
Qui va venir?
AMY
L'homme qui est mon mari, mon père. Ecoutez. Je ne puis vous le nommer, mais vous pouvez le voir. Connaissez-vous de visage quelques-uns des seigneurs de la cour d'Elisabeth?
SIR HUGH
J'ai fréquenté la cour moins que les camps. Je connais pourtant plusieurs de ces gentilshommes, le comte de Sussex, le duc de Ruthland, lord Shrewsbury...
AMY
Est-ce là tout?
SIR HUGH
J'ai vu aussi, ce matin, le jeune marquis de Northampton... et, j'oubliais... le possesseur de ce château de Kenilworth, le ministre favori de la reine, le maître de votre séducteur, lord Leicester...
A M Y. (Elle conduit sir Hugh à la porte de la galerie vitrée au fond de la salle.)
Mon père, retirez-vous dans cette galerie; celui que tout à l'heure vous verrez entrer ici, c'est l'époux noble et honoré de votre Amy.
SIR H U G H , (l'un ton radouci.
11 faut donc se prêter à vos folies, ma fille.
Vous ne le regretterez pas, mon père. Un dernier mot. Je vais avoir un entretien avec mon mari, où peuvent se mêler des secrets qu'il serait criminel à moi de trahir. Promettez-moi donc de vous placer de façon à tout voir, mais à ne rien entendre. Me le promettez-vous?
SIR HUGH
Vous en avez ma foi de chevalier. (Il entre dans la galerle.)