SCÈNE V AMY, puis VARNEY
AMY, seule.
Je fais mal pcut-ctre d'éluder ainsi la défense de mon mari. Je vais lui en demander pardon â lui-môme. Il comprendra que je ne pouvais pas laisser plus longtemps souffrir mon père. — Ah! c'est lui. (courant à la porte.) Mon Dudley!...
POSTER annonce.
Sir Richard Varney. (Il se retire. Entre Vnmey.)
AMY, surprise.
Vous, monsieur Varney!... Que veut dire ce titre?
VARNEY
C'est celui que m'a conféré, aujourd'hui même, sa majesté.
AMY
Ah!... Mes compliments. — Mais qu'est-ce qui vous amène, monsieur?
VARNEY
Milady, l'ordre exprès de mon maître.
AMY
C'est lui-même que j'attendais.
VARNEY, lui présentant le billet.
Il m'a chargé de vous remettre ceci.
88 AMY ROBSAUT.
A M Y , douloureusement.
Il ne viendra pas !
VARNEY
Des soins importants... ses devoirs près de la reine.
AMY, après avoir lu.
Je vois que milord vous a chargé, monsieur, d'une mission près de moi. Parlez, je vous écoute... Eh bien^ qu'est-ce qui vous arrête?
VARNEY, feignant l'embarras.
C'est que... je ne sais... Ce que j'ai à dire oflensera peut-être milady.
Rien de ce qui vient de milord ne peut m'offenser. Parlez, monsieur Varney.
VARNEY, à part.
Elle ne daignera pas me dire une seule fois sir Richard. (Haut.) Je suis chargé, madame, de vous préparer à de tristes changements de fortune.
AMY
Que voulez-vous dire?
VARNEY
Milady doit savoir avec quelle puissance s'impose la volonté de l'auguste reine qui tient sous son sceptre l'Angleterre.
AMY
Sans doute, et quel anglais n'est fier d'obéir à cette glo-