ACTE III, SCÈNE V
rieuse Elisabeth, qui a fait vœu, devant tout son peuple, «le vivre et mourir vierge et reine?
VARNEY
Si ce double titre est nécessaire à vos respects, inilady, votre admiration pour la reine aurait lieu bientôt de diminuer de moitié. — On parle du mariage prochain de sa majesté.
En effet, il y a eu, je crois, des princes d'Kspagne et de France sur les rangs. N'a-t-on pas nommé le roi Philippe? le duc d'Anjou? ou n'est-ce pas le duc d'Alençon?...
VARNEY
Votre seigneurie n'est pas très exactement informée. — La reine, qui pouvait choisir parmi les^plus belles couronnes royales de TEurope, a daigné arrêter ses yeux sur un de ses sujets.
AMY
Gomment! le duc de Lincoln, peut-être?...
VARNEY
Il est catholique.
AMY
Serait-ce le duc de Limmerick?
VARNEY
Un irlandais!
AMY
.le ne vois guère alors que le duc de Ruthland.
VARNEY
Il est marié. — 11 est vrai que ce ne serait pas un obstacle.
AMY
Qu'osez-vous dire là, monsieur?
Une triste vérité politique, milady. Les têtes couronnées ne sont point sujettes à la loi commune, et les mariages qui gênent les trônes se brisent.
AMY
Comment! le trône n'est que le trône, et le mariage, •c'est l'autel.
VARNIY.
Oh! mais l'autel...
AMY
D'ailleurs, que m'importe à moi le mariage de la reine ?
VARNEY
Plus que vous ne pensez, milady. — Lord Ruthland fi'est pas celui dont il s'agit. Parmi tous nos seigneurs :anglais, ce n'est pas même à une couronne ducale que la reine associerait la sienne, c'est à une simple couronne -de comte.
AMY
Mon Dieu ! qu'est-ce que cachent ces menaçantes paroles? Vous m'annoncez des changements de fortune... La reine est à Kenilworth... Mon mari lui donne des fêtes, il est son favori... Se pourrait-il?...