ACTE V, SCÈNE II
FLIBBERTIGIBBET.
La tour est trop haute pour quMls vous entendent. Mais agitez votre mouchoir, ils l'apercevront peut-être. (Amy
Ai^ite son mouchoir en dehors des barreaux.)
AMY
Oui, oui, ils l'ont aperçu. Ils lèvent leurs chapeaux. (Douloureusement.) Mais je les vois et ils ne peuvent me voir!
FLIBBERTIGIBBET.
N'importe ! ils sont avertis, ils vont vous délivrer.
AMY, secouant la tête.
Me délivrer !
FLIBBERTIGIBBET.
Assurément. Quelles portes ne s'ouvriraient devant le maître de ce château? Il a le pouvoir et il a l'or.
AMY
Cela ne lui suffira pas aujourd'hui. 11 n'entrera pas dans la tour. Vous ne savez pas, tu ne sais pas, mon pauvre ami, quels ordres la reine a donnés. Personne ne peut pénétrer ici, personne.
FLIBBERTIGIBBET.
Quoi ! pas même le comte de Leicester, le ministre toatpuissant?
AMY
Lui, moins que tout autre. Personne n'entrera ici, te dis-je, s'il n'est muni d'un sauf-conduit signé de la reine.
FLIBBERTIGIBBET.
Fort bien ! Alors, c'est ce sauf-conduit royal qu'il faudrait avoir?
AMY
Sans doute.
FLIBBERTI GIBBET, tirant de sa poche un parchemin.
Le voilà, madame.
AMY, prenant le parchemin.
Comment ! la signature de la reine ! Pour le coup, c'est de la magie !
FLIBBERTIGIBBET.
A peine de la prévoyance. J'ai trouvé hier sur votre table ce talisman.
AMY
Ah ! oui, je me rappelle. Le sauf-conduit de nion père.
FLIBBERTIGIBBET.
J'ai bien fait de ne pas l'oublier comme lui. Et vite, maintenant, madame, agitez de nouveau votre mouchoir et jetez ce parchemin à vos libérateurs.
AMY agite le mouchoir.
Ils ont vu mon signal, (euc jette le parchemin.) Va, feuille de délivrance, et que la Providence te guide!
FLIBBERTIGIBBET.
Suivez le parchemin des yeux. — Que devient-il ?
AMY
-Il descend. Il tournoie. Le voici à la hauteur des arbres.