AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS
Le drame qu'on va lire, et qui a été écrit en 1839, entre Ruy nias et les Burgraves, n'est malheureusement pas terminé. L'auteur n'en a écrit que deux actes complets; le troisième est inachevé. On peut même dire que ces deux premiers actes ne sont pas achevés, eux non plus. Le premier acte, qui a près de neuf cents vers, aurait été nécessairement resserré et condensé par le poète. Victor Hugo avait l'habitude de commencer par laisser toute liberté à son imagination. De là une surabondance de détails et un excès de développements sur lesquels il revenait ensuite, simplifiant, rectifiant, modifiant. Nous n'avons ici que le premier jet, quelque chose d'analogue au « premier état »> des eaux-fortes de Rembrandt, que plus d'un amateur préfère à l'état définitif : on y surprend le génie en travail et on assiste à la génération du chefd'œuvre.