ACTE I, SCÈNE I
Il montre une masure à droite.
Devant cette chaumière, Je l'ai vue une fois, la nuit et sans lumière.
l'homme.
Le projet est hardi !
GUILLOT-GORJU
La dame est de haut lieu.
i/homme.
Quel intérêt la pousse?
GUILLOT-GORJU
A cet âge ? Eh ! mon Dieu, On cherche à dépenser, partout où Dieu nous mène, La générosité dont on a Pâme pleine. •
On veut se dévouer de toutes les façons Et l'on prend un prétexte à défaut de raisons. Le premier vent qui passe emporte notre voile. N'allez pas l'effrayer et lui lever son voile.
l'homme.
Et sait-elle le nom du prisonnier?
GUILLOT-GORJU
Oh non!
Personne ne connaît ce redoutable nom, Hors la reine et monsieur le Cardinal.
Compère, Comment s'adresse-t-elle à toi pour cette aflfaire?
GUILLOT-GORJU
Pour les évasions nous sommes renommés.
Pour nous, grands murs à pic, barreaux, verrous fermés.
C'est un jeu. J'ai tiré Schomberg de la Bastille,
De Vincennes monsieur l'amiral de Castille,
Gif du Temple, et Lescur du vieux château d'Amiens.
Nous autres, tout nous sert! Voleurs, bohémiens.
Nous avons des amis jusque chez les jésuites. .
l'homme.
Je pourrai t'employer si la chose a des isuites. Ainsi, sans nul soupçon, pensant parler à toi, La dame me dira tous ses plans?
GUILLOT-GORJU
Je le croi.
l'homme , lui remettant une bourse qu'il prend dans ses yêtcmcnts restés à terre.
Voici les cent louis.
■ GUILLOT-GORJU
Merci, mon capitaine.
Ah ! la lettre volée au courrier de la reine.
Guillot-Gorju lui remet une lettre que l'homme examina, puis serre précieusement.
Comment donc as-tu fait?
GUILLOT-GORJU
C'est fort simple et tout clair.
Hier, ïagus et moi, nous allions prendre l'air ^ Sur la route d'Espagne et marchions tête à tête. Un gentilhomme passe au galop et s'arrête