‹ Amy Robsart. Les jumeauxChapitre 85 sur 156 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

A la Croix-de-Berny. Tagus n'est pas manchot Et me dit : Il va boire un coup ; il a grand chaud. L'honnne en effet s'attable à côté de l'église. Alors Tagus a fait un trou dans sa valise D'où la lettre est sortie avec quelques ducats. Si l'on nous avait vus, c'était un mauvais cas; Mais l'honime est reparti sans soupçonner la chose.

l' H 0 M M E , à part.

Sur (piols lia<anls lo sort des empires repose!

lliUlt.

Crois-tu que les bourgeois, sur la place arrêtés. Me prendront aisément pour toi ?

GUILLOT-GOUJU, lui présentant un pardessus de vieux velours noir , et une grande cape de moire jaune.

Pardieu I Mettez Mon balandran d'Alger et ma cape de moire. Vous avez comme moi barbe et perruque noire. Même taille, même air. Une voix d'opéra. Parlez haut, criez fort, et l'on s'y trompera.

l'HOMM E , endossant le surtout et la cape.

Mais ton valet Tagus ?

GUILLOT-GORJU

Tout voir, et ne rien dire, C'est son instinct. Tagus se laissera conduire Aveuglément par vous. Croix Dieu 1 vous savez bien, 'Vous courtisans, qu'on dresse un homme comme un chien.

l'homme.

Retz ne dirait pas mieux. — 0 Dieu qui nous gouvernes, Dieu puissant! à quoi bon vivre dans les cavernes,

Si riiomme se déprave, en tout point, en tout sens. Autant chez les voleurs que chez les courtisans?

A Guillot-Gorju.

Ne va pas me trahir surtout, et reparaître I

GUILLOT-GOUJU, nvec une emphase théâtrale.

Mon pourpoint n'a jamais caché la peau 'd'un traître.

L' H 0 M M E , souriant.

Mais c'est que ton pourpoint cache fort peu la peau.

GUILLOT-GORJU

Ne craignez rien !

Il ramasse à terre sons des haillons un vieux feutre crevé et défoncé^ orné d'une vieille plume jaune, et le lui présentant avec majesté :

Seigneur, voici votre chapeau.

Appelant Tagus, qui a disposé la baraque pendant toute la scène.

Tagus! voilà ton maître.

Tagus s'incline.

Obéis. Sois docile.

C'est un autre moi-même.

Il congédie Tagus du geste.

A l'homme :

— Et vous, soyez tranquille.

Je ne vous cèle pas d'ailleurs que je m'en vais. Pour les gens de notre art Paris devient mauvais.

l'homme.

Peste! en si beau chemin, toi, Gorju, tu recules!

GUILLOT-GORJU

Messieurs du Châtelet se font très ridicules. — .\ propos, êtes-vous un peu chiromancien ?

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