‹ Amy Robsart. Les jumeauxChapitre 86 sur 156 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

l'homme.

Un peu. C'est un bel art.

GUILLOT-GORJU

Très noble et très ancien:

L'art de voir dans les mains ce que cachent les âmes. C'est qu'il advient souvent que de fort grandes dames Viennent nie consulter sur l'avenir.

l' H 0 M M K , étonné.

Souvent ?

GUILLOT-GORJU

Fort souvent.

Dans la rue? ,

GUILLOT-GORJU

Ici même.

l'homme.

En plein vent?

GUILLOT-GORJU

Elles baissent leur voile. On tire la tenture.

Il montre une affreuse guenille qui pend aux perches.

Et puis, on improvise.

l'homme.

Allons! je m'aventure.

GUILLOT-GORJU, lui montrant la valise pleine de fioles.

Voici les élixirs.

Il ouvre le liroir de la tnblo.

Et pour écrire unjSJhot De l'encre et du papier.

11 ramasse les vêtements laissés par l'homme et en fait un paquet qu'il met sous son bras, après en avoir tiré un grand mantaou brun dont il s'enveloppe. Il se couvre ('gaiement du ùutre neuf et empanaché de l'homme.

L'heure approclie où bientôt Les bourgeois vont passer. Je m'en vas. — Ah ! j'y pense, Je dois vous avertir. Sous mon nom on a chance D'être pendu, mon bon seigneur.

l'homme.

En vérité !

Et sous le mien, mon cher, d'être décapité.

GUILLOT-GORJU

En ce cas. Dieu vous garde !

Il a de la besogne.

Comme tu vois. Bonsoir.

Guillot-Gorju sort. Resté seiïl, l'homme s'assied sur une borne de pierre couchée à terre sur le pavé, tire de sa poche la lettre que Guillot-Gorju lui a donnée et paraît la lire avec une profonde attention, qui se change bientôt en une profonde rêverie. Tagus met en ordre les floles et recoud les vieilles tapisseries de la baraque.

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