LE TABLEAU CLINIQUE CHEZ L'ADULTE
On peut dire que chez l’adulte la néphrite s’installe parfois violemment ou insidieusement. Dans le premier cas, à la suite d’une poussée angineuse aiguë, on constate de l’albumine dans les urines. C’est la néphrite aiguë, se manifestant d'autre part par des symptômes bruyants (oligurie, anurie, hématurie, inappétence, céphalées et parfois vomissement). Dans le second cas les malades ont présenté des symptômes mal définis. Ils ont une convalescence lente et consultent leur médecin. Ce dernier, par un fait du hasard, fait l'examen des urines et trouve une albuminurie. — Parfois aussi le malade est inquiet, il a vu, à la suite d’un « lombago » ses urines teintées de sang. Il croit qu’il a pris froid, quand en réalité une affection générale a frappé son rein. Plus rares sont, en clientèle, les cas où d'emblée le malade vient nous trouver avec une néphrite au dernier stade. Cependant nous avons pu observer un cas, où une jeune malade fut transportée dans le coma urémique à la clinique. Ces accidents remontaient à quinze jours et étaient précédés d’une angine aiguë.
Si nous interrogeons ces malades, ils nous diront que de temps en temps ils ont des angines, que souvent il ne se passe pas un hiver sans qu'ils en aient plusieurs. En outre certains ont eu des accidents tels que
des phlegmons de l’amygidale, des abcès péri-amygdaliens ou des angines ulcéreuses très graves. Nous demandons alors à nos malades des précisions. Ils ont eu parfois des œdèmes fugaces des paupières et des membres inférieurs. Peu à peu nous trouverons, en les interrogeant, un syndrome néphrito-amygdalien des plus caractéristiques, témoignant d’une atteinte rénale assez grave.
Une femme voit à la suite de ses couches un œdème des jambes persister et augmenter. Le médecin la traite pour une albuminurie postgravidique jusqu’au jour où un examen approfondi relève une infection amygdalienne intense.
C'est souvent un fait du hasard chez les adultes que de découvrir une néphrite simple d’origine amygdalienne.
La symptomatologie du malade est vague. Ce sont des malades qui sont fatigué et qui ont peu d’appétit. Iis détestent la viande, ils ont facilement des nausées, le tout pouvant simuler un embarras gastro-intestinal. Ils se plaignent peu de leurs amygdales. Cependant les malades maigrissent, ils semblent se cachectiser. Ils prennent des fortifiants, en commençant par des pillules pour finir par des vins toniques. Subitement éclate le feu qui couvait : angine aiguë — hématurie ou albuminurie intense.
On ne saurait trop insister sur ce fait que les sujets porteurs de lésions amygdaliennes avec retentissement général sont des malades qui s’ignorent. Car leurs amygdales infectées et infectantes déversent constamment dans le courant lymphatique des produits toxiques. Ceux-ci lèsent les cellules nobles du rein en
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s’éliminant par l'urine, Mais ces lésions, dépistées au début, semblent être bénignes. Au contraire, si l’évolution continue, elles sont plus graves et plus lentes à Se cicatriser. [Elles entraînent des transformations morphologiques importantes du filtre rénal.
En résumé, on peut donc dire que le tableau clinique chez l'adulte est très varié.
Les symtômes amygdaliens, tout en ayant une im- Portance capitale, passent au second plan. C'est la lésion rénale qui donnera l'éveil. La Symptomatologie générale très variée et peu nette doit faire penser au médecin à une atteinte lente de l’organisme et l’inciter à rechercher la porte d'entrée des germes pathogènes.