‹ Amygdalite chronique et NéphriteChapitre 15 sur 20 · D TURNES · texte numérisé non relu

D TURNES

tique, ou d’amygdalite lacunaire enkystée, le tout revient au même, car ce ne sont que des stades successifs d’une même lésion amygdalienne. Personne n’a voulu faire de ces trois formes des entités morbides séparées, mais, à notre avis, cette terminologie même a trop longtemps vécue.

On peut dire que chez les enfants le diagnostic d’amygdalite chronique est difficile, car il faut séparer les causes d'ordre général (hypothiroïdisme, syphilis, arthritisme et infections générales) des facteurs infectieux d'ordre local et de voisinage. L’interrogatoire du malade, et surtout des parents, nous montre souvent que ce n'est pas de l’hypertrophie amygdalienne pure dont souffre l'enfant. Un interrogatoire plus serré nous apprendra que la mère a mis des enfants mort-nés au monde et qu’elle a eu des fausses-couches, ou qu’un des conjoints a été traité pour une affection générale par une série d’injections intra-veineuses. Notre diagnostic s’aiguillera, ainsi que nos recherches ultérieures, vers la syphilis héréditaire. Parfois, à l'examen général, on conStatera des adénopathies trachéo-bronchiques, et des poumons suspects ou légèrement voilés. L'état général franchement mauvais, ainsi que les antécédents bacillaires, nous feront penser à la tuberculose. Le diagnostic d'amygdalite chronique chez l'enfant ne se pose que dans un seul cas : L'enfant a des angines fréquentes, ses amygdales sont hypertrophiées, il y a une adénopathie cervicale et surtout sous-angulo-maxillaire.

Enfin, s’il existe des troubles à distance, que l’on ne peut imputer à aucune affection purement locale, l’amygdalite chronique doit être recherchée.

La recherche de la syphilis héréditaire s'impose également chez les adolescents, si ces derniers ne présentent que des amygdales hypertrophiées.

Quant au diagnostic d’amygdalite chronique dans la période de l’involution amygdalienne, nous pensons qu'il est souvent facile, quand on examine l’arrièregorge systématiquement. Le seul diagnostic différentiel se pose avec l'infection parasitaire de l’amygdale palatine involuée. Mais les signes cliniques et l’extension de cette infection aux muqueuses voisines, le fera écarter facilement.

Il résulte de cet exposé, que le diagnostic d’amygdalite chronique est presque toujours facile. S'il n’est pas posé, le malade court le danger des complications d'ordre générale. Il faut donc que les amygdales infectées soient reconnues avant qu’elles n'aient produit des lésions à distance. Rappelons-nous, en examinant une arrière-gorge, que le volume de l’amygdale est secondaire, l'infection est tout. Quant aux lésions rénales, le diagnostic sera souvent aisé. Nous ne citerons qu'un bref rappel du dignostic différentiel de l’hématurie, cette dernière étant toujours la première en date. Il doit se faire

1° avec l’hémoglobiminurie paroxistique,

2° avec la tuberculose rénale, et

3° avec la lithiase rénale.

Nous ne discutons pas les différents diagnostics qui sont en général assez faciles à éliminer.

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