HISTORIQUE
En 1883 Lanpouzy fait le parallélisme suivant : d’une affection amygdalienne, et présente un malade atteint d’orchite par métastase à la suite d’une angine. En 1868 LASÈQUE essaye de démontrer qu'il fallait ranger la pathogénie de l’angine parmi les maladies générales. C’est BOUCHARD le premier qui insiste en 1880 et 1881 sur les néphrites d’origine amygdalienne, décrivant surtout les décharges bactériennes dans les urines, ainsi que la présence de l’albumine. En même temps KANNENBERG écrit (Zeitschrift für klinische Medizin, 1880): «on sait par l'expérience que toutes les maladies inflammatoires de l’amygdale sont souvent accompagnées de néphrites aiguës». Et Knecht ajoute: «les néphrites infectieuses sont une des plus fréquentes de ses complications viscérales ».
En 1883 Lanpouzy fait le parallélisme suivant: «l’amygdalite et la néphrite sont l'expression polymorphe d’une même infection. Les complications rénales sont aux maladies infectieuses ce que l’endocardite est au rhumatisme ». En 1908 LÉON BERNARD et Com insistent particulièrement à la Société médicale des Hôpitaux sur les formes cliniques de la néphrite d’origine amygdalienne : trois caractères essentiels, disent-ils, sont certains : 1° la porte d'entrée du mi-
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crobe est l’amygdale; 2° la néphrite qui s'ensuit est toujours hémorragique au début; 3° elle devient albuminurique, mais quoiqu'il y ait lésion rénale, cette dernière est toujours «légère et éphémère ». MARFAN et NOBÉCOURT disent que l’infetion et l’altération rénale peuvent être souvent graves, surtout quand le terrain est préparé par la syphilis en «tant qu'elle facilite l'infection nouvelle sur un organe déjà touché». En 1912 EPPINGER décrit des ablations d’amygdales chez les néphritiques, avec un bon résultat opératoire.
Une mise au point relativement récente sur la question du rapport entre les infections amydaliennes et les néphrites a été faite par CASTAIGNE, dans le Journal médical français, en octobre 1921.
I n'est pas inutile de rappeler qu’il s'agit de néphrite à laquelle l’origine, les symptômes et l'évolution confèrent une certaine individualité. Nombreuses sont les néphrites dites primitives, à frigoré et orthostatique, et qui ne sont, en réalité, qu'une forme particulière des néphrites secondaires d'origine rhino-pharyngée ou amygdalienne.
À ce sujet, ComBy dit : « quelle est la cause de ces néphrites infantiles bénignes ? Presque toujours on trouve une porte d'entrée dans le fond de la gorge, tantôt c’est une angine bien caractérisée, une amygdalite avec ou sans dépôt blanchâtre, c’est une vague pharyngite érythémateuse, tantôt c’est une adénoïdite où une rhino-pharyngite grippale ».
En effet, ces affections sont des invasions banales Strepto ou staphylococciques des mudqeuses du carrefour aéro-digestif, arrêtées, soit par les tissus lymphoïdes qui s'y trouvent, soit par la barrière des re-
lais ganglhionnaires. Elles envahissent en outre la circulation sanguine pour irriter le rein, l’endocarde ou le poumon. CASTAIGNE insiste particulièrement sur la débilité rénale, en un mot, sur le terrain favorisant une lésion, ne demandant qu'à éclore sous une poussée de maladie infectieuse, une septicémie ou une toxémie endo ou exogène.
On peut donc, à juste titre, imcriminer l’amygdale ainsi que le tissu lymphoide péripharyngé d’être la porte d'entrée d’une foule de maladies d'apparence primitive telles que le rhumatisme articulaire, l’endocardite végétante maligne, certaines pneumonies et beaucoup de néphrites, même chroniques.
Le travail d'ensemble le plus récent (1928) est le rapport des prof. BRUNETTI et MALAN au 26° congrès de la société O. R. L. italienne. Les auteurs présentent, en effet, une étude détaillée avec bibliographie abondante sur l’amygdalite et la néphrite.