G. 160. => EGLISE DE SAINT-FRONT, A PERIGUEUX
(Vue perspective intérieure )
teurs pour ne pas utiliser ces principes en cherchant A les perfectionner par des combinaisons moins cotiteuses. Deux raisons surtout devaient stimuler leurs recherches; tout d’abord la question d’argent, grave question qui a eu une grande importance dans tous les temps; le mode de construction des coupoles nécessitait des piles et des arcs-doubleaux trés puissants et, par conséquent, de grandes dépenses. Puis le besoin d’agrandir les églises qui, étant donnée la sévérité des lois liturgiques si puissantes au moyen 4ge, ne pouvaient ¢étre baties ou réédifiées que sur le lieu consacré. D’ou résultait la nécessité de modifier les votites afin de diminuer leur poids en les répartissant sur des points d’appui plus nombreux, mais d’une section moindre et, permettant, comme conséquence, d’agrandir lespace intérieur des églises.
Nous examinerons d’ailleurs cette transformation économique, aprés avoir étudié les églises a coupoles baties en grand nombre, a exemple de Saint-Front ou Suivant ses principes de construction.
Saint-Front présente les mémes dispositions que Péglise des Saints-A pétres, dispositions que nous avons décrites dans le chapitre précédent.
Les nefs croisées figurant une croix grecque et couronnées de cing coupoles sont formées par de puissants arcs-doubleaux qui, bandés sur les piles et réunis par des pendentifs appareillés normalement a la courbe (fig. 159), composent une assise inébranlable aux coupoles ovoides, sur plan circulaire, dont les poussées verticales se répartissent également sur les arcs mutuellement contrebutés. Les piles, percées de hautes et
étroites arcades, établissent une circulation latérale; les murs de cléture, d’une mince épaisseur et formant le parement extérieur, sont percés de fenétres en plein cintre. |
Il est intéressant de remarquer l’analogie qui existe entre les dispositions de Saint-Front et de Saint-Marc et celles de Sainte-Sophie et des Saints-A p6tres a Constantinople qui rappellent le parti architectural adopté par les Romains dans les Thermes d’Antonin Caracalla; il est utile de revoir a ce sujet dans la premiére partie les chapitres 1m, xi et xiv.
A Vest, Phémicycle primitif a été remplacé plus tard par une abside plus importante, et deux absidioles
ont été ménagées dans le cété oriental des bras de la
croix nord et sud.
A Vouest, Péglise 4 coupoles communique avec I|’ancienne église latine dont nous avons parlé au chapitre x1 de la premiére partie et sur deux travées de
laquelle le grand clocher, marquant la sépulture deSaint- Front, aurait été élevé par Frotaire, évéque de Peéri- -gueux sur la fin du x°® siécle.
Les grands doubleaux de l’église 4 coupoles présentent cette particularité d’étre des arcs brisés. Ainsi
que nous l’avons déja dit au chapitre x de la deuxie¢me
partie, cette forme est un moyen de construction, plutét qu’un caractére d’architecture, employé pour diminuer
Yaction des poussées del’arc plein cintre, beaucoup plus
énergique que celles de l’arc brisé,
Du reste, l’arc brisé était connu bien avant la construction de Saint-Front; les savants dont nous parle Quicherat signalent sa présence: au Caire, dans des
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ou ils n’avaient garde d’entrer, mais dans des édifices
monuments arabes durxe siécle de notre ére; au centre de PArménie, a Diarbekir, dans un portique de l’époque romaine et dont les colonnes.sont reli¢es par des arcs brisés; enfin, remontant encore plus haut dans Vhistoire, en Perse ou les constructeurs n’ont pas employé d'autres cintres depuis les derniers Sassanides.
Une forme qui eut autant de succés chez le peuple le plus artiste de Orient dut certainement étre transportée de trés bonne heure dans la Syrie et se rencontrer sur le passage des pélerins si nombreux qui fré- quentaient alors les Lieux Saints; pour que cette forme ett attiré l’attention des Latins, il faut nécessairement qu’ils Paient vue, non pas dans les mosquées
consacrés au culte chrétien.