‹ Analectes belgiques: Notices et documents pour servir à l'hiaroiewChapitre 35 sur 68 · PL.W · texte numérisé non relu

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qui remarque* que « chaque chapitre contient une image ou miniature mal dessinée » , et l'inventaire de J. de Saint-Génois, qui parle {loc. cit.) de « miniatures grossièrement peintes à l'eau ». Ce ne sont pas, il est vrai, des œuvres d'une correction parfaite, mais elles se distinguent par une verve et un talent exquis.

Les personnages ont une silhouette absolument vivante, et les mouvements, indiqués par quelques traits, dénotent une observation profonde ainsi qu'une main fort habile. L'expression des figures, toute sommaire qu'elle soit, n'en est pas moins clairement rendue ; voyez notamment le roi écoutant Olivier (fig. 47), ou la joie triomphante de ce dernier quand il revêt son armure (fig. 14). Le geste du copiste qui consulte l'original du roman (fig. 1); celui d'Olivier qui, dérangé au moment où il compte son argent, étend le bras pour protéger ses écus (fig. 20) ; la main levée du même personnage racontant ses aventures (fig. 47); l'attitude d'Olivier quand il a déçaji^té aes deux enfants (fig. 45), tout cela est pris sur le vif et d'un naturel saisissant. Au point de vue des mœurs, certains sujets, tels que la scène des fiançailles (fig. 31) et celle du mariage (fig. 32), les épisodes du tournoi (fig. 15, 17 et 18) ofiÉrent un réel intérêt documentaire.

Les dessins de notre manuscrit, relevés par un coloris sobre mais exact, présentent un contraste

* J.-A. Walwetn de TebvIiIbt, Catalogue des manuscrits de la Inbîiothèque de la vUle de Gand (Gand, 1816), n* 180, p. 36.

frappant avec les miniatures froides et compassées de certains « magnifiques » manuscrits exécutés vers la même époque. Ce sont des croquis du premier jet, où le talent primesautier et original de leur créateur se retrouve tout entier. Leur réalisme, leur simplicité, leur pittoresque méritent d'attirer l'attention des artistes et des archéologues, à qui je suis heureux de pouvoir les signaler.

Les exactes reproductions que le talent de M** Armand Heins me permet de joindre à ces pages, mettront d'ailleurs le lecteur à même d'apprécier tout le mérite de ces naïves et charmantes compositions.

La bibliothèque royale, à Bruxelles, possède un manuscrit étroitement apparenté avec celui que je viens de décrire; c'est V Histoire des seigneurs de Gavres (n° 10238), dont une reproduction a été publiée, vers 1845, par les soins de Gachet<. L'écriture et les dessins indiquent que les deux ouvrages sortent d'un même scriptorium ; le filigrane est

A Histoire des seigneurs de Gavres, Boman du XY^ siècle. Bruxelles, Van Dale (lithographie Degobert), s. d. In-4**. Les dessins ont été lithographies par Kreins. L'introduction, rédigée en style du XV* siècle et écrite de la même écriture que le manuscrit, est Tœuvre d'Emile Gachet. Cf. Le Bibliophile belge, t. III (Bruxelles, 1846), p. 155. L'innocent pastiche de Gachet a fait croire que tout le roman n'était qu'une supercherie; c'est ainsi que je trouve, dans le 258* catalogue à prix marqués de la librairie M. NijhofiF, à La Haye (février 1895), un exemplaire coté 25 florins (n® 336), avec la note suivante : « Cet ouvrage, tout à fait « lithographie, est une imitation magnifique des anciens manus- « crits du XV* siècle. C'est une forgerie [sic] littéraire bien « réussie... »

identique : un p gothique surmonté d'une fleur * ; enfin la première initiale des deux manuscrits contient la même armoirie : dazur à un écusson dargent, brisé dun bâton de gueules brochant sur le tout. C'est l'écu de Jean, bâtard de Wavrin, seigneur du Forestel*, qui nous a laissé des Cronicques cCEngletterre, publiées partiellement, en 1863, par la Société de l'histoire de France.

Au commencement de cette année, nous avons fait paraître, M** Armand Heins et moi, une reproduction de tous les dessins du manuscrit gantois, accompagnée du résumé suivant du roman d'Olivier de Castille :

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