XXII PRÉFACE
veulent introduire, ils n'auraient dû rien prendre du bien des autres. Mais, comme il n'est rien de nouveau sous le soleil, ils n'auraient pu rien faire; ils auraient été arrêtés à chaque pas par les réclamations de leurs prédécesseurs. Ce que le passé n'a pas fait à leur égard, les dépouiller à l'avance, ils veulent le faire pour l'avenir. Ils seront les derniers grands hommes ; personne n'aura plus le droit de traduire, d'imiter, de refondre les œuvres antérieures; une interdiction légale s'y opposerait, l'amende et la confiscation en puniraient la tentative.
Après eux, plus de perfectionnements^ plus de progrès possibles. Il faudrait dès-lors fermer les bibliothèques publiques ou particulières, car elles ne seraient plus que des moyens d'enfreindre la loi.
Pour en revenir à nos Analecies da bi-
d^œuvre , que rendre à la société ce qu*elle leur avait prêté » (Charpentier, De la prétendue propriété littéraire, p. 8).
Il faut être ignorant comme un maiti'e d'école
Pour se flatter de dire une seule parole
Que personne ici-bas n'ait pu dire avant nous.
Alfred de Musset, Namouna.