SUR FEU M. DE NIQUET
Cy gist ou Niouet, ou Nigaud; Alias Badin ou Badaut.
Ce mathématicien si beau Avoit de l'esprit comme un veau.
Les Révélations célestes de Sainte Brigite, communément appelée la Chère espouse; par J. Ferraige. Lyon, Rigaud, 1650, in 40. — Vente Kocks , en
Révélations d'amour ; par C. Henrion. Paris, 1796, in-8°. (France littéraire). — Paris, an V (1797), in- 18. une fig. — Techener, 4 fr.; Claudin, en 1869, 4 francs.
Le Rhinocéros, poème en prose et en 6 chants ; par M"e de *** (par Guiard de Servigné, de Rennes). Paris, 1750, pet. in-8°, une fig. — France litt.; voir aussi les Galanteries du xvme siècle, p. 139.
Roger Bontemps en belle humeur, donnant aux tristes et aux affligés le moyen de chasser leurs ennuis, et aux joyeux le secret de vivre toujours
contens. Cologne, Pierre Marteau (Hollande, à la Sphère), 1670, pet. in- 12. front, gravé. — L'Enfant sans soucy, divertissant son père Roger-Bontemps et sa mère Boitte-tout- cuire. Villefranche, chez Nicolas l'Enjoué (Holl.i, 1682; pet. in-12. — Ces deux ouvrages sont fort rares, et il est impossible de les trouver réunis et en belle condition sans les payer 3 à 400 francs. — Fontaine, en 1874, n° 2152, 500 fr. — Voir pour le détail d'autres éditions la Bibliographie du C. d'I*** aux 2 titres. — Le bibliophile Jacob pense que quelques-unes des éditions de ces petits livres facétieux ont été imprimées clandestinement en France, à Rouen, à Lyon, à Paris. « L'Enfant sans soucy, dit-il dans le catalogue Fontaine, est un recueil de contes gras et plaisants, les plus dignes d'entrer dans le cabinet d'un amateur qui aime à rire à ses heures. C'est la suite nécessaire, sinon indispensable, de Roger Bontemps en belle humeur. Les deux recueils sont du même auteur ou du même compilateur, du moins l'Avertissement de Y Enfant sans soucy le donne à penser. »
Le Roman céleste des amours du Soleil et de la Lune, par F. Servien. Paris, de Sommaville, 1650, in-40. — Nyon, 8184.
Le Romayit de Fier à bras. Cy finist Fier à bras impr. à Lyon, par M Guillaume Le Roy le 5e jour de juillet (1480), in-fol. goth. — Techener, rel. de Bauzonnet, 1350 fr.
Le Roman de très-douce Mercy au Cuer d'amours épris (en prose et en vers, par René d'Anjou, roi de Napleset de Sicile). Manuscrit sur vélin du xve siècle,
in-fol. de 1 38 fF. avec 70 miniatures. — La Vallière, 1620 fi\; Gaignat, 875 fr. — Cet ouvrage contient un voyage allégorique que l'auteur fait entreprendre au Cuer d'amour épris, pour la conqueste de la doulce Mercy. C'est l'histoire, les amours et les souffrances de deux amants fidèles, dont René a caché les noms sous ceux de Cœur d'amour et de Doulce Mercy. Une autre partie très-intéressante est intitulée : Ylsle d amour, où se trouve l'Hôpital d'amour, qui a son église et son cimetière. Dans l'église, l'auteur représente les blasons des plus illustres amoureux anciens et modernes qui y sont cloués contre une voûte d'albâtre de la longueur de cent pieds. Les blasons sont accompagnés de vers de 12 syllabes et d'explication. — Voir aussi la Bibliographie instructive, n° 2995.
Ly Roman de vraye amour. Poème composé à la fin du xive ou au commencement du xve siècle ; nous croyons qu'il est inédit. Un manuscrit ancien (peutêtre autographe , figure sur un catalogue de livres à vendre chez M. Potier (in-18, 1858, n° 141). Voici le début de l'ouvrage qui est partagé en stnnces de quatre vers.
Qui damours vurull ouyr cy s'approcho'l avant ; Je lui diroy tel chose par le mien escy SU le vuruil retenir ja nen yra gobant.
Ne jamais de mal fayre ne lui prendra talanl !
Le Roman des romans, où on verra la suite et la conclusion de don Belianis de Grèce, du chevalier du Soleil et des Amadis; par Gilbert Saunier, sieur Du Verdier. Paris, Toussaint Dubray, 1G26-29. 7 vol. in-8°, fig. de Crispin de Pas. — Comte de Hoym,
en 1738, 250 fr. ; comtesse de Verrue, en 1735, 160 fr.; de Préfond, en 1757, 153 fr. ; comte de Laurtgais, en 1770, 101 fr.; duc de La Vallière, 72 fr.; de Gaignat, en 1769 (les quatre premiers vol. étaient format-in-4°), 250 fr.; Méon, n° 2641.
La Romanciade, poème, par Satyricon (Blandet). A Micromégalopolis, capitale du royaume de la Lune, es presses pantagruéliques de feu Alcofribas (Paris), 1839, ln-8°. — Imp. imaginaires.
Rondeaux, en nombre trois cens cinquante, singuliers et à tous propos ; attrib. à Pierre Gringore. Paris, Galliot du Pré, 1527, pet. in-8° goth; au fol. 170 commence : Rondeaux contenant plusieurs menu\ propos que deux vrays amans ont eu nagueres ensemble, depuis le commencement de leur amour, jusques à la mort de la dame. — La Vallière, ex. gâté, 4 fr. 80. — Paris, Alain Lotrian (vers 1530), pet. in-8° goth. de 1 1 1 ff. Techener, 350 fr. Chédeau, n° 441, 79 fr. — L'édition suivante porte le titre : Sensuyvent les trois cens cinquante rondeaulx moult singuliers, etc. — Lyon, Olivier Arnoullet, 1533, pet. in-8° goth. — Morel-Vindé, 48 fr. 50; Crozet, 151 fr.; Solar, 500 fr.
Rondeaux nouveaux d'amour, au nombre de cent et trois. Lyon, J. Lambany, s. d., in-16 goth. — Réimpr. sous les titres suivants : Rondeaulx nouveaulx, jusques au nombre de 103, contenant plusieurs menus propos que ont eu% nagueres ensemble deux vrays amans. Paris, s. d. (Jehan Bonfons), pet. in-8° goth. (Heber, 3 liv. 15 sh. ; Libri, 8 liv.; Solar, 299 fr.). — La Fleur et triumphe de 105 ron- 111 12*
deaulx cont. la constance et inconstance de deux amants. Lyon, 1540, pet. in- 12 goth. — Heber, 2 liv. 17 sh.; Nodier, 30 fr. ; LaVallière, 4 fr. 50.
Le Roué vertueux, poème (dramatique) en prose en 4 chants, propre à faire, en cas de besoin, un drame à jouer deux fois par semaine [par Coqueley de Chaussepierre). 2e édit. Lausanne (Paris), 1770. in-8°, avec un fleuron et 5 jolies grav. à l'aquatinte. — Crozet, 6 fr. 25 ; Aubry, 6 fr.; Nyon, 18147 ; Leber, 2492. — Souvent 25 à 30 fr. — Parodie piquante de ÏHonnéte criminel, composée d'exclamations, de réticences, etc. Voir le catal. Cigongne, n° 2146. — Viollet-Leduc dans le supplément à sa bibliothèque poétique, p. 186, donne des détails intéressants sur cette brochure rare (dont on ne connaît pas de première édition), et sur l'auteur qui était jurisconsulte, collaborateur au Journal des Savants, depuis 1752 jusqu'en 1789, auteur d'un Recueil de chansons burlesques, et d'un drame facétieux en 2 actes et en vers, intitulé : Monsieur Cassandre, ou les Effets de l'amour et du vert-de gris.
Les Rues de Madrid (poème en 5 ch.), l'Histoire de la porcelaine et le combat des échasses (poème en 4 ch.), avec plusieurs satires et autres pièces; par l'auteur des Titans (B. H. de Corte, baron deWalefï). Liège, E. Kints, 1731,111-8' de 255 pp. — On trouve, parmi les satires que renferme ce volume, les Défauts des femmes, en 72 strophes, une pour chaque défaut. Voir le Bibliophile fantaisiste, page 515.
Les Ruses, supercheries, artifices et machinations des filles publiques pour tromper leurs amants. Genève, 1871, in-8°. — Scheible, en 1872, 15 sgr.
La Sage-folie, fontaine d'allégresse, mère des plaisirs, reyne des belles humeurs : pour la défense des personnes joviales, à la confusioyi des archisages et protomaistres, trad en franc, de l'italien d'Antoine- Marie Spelte, historiographe du roi d'Espagne, par L. Garon. Lyon, Larjot, 1628, 2 part. pet. in- 12, avec titres gr. — Nyon, n° 10939; Leber, n° 241 (3; Potier, 6 fr. - - Toul, 1631, in- 12. — Rouen, 16^5, 2 part. pet. in-12 (Nyon, 10940; Claudin, en 1868, 10 fr.; Baur, en 1873, 30 fr.) — Ce livre de morale facétieuse a été aussi traduit en français par J. Marcel, et a paru à Lyon, chez Badisson en 1649 et, en 1650, chez Nie. Gay, 2 part. in-8°, avec un curieux frontispice ^Potier, 20 fr., Willem en 1873, 20 fr.; Nyon, n° 10941 . — Le titre italien est: la Saggia pa\\ia, etc.
Saint-Joseph, avocat des causes désespérées, nouvelles relations des faveurs spirituelles et temporelles obtenues par sa toute puissante médiation ; par le R. P. Huguet. Paris, Palmé, 1874, in-18 jésus. — « Le bras de Dieu n'est pas raccourci, et les prodiges répondent d'une manière victorieuse aux négations modernes, fruits véreux des conquêtes révolutionnaires... Jamais, non jamais, à aucune époque de l'histoire de l'Eglise, la puissance de Saint-Joseph n'a paru aussi grande que de nos jours. Il ne s'agit plus de faits isolés. Les cures merveilleuses, les guérisons subites et radicales, les conversions des pécheurs les plus endurcis, les secours de tout genre dans l'ordre spirituel et temporel, on les compte par milliers, ou plutôt on ne les compte plus : ils sont devenus innombrables. »
Saint- Joseph nous secourt en tous nos besoins, ou Nouveau mois de mars en traits inédits ; parle R. P. Husuet. Nouvelle édition. Saint-Dizier. Paris, Lyon et Besançon, 1873, m-J8. — L'auteur de ce volume est aussi l'auteur des Soirées des serviteurs de Saint- Joseph, ou Relations des nouvelles faveurs obtenues par la médiation toute puissante de ce glorieux patriarche (la 2e édit. a paru en 1870, chez Régis Ruffet, in- 18 jésus). Il publie aussi depuis 13 à 14 ans le Propagateur de la dévotion à Saint-Joseph, recueil mensuel qui a obtenu la bénédiction de Pie IX : « Dominus te benedicat et dirigat cor tuum et intelligentiam tuam. — Pius P. P. IX. — Rome, 3 mars 1868. »
Le Saint Suaire de la Très -Sainte Vierge. Montpellier, imp. Cristin et Cie, 1875, in-32 de 48 pages.
Sainte- Aldegonde, com. en 5 actes., prol. en v ; par messire Jean d'Ennetières, chevalier, seigneur de Beaumé. Tournay, Adr. Quinqué, 1645, m~8° de 109 pp. Rare. — C'est là une des plus singulières et des plus bouffonnes pièces du théâtre mystique : a Catherine de Gênes. Thérèse de Jésus, Marie « d'Agreda, Marie Alacoque, la béate du Canada, la a Guyon, la Cadière, la Vigneron, n'olTrent rien de si « fou, de si drôle » dit Jamet. La pièce roule tout entière sur les extases de l'amour divin, exprimées dans un style impayable. Sobin dit à Aldegonde, qu'étant l'épouse de Jésus, puisque
... Cette charge vient vous tomber sur l'eschine,
« Elle ne peut songer à prendre un époux : Penser en avoir deux, le lit est trop petit.
a Voici ce que la sainte éprouve dans ses communications avec cet époux céleste :
'<v de nostre Dieu est un miel dans la bouche. Noire ame -s'en allège, et esprouvons souvent Qu'on le seul s'écouler dans elle bien avant;
1, tons sur l'autel des lorreaux ni des chèvres, doux sacrifice et du cœur et des lèvres... Quels plaisirs, à bon Dieu! quel moyen de passer Par des excès si saints et ne point Irespasser ?
« On comprend qu'une pareille œuvre soit dédiée avec raison à Louise de Lorraine, religieuse capucine à Douay. » (Note du cat. Soleinne, n° 1222).
Sainte Marie-Magdeleine et la conversion de la France. Allocution prononcée au pèlerinage de Saint-Maximin parle R. P.fr. H. M. Cormier, prieur. Marseille, imp. Chauffard, 1875, in-8° de 15 pp. — La même année, on a voulu sauver la France par toutes sortes de brochures : La Sainte-Vierge et la France, par l'abbé Bougaud (Orléans, in-8° de 23 PP )' — Ie Salut de la France par le Sacré- Cœur de Jésus, par le R. P. Gautrelet (Tours et Paris, Poussielgue, in-32 de 170 pp.), etc.
Les Saintes curiosités, par P. Clément, chan. régulier. Langres, Boudrot, s. d., in-8° de 367 pages, en prose, avec marges presque entièrement remplies de citations ou indications de divers auteurs. L'ouvrage n'est pas amusant, et n'a de curieux que le titre. — Cat. Nyon, tom Ier, n° 1085.
Le Sandrin, ou Verd galand, où sont naïvement déduits les plaisirs de la vie rustique. Paris, A. du Brueil, 1609, pet. in-12. — Auvillain, en 1865, court
de marge et sans titre, 22 fr. — Une réimpression de ce livret a été faite à 100 exemplaires, à Bruxelles, en 1863, in-18, 137 pp., y compris une notice bibliogr. commençant à la p. 99, et accompagnée d'un appendice. De tous les recueils de poésies qui parurent sous le rè.^ne de Henri IV, il n'en est peut-être pas un qui soit plus rare et moins connu que le Sandrin. Il est le seul à notre connaissance qui renferme de la prose et des vers. Nous ne le voyons pas cité dans la nouvelle édition et ne nous le trouvons que sur le catalogue Duplessis. C'est un petit in-8° de 4 ff. liminaires et 53 ff. plus un f. pour le priviiége daté du 18 juillet 1609. Les gravures sur bois, au nombre de 2, sont plusieurs fois reproduites. L'Estoile dit l'avoir acheté (p. 506, éd.Cbampollion-Figeac) et l'éditeur A. du Brueil en parle dans la préface de la 2- édit. des Muses gaillardes, Paris, 1609. Aucune pièce n'est signée, sauf la dernière qui porte le nom de Rapin. L'ouvrage confient : Récit des noces de Chariot et de Lauriette, en prose, tiré du roman de Beroalde de Verville. les Aventures de Floride. Voir l'édit. de 1601, t. 2, 2e liv., chap. 9, p. 263-280. — Les Amours de Mauricette et d'Ourson, tiré également de Florinde (t. 1. p 289 et suiv.\ mais traité avec décence. — Amours rustiques de Perrot et de Jeanneton, imitation quelque peu grossière de l'idylle de Théocrite i'Oaristys. Elle est de Claude Gauchet et se retrouve dans le Cabinet satyrique. tom. 1, p. 163-166. — La Feste et dance de village et le jeu de la longue paume, extraits du poème de Gauchet : le Plaisir des champs — Le Jeu de la boule, en vers de 7 syllabes. Furetière a aussi chanté le jeu de boules dans sa satire V à Maucroix. Paris,
1655. — Les Plaisirs du gentilhomme champestre, en strophes de 5 vers. Une des pièces les mieux réussies de Rapin. On s'étonne de ne pas la voir dans ses Œuvres, Paris, 1610, in-40. Nous connaissons de ce poème une édit. de 1583, et il a été reproduit plusieurs fois.
Satyre contre les maris, par le sieur R. T. D. F. (Regnard, trésorier de France) Paris, 1694, in-40 de 15PP (Techener, îofr.). — Amst. ou Rouen, 1695,^-12 de 14 pp. Dinaux, ^3282; Baillieu, en 1876, 3 fr.
Satyres chrétiennes de la cuisine papale (par Pierre Viret). Genève, Conrad Badius, 1560, in-8°. — Vendu Chédeau, n° 549, 205 fr. — Voir, sur ce livre, la Bibliothèque du théâtre françois, III, 273, et la Bibliothèque poétique de Viollet-Leduc, p. 244. Ce dernier l'apprécie ainsi : — « Pierre Viret est né en Suisse en 1511. Il fut un des chefs de la réforme. Il mourut à Orthez. où il avait été accueilli par la reine Jeanne d'Albret, en 1571, après avoir publié un grand nombre d.ouvrages, la plupart singuliers et dont celuici est le plus rare. Ce recueil a paru tellement scandaleux, qu'aucun des bibliographes qui l'ont connu n'a osé l'extraire. C'est bien, mais le mystère dont on enveloppait ce fruit défendu a pu donner à quelques descendants de notre mère Eve l'envie de le connaître, et véritablement la lecture de ce mauvais livre ne saurait inspirer autre chose que le dégoût. Je me permettrai donc d'en donner au moins une analyse. — Viret transforme la cour de Rome en une grande cuisine, au dessus de la porte de laquelle on voit deux clefs avec cette devise :
Il n'est que de vivre à son aise Que chacun me croye, el se taise.
ce Viret décrit le jardin qui précède la cuisine et qui l'alimente ; il est fort scandalisé des statues des saintes qui ornent ce jardin d'idolâtres. ,
Voici au vif représentée
Vénus, la déesse éventée
Au tableau de conception.
O tris belle déceptions De Cosme et Damian, deux saints Faicts pour infecter les plus sains !
Tel fut Esculape, conjoinct Avec Apollon, son adjoinct.
Gabriel, disposl et léger, Qu'est-il ? sinon te messager Des dieux, qu'on appelle Mercure ?
Et puis, sainct Eloy qui procure Jour et nuicl à forger des fers, C'est Vulcain, du fond des enfers.
Baptiste est Hercule tout faict, Excepté qu'il est plus deffait.
Je vois sainct Pierre et ses pieds nuds. Qui estes-vous ? Ha ! c'est Janus Et ses clefs. Mars, à la grand'gorge, Est-ce point monseigneur Saincl-Georges.
Qui de Cérès l'enflé dragon, Autrement le dèmogorgon De saincte Marguerite tue?
Je voy une roue abattue A ce coin, sahicle Catarine, De leste, de bras, de poitrine, De tout, tu ressembles Fortune.
El toy Diane, blanche lune, JS"esl pas Hubert ton Acléon ?
Toussaints, vous estes Panthéon, etc.
« Dans les officiers de la cuisine sont représentées toutes les dignités ecclésiastiques. Ce n'est qu'une caricature grossière sans ressemblance et sans esprit, ou présentant des allusions que l'on ne comprend
plus. Pourquoi, par exemple, les auditeurs de Rote sont-ils chargés d'apporter et de fournir le bois à la cuisine ? Pourquoi les évêques sont- ils escuyers de bouche présentant les mets ? Pourquoi les cardinaux portent-ils les volailles, et pourquoi les docteurs de Sorbonne font-ils de la pâtisserie? — Vient ensuite, dans la quatrième satire, la description des ustensiles de la cuisine. C'est la plus dégoûtante et peutêtre la plus impie par la destination que l'on devine, donnée aux vases sacrés. Vient ensuite la Description du banquet en deux satires, les Devis d'après dîné, et un Colloque (dialogue) entre maistre Fricandouille frère Thibaud et messire Nicaise, après lequel on boit de Veau bénite pour liqueur. Le livre tombe des mains ! — Je porte le défi à l'incrédule le plus déhonté de lire ces huit abominables satires sans sentir son cœur se soulever. Et quel style ! car j'affirme que j'ai cité les meilleurs vers du recueil. »
Sauve la peste, ou Relation d'un accident terrible, véritable et remarquable, arrivé aux latrines du Palais-Royal, et du remède qu'on y a apporté. Paris, de l'imprimerie de l'auteur, 1790, in-8° de 4 pages. — « Le Gouverneur des latrines ayant par hasard mis dans ses cabinets des feuilles des Actes des apôtres, l'usage de ces feuilles (et quel usage !) cause un grand dérangement aux habitués de ces lieux. On les guérit en leur administrant la France libre, le Discours de la Lanterne, et autres écrits patriotiques. Serait-il donc vrai que les écrits de ce genre produisent une constipation ? C'est une question importante à étudier. On sait que cette indispotion peut produire les plus grands désordres dans m 13
l'intelligence. Peut-être ces révolutionnaires célèbres par leurs crimes n'étaient-ils que des hommes constipés. » Note extr. de la Bibliotheca scatologica,
Sauvons le genre humain, par Victor Hennequin, Bruxelles, 1854, in- 12, 330 pp. — « Livre singulier et aujourd'hui peu commun. L'auteur prétend que son livre est une révélation dont une voix céleste lui a ordonné la publication. Aussi y développe-t-il des propositions très-curieuses, principalement sur la prostitution, les chevalières de miséricorde, l'amour, l'inceste, la sodomie, l'amour saphique, etc. Bref, il y a là de singulières théories sociales, qui sont loin de briller par leur... pudicité. — Vital Puissant, 3 fr. 50. — Victor Hennequin était fouriériste.
Les Secret $ des femmes et hommes, composez par le Grand Albert et nouv. translatez en françois, etc. Turino, P. Ranot, s. d. (vers 1540), pet. in-8° de 32 ff. — Veinant, 27 fr., rel. en mar. r.
Secrets magiques pour l'amour, octante et trois charmes, conjurations, sortilèges et talismans, publiés d'après les manuscrits de Paulmy, par C.-J., bibliomane (Jules Cousin). Paris, Académie des bibliophiles, 1868, in-12, xii et 102 pp., tiré à 413 ex.
La Semonce des cocus de Paris en mai 1535, publiée d'après un manuscrit de la bibliothèque de Soissons. Paris, Jouaust, 1866, in-12. Tiré à 200 ex. et 10 sur papier de Chine; 2 fts et 13 pages, 2 fr. — Baur, en 1874, 10 francs. — Jolie pièce de satire générale, vive d'allure, fine d'aiguillon, sa légèreté
spirituelle la sauve d'une grossièreté de ton qui nous choque aujourd'hui et qui, de son temps, eut semblé toute naturelle. Elle appartient à notre ancienne comédie; c'est le cry d'une des montres de la Bazoche ou des Enfants sans-soucy. Dans la liste des maris de Paris, il y a certainement plus d'un nom de fantaisie, mais il doit y en avoir aussi quelques-uns qui étaient vrais et qui étaient pour les auditeurs du quartier le meilleur et le plus piquant de cette facétie satirique. La Réponse est d'un autre genre, elle prend la chose au tragique ; elle est lourde, embarrassée. — La bibliothèque de Soissons possède quelques manuscrits de poésies françaises du xvi'- siècle. Ce sont des mélanges comme il y en a tant d'autres, où l'imprimé et l'inédit sont transcrits à côté l'un de l'autre selon la fantaisie du collecteur. Une note sur l'un d'eux est dans le Bulletin de la Société des Antiquaires ( ier trimestre de 1858, p. 52- 57. Quelques autres pièces dans les tomes 8 et 9 du Recueil de poésies : l'Ecurie des dames, la Merveilleuse prinse des Bretons, etc.
Les Sept péchés capitaux, exemples tirés de l'état ecclésiastique, etc., par un ex-ci-devant soi-disant jésuite, et copié littéralement par un homme qui s'amuse de tout. Chez le prieur de l'abbaye Saint- Germain-des-Prés, et chez le suisse du nonce du pape, 1789, in-8° de 31 feuillets. — Dans un autre catal., nous voyons de 50 pp. — Rarissime.
La Seringue spirituelle pour les âmes constipées en dévotion. — Cet ouvrage dont le titre bizarre a l'air d'une plaisanterie, existe-t-il ? L'auteur du Manuel du Libraire, en l'indiquant (article Moutar-
dier) déclare ne l'avoir jamais vu. Cependant un auteur sérieux, M. Peignot (p. 42 de la Notice sur ses ouvrages, Paris, 1830), signale cet écrit ; il en rapporte un passage qui fait connaître en quels termes l'auteur apostrophe (p. 180), les dames qui mettaient du fard : « Vilaines carcasses, cloaques d'infection, « bourbiers d'immondices, n'avez-vous pas honte « de vous tourner et retourner dans la chaudière de « l'amour illicite, et d'y rougir comme des écrevisses « lorsqu'elles cuisent pour vous faire des adorateurs? « Au reste, il est juste que des visages qui ne « savent plus rougir de pudeur, rougissent au « moins par artifice, mais puisque vous avez voulu « imiter le rouge des écrevisses, comme elles vous « irez à reculons dans la voie du ciel ». — Voir le
La Sextessence dialectique et potentielle, tirée par une nouvelle façon dalambiquer suivant les préceptes de la saincte magie et invocation de Démons, tant pour guarir l'hémorragie, playes, tumeurs et ulcères vénériens de la France, que pour changer les
choses abominables en bonnes , (par J. Démons).
Paris, Estienne Prevosteau, 1595, in-8°. — Leber, ^4140, ex. exceptionnel. — L'ouvrage doit comprendre deux pièces détachées : Contemplative vision de l'auteur... ex A la France. Elles se trouvent entre la p. 16 et la p. 17.
Sganarelle ou le Cocu imaginaire. L'édition originale vit le jour à Paris en 1660, chez Ribou, in- 12, iv fts et 59 pp. Les bibliophiles recherchent surtout avec empressement l'édition imprimée à Amsterdam en 1662, et qu'on annexe à la collection elzévirienne.
Cette comédie est insérée dans toutes les éditions du théâtre de Molière, mais elle n'est plus admise au répertoire, avec son second titre. — Lemercier, dans son Cours de littérature, professé à l'Athénée de Paris, en 181 1, propose le nom de Sganarelle comme synonyme de cocu et emploie le verbe actif sganareliser ( 1 ) .
Les Solitaires en belle humeur, entretiens recueillis des papiers de feu le marq. de M*"*. Paris(Holl ), 1722-23, 2 vol. in-12; Paris (Holl.), 1725-36. (Nyon, 11927', 3 vol. in-12. — Utrecht, 1741, 3 vol. in-12, 25 fïg. — Hebelinck, n° 1770 ; vendu 12 francs ; Baur, en 1873, cat. nrt 3, 15 fr., sans les fig. du tome II. — Sous des titres de chapitres singuliers, tels que la puce, l'araignée, le chat, le miroir, etc., l'auteur (que M. Paul Lacroix suppose être l'abbé Bordelon) a rassemblé nombre d'anecdotes curieuses.
Songe systema-physi-comico moral de M. Jérôme, mis au jour par sa tante Barbe-Cath. -Charlot te Amidon des confrairies du Sacré-Cœur deJ. et du St-Rosaire. A l'hôtel de la Tolérance et de la liberté, 30novembre 1790. et amplifié le 25 mai 1792. — 2p édition, intitulée: Le Cousin du compère Mathieu. Paris, an VI, fig. (quelques exemplaires ont les deux titres), in-18 de 144 pp.
Sonnets et quatrains d'admiration, ou Sonettes et sornettes dignes de risée. Montpellier, 1611. —
(1) Observons en fait de synonymes celui de Monsieur Coré dans une pièce du Théâtre des Boulevards •e). Rétif de la Bretonne a employé l'expression : Boiser les maris.