‹ Analectes historiques (volume 2)Chapitre 18 sur 24 · DIX-SEPTIÈME ET DERNIÈRE SÉRIE · texte numérisé non relu

DIX-SEPTIÈME ET DERNIÈRE SÉRIE

Lettres de Charles VI , roi de France, par lesquelles il donne à Jean IV, duc de Brahant, et à Jacqueline de Bavière, son épouse, V hôtel du Porc-Épic, à Paris, pour y habiter, quand ils viendront dans cette capitale : .. octobre 4418.

Charles, par la grâce de Dieu, roy de France. Savoir faisons à tous présens et advenir que, pour la grant et vraye amour que nous avons tousjours eu et avons à nostre trèschier et très-amé cousin le duc de Bourgoingne (1), à nostre très-chière cousine la duchesse de Hollande et contesse- de Haynnau, sa seur (2), et à noz très-chicrs et Irès-amez cousin et cousine le duc de Brabant, nepveu de nostredit cousin de Bourgoingne, et la duchesse de Brabant, sa femme, qui sont à présent, laquelle ot espousé paravant feu nostre très-chier et très-amé filz le duc de Touraine, daulphin de Viennois,

(i) Jean sans Peur.

(2) Marguerite, qui avait épousé, en 1385, Guillaume de Bavière, comte de Hainaut et de Hollande.

derrenièreraent trespassé (1), et pour la grant prochaincté de lignaige dont nosdits cousin et cousine nous atiennent, eue consi(^érations aussi aux grans, notables et aggréaljles services que nous ont faiz, ou temps passé, nostredit cousin de Bourgoingne, feu nostre très-chier cousin le duc de Brabant, derrenièrement trespassé (2), père de nostredit cousin de Brabant qui est à présent, et leurs prédécesseurs, et espérons que nostredit cousin de Brabant nous face ou temps advenir, et à ce que luy, sadite femme et ses enffans et béritiers d'ic'clluy ayent mieulx où eulx logier et tenir leur estât honnourablement prèz de nous, quant ilz viendront par-devers nous en nostre bonne ville de Paris, nous, par ladvis et délibéracion de nostre très-chière et très-amée compaignc la royne, de nostredit cousin de Bourgoingne, oncle de nosdits cousin et cousine de Brabant, et de pluisieurs autres de nostre grant conseil, à nosdits cousin et cousine de Brabant et à chascun d'eulx avons donné, cédé, quicté , transporté et délaissié,et, par ces présentes, de nostre certaine science, gnice espéciale, plaine puissance et auctorité royale, donnons, cédons, quictons, transportons et délaissons la maison ou bostel que on dit du Porc-espy, assis à Paris, en la rue de Joy, près de Saint-Pol, tout ainsi comme il se comporte et estent en long et en le bault et bas et au milieu; tenant, d'une part, du costé de devant, sur ladite rue, depuis le posterne jusques au coing de la rue Parcée, et depuis ledit coing jus([ues à l'oslel qui fut à feu Galeran du Montigny, clievalier; aboutissant par derrière depuis ladite maison jusques à l'ostel de feu Jclian Cbanteprime; ouquel ostel du Porc-esjnj sont comprins les viez murs de ladite ville de Paris, qui sont des apparte-

(1) Jean, duc de Touraine, qui avait épousé Jacqueline en 1415, était mort le 5 avril 1417.

(2) Antoine de Bourgogne, tué à la bataille d'Azincourl, où il combattait pour la France, le 25 octobre 1415.

nanccs dudit liostcl, depuis itng hiiys qui est dcvanl Sainte- Katherine en la rue Saint-Anlhoinc jusques à nostrc chantier qui est sur la rivière de Sayne, où est la chaîne, pour dudit hostel ou maison du Porc-espij, tout ainsi qu'il se comporte, avecques ses veues, esgoutz, appartenances et appendances, joyr et user par nosdits cousin et cousine de Brabant et le survivant d'eulx deux, et par les hoirs et ayans cause de icelluy nostrc cousin de Brabant, héritablement, perpétuellement et à tousjours, aux cens et charges anchiennes acoustumées d'anchienneté tant seulement , et dont feu nostre trèschier cousin le duc de Hollande, conte de Haynnau, derrenier trespassé, père de nostredite cousine de Brabant, joïssoit ou temps de son dëcèz, en révoquant, rappellant et mectant du tout au néant tous dons et octroys par nous faiz à quelque personne que ce soit de nostre sanc et lignaige et autres, soubz umhre ou couleur de quelque cause que ce puisse estrc et en quelque manière que ce soit.

Si donnons en mandement à noz amez et féaulx gens de noz comptes et trésoriers à Paris, les commissaires et généraulx gouverneurs de toutes nosdites finances, tantes pays de Languedoil comme de Languedoc, au prévost de Paris et à tous nos autres justiciers et ofiicicrs ou à leurs lieutenans, présens et advenir, et à chascun d'eulx si comme à luy appartiendra, que nostredit cousin de Brabant, nostredite cousine sa femme, ou leur procureur pour eulx, mectent et instituent ou facent mectre et instituer de par nous en possession et saisine dudit hostel et appartenances, et d'icelluy leur facent ou facent faire plaine et entière délivrance, et les en facent, et les hoirs et ayans cause d'icelluy nostre cousin, joyr et user plainement et paisiblement, comme de leur propre chose, sans leur faire ou donner ne souffrir estre fait ou donné, ores ne pour le temps advenir, quelconque empcschement ou des- (ourbicr au contraire, nonobstant quelconques ordonnances, mandemcns ou deffences faictcs ou à faire de non aliéner

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