QUATRIEME LETTRE
Sire, |>ar mes précédentes du m""* de ce mois, j'advertiz Vostre Majesté de la condempnation de Colpepre et Diirem, lesquelz furent hier exécutez; et eust ledict Colpepre grâce d'avoir Irenchée la leste, conforme à la requeste (ju'il en avoit faict : laullre fust mis à mort criiellement, jouxte (I) sa condempnation. Et, pour non laisser vuyde la Tour, ilz n'en furent point sitost dehors, que l'on n'y mist la vielle veufve duchesse de Norphocq, dernière femme du père de ce duc, et avec elle la femme de mylord Vuylliem (2), lequel revint au prismes (5) de son ambassade de France, il y a huyl jours, et avant-hier avoit esté constitué prisonnier en ladictc Tour. Et semble que sesdictes mère et femme, et une sienne seur qu'est détenue en la maison du secrétaire Vrisley, soient détenues pour l'occasion d'un serviteur dudict mylord Vuyiliem , que fust prins la veille Sainct-Andrez, qu'a dcu dire, entre autres choses, que sondict maistre et lesdictes dames esloient assez informez de l'impudicilé de ceste royne, avant qu'elle vînt en grâce et faveur de ce roy, et le tient-I'on à grand crime; et jusques icy ne se sçait aultre occasion de leurdicte prinse.
Ledict duc de Norphocq, ung jour avant l'arrivement de sondict frère, csloit parly d'icy et allé en sa maison au carticr de Norphocq; et se pense communément que l'on l'a envoyé là, pour l'esloigner du conseil, veu roccurence des matières touchant si avant son sang.
De Londres, le xi^ de décembre 1341.
EUSTACE ChAPPUYS.
(I) Jouxte , selon, de juxtà.
{-2) Le lonl ^^'iIliam, frère ilu iluc de Norfolk.
(ô) y^u prismes, seulement.