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Réponses des ministres accrédités à la cour de Bruxelles, à la notification de la rclruitc du gouvernement des Pays-Bas : l"-il> janvier 1790 (1).

népouse dn baron de l'icroisfg- ministre |(léiii|ioteu(iairc de l'FIerfeur palatin.

Bruxelles, le l'"'' janvier 1790.

Monsieur, la lettre que vous m'avez faitThonneiir de ni'écrire, de la part de Son Excellence monsieur le comte de Cobi'nzl,

(1) Le {jouvernemenl avait quitté Bruxelles avec une précipitation et une confusion telles, dans la journée du 12 décembre, que le comte de TrautlmansdorlT n'avait pas même informé le corps diplomatique de sa retraite. Ce fut seulement de Genappe, entre Bruxelles et Namur, qu'il l'annonça aux ministres de France et de Hollande.

Le comte Philippe de Cobenzl crut devoir faire faire des notifications en règle aux ministres accrédités près la cour des Pays-Bas. Le vice-président du conseil du gouvernement général écrivit, par son ordre, de Trêves, le 25 décembre, au chevalier de la Gravière, résident de France, au baron de Hop, ministre plénipotentiaire de Hollande, à M. Wilson, chargé d'affaires d'Angleterre, en l'absence de milord Torrington, à M. Dolrenge, chargé d'affaires du prince-évêque de Liège, et au baron de Vieregg, ministre plénipotentiaire de l'électeur palatin, « une sorte de circulaires, fondées toule.s •■■ sur la même base, mais nuancées différemment, .suivant la qualité des « personnes et surtout de l'importance des puissances respectives, ainsi que « des circonstances relatives au moment : » ce sont les expressions dont se sert le comte de Cobenzl dans une dépêche du même jour adressée au comte de Mcrcy-Argenteau, ambassadeur à Paris.

Crumpipen disait au ministre de France : ^ L'Empereur, connoissanl et

m'ayanl été remise aujoui'd liiii , je ne diffère pas de vous en donner connoissance, ainsi que lie rexpédilion que j'en ai fiiite en même temps à ma cour. Au reste, trop persuadé des bons senlimens de S. A. S. Électorale, je crois pouvoir vous répondre d'avance que Sa Majesté trouvera son entière satisfaction en tout ce que l'électeur pourroit faire relativement aux circonstances actuelles de ce pays-ci.

J'ose vous prier, monsieur, de vouloir bien faire agréer les assurances de mes respects, pour mon particulier, à Son Excellence monsieur le comte de Cobenzl , de qui je n'ai pas encore l'honneur d'être connu, et de vouloir être persuadé des sentimens invariables d'estime et de considération avec lesquels j'ai l'honneur d'être, monsieur.

Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

ViEREGG.

<■ ayanl toujours éprouvé les effets de Tamilié de S. M. T. C, ainsi que de

« ses bonnes inleutions , est bien persuadé que le roi désapprouvera les dé-

» marches de quelques nialiiUentionnés, ennemis du repos public, et que,

p d'après cela, le ministre accrédité de sa part auprès du gouvernement

n général ne fera rien , à l'égard des mécontents , qui seroit contraire à ces

« sentiments, désagréable à S. M. I., ou qui pouiroit donner lieu au moindie

« doute sur les bonnes intentions et la manière de ])enser du roi très-chré-

n tien et de son ministère, l'Empereur continuant à se reposer avec uue

» confiance sans bornes sur la solide amitié du roi. «

Au baron de Hop : « J'ai l'honneur de vous écrire la présente, monsieur,

« pour vous témoigner et renouveler la satisfaction particulière avec laquelle

6 S. M. a appris les dispositions que la république a faites successivement

» sur les réclamations du gomernement général , ainsi que les sentiments

n d'intérêt que vous avez exprimés plus d'une fois, au nom de LL. HH. PP.,

• sur les circonstances où se trouvent les provinces belgiques. S. M. y a

0 trouvé des preuves de l'amitié des seigneurs états généraux, auxquelles elle

o a été très sensible, et elle est trop persuadée de leurs bonnes intentions

» pour elle, pour ne point se promettre qu'ils désapprouveront les démar-

» ches répréhensibles de quelques individus malintentionnés et ennemis du

» repos public, qui sont parvenus à entraîner la multitude dans leur égare-

( ïi)\ )

UéponAe de M. ^VilisDii , cliart^cé iraffaireN d'Angleterre eu absenee de niilord Torrliistun.

Monsieur, j'ai reçu aujourd'hui , par M. le baron Hop, ia lettre que vous m'avez fait l'honneur de ni'écrire !e â3 décembre. J'ai informé aussitôt ma cour de son contenu , et ne puis qu'attendre la répoii'Je qu'elle y fera, pour avoir le plaisir de vous la communiquer.

J'ai l'honneur d'être, avec une parfaite considération, monsieur.

Votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Bruxelles, le 1" janviei- 171)0.

Vu. WlLSON.

ment, el que, d'apiès cela , on est, entre autres, bien certain, du côté de l'Empereur, que leur ministre plénipotentiaire résidant à Bruxelles ne fera rien , vis-à-vis des mécontents, qui puisse, en quoi que ce puisse être, désobliger' S. M , ou donner lieu à la moindre inquiétude sur les sentiments et intentions de LL. HH. PP., dont S. M. a toujours eu lieu de se louer infiniment, et sur l'amitié solide desquelles S. M. continue à se reposer avec la plus grande confiance. ^

Enfin au chargé d'alFaiies d'An;;leterre : • .l'ai l'honneur de vous écrire la présente, pour vous fémoigner, monsieur, que S. M., toujours bien convaincue de i'amitié et des bonnes intentions de S. M. B , est bien certaine aussi que le loi et son ministère désapprouveront 'es démarches répiéhensibles que quelques malintentionnés ei ennemis du repos public ont .l^aites aux Pays-Bas, et i)ar lesquelles la multitude 3 été entraînée dans l'égarement. Par une suite de cette conviction, l'Empereur s'assure qu'en votre qualité de chargé d'affaires en absence de milord vicomte de Torrington, vous ne ferez rien, vis-à-vis des mécontents, qui puisse être désagréable à S M , ou donner lieu au moindre doule ou à la moindre incpiiélude sur les sentiments ou dispositions de voire cour, l'Empereur, qui a loujoiu's eu lieu d'en être infiniment satisfait, continuani à se reposer, avec une entière confiance, sur l'amitié sincère et solide de S. M. B., etc. »

ItopoiiNe du clievalier de I.a fàravicre, ■■«'■.«(dent de Frauec.

Paris, le 9 janvier 1790.

Monsieur, la lettre (]ue vous m'avez fait l'honneur de m'écrire ui'a été renvoyée ici, où je me suis rentk' aussitôt qi'e j'ai élé informé par M. le comte de ïrauttmansdorff de la résolution que le gouvernement général avoit prise de quitter P>rnxelles (I). Je serois prêt à j retourner pour y reprendre mes fonctions, si des circonstances plus heureuses y ramenoient le ministère de l'Empereur. J'aurois beaucoup d'empressement de me voir à portée de me rappeller aii souvenir de M. le conite de Cobenzl, et de cultiver les bontés de Son Excellence. Je n'aurois pas moins de satisfaction, monsieur, à vous témoigner de vive voix ma sensibilité pour tous les bons procédés que j'ai éprouvés de votre pari , etlessentimens delà considération la plus distinguée avec laquelle j'ai l'honneur d'être, monsieur.

Votre irès-humble et très-obéissant serviteur, Le chevalier de La Gravière.

■(épouse de M. Uotrciige, couseiller lutime et chargé d'affaires du prince-évéque de MAége.

Monsieur, la lettre que vous nj'avez fait l'honneur de m'écrire le 25 du mois passé, ne m'a été rendue qu'hier le soir. Je prends une part infinie, monsieur, à la justice que Sa Majesté veut bien

(I) Il avait, quelque temps auparavaDl, reçu du comte de Montmorin l'ordre de revenir en France, si les circonstances forçaient le gouvernement de s'éloigner de Bruxelles.

rendre aux senliniens de monseigneur le prince-évêque de Liège, d'après lesquels j'ai toujours réglé ma conduite. C'est par une suite de ses sentiments que Son Altesse, don^j'avois demandé les ordres dans la position embarassante où me jettoil la catastrophe de la ville de B'uxelles, m'a conseillé de m'absenter, et ce conseil, je l'ai pris pour un ordre que j'ai exécuté. J'erre maintenant çà et là, chez mes parents et amis, en attendantque des circonstances pK»s heureuses me permettent de rejoindre ma famille. I>u reste, insirrit des devoirs d'un ministre public dans une conjoncture aussi délicate, je me suis abstenu, avec le plus grand soin, et je ni'aî)sliendrai toujoi'rs,de rien faire qui puisse être désagréable à Su Majesté, ou contraire à la confiance où elle est sur la manière de penser de Son Altesse, à qui, selon que vous m'en requérez, monsieur, je vais porter, de même qu'à son conseil à Liège, ce témoignage de confiance de l'Empereur.

J'ai l'honneur d'être, avec un dévouement respectueux, monsieur,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

DOTRENGE.

.Soijjnies, le 10 janvier 1790.

Réponse tlii baron de Hop, iiiiuli^-Âe pEéuipolciitKiii-e cBi*.<« état»« générnus «les ProvinceM-IJuieN.

Monsieur, le ministre de la république à Liège m'a adressé, le 30""^ de décembre, de laditte ville, un paquet qui m'est parvenu le lendetuain avec des dépêches pour messieurs de Viereg, Wiison et Walckiers, ainsi que pour moi, datées du 23 précédent. LL. IIH. l'P. m'uyant ordonné de quitter ma résidence sans larder, j'étois alors sur mon départ pour cette ville, et je n'ai pas manqué, à mon arrivée, de remettre à mes maîtres la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrirc de la part de S. L. M. le comte deClobenzI. LL. HH. PP. m'ont ordonné, mon-

sieiii', do vous prier d'assurer Son Excellence qu'elles sont toujours dans les mêmes dispositions, envers Sa Majesté Impériale et Koyale, dont elles n'ont cessé de donner des témoignages et des preuves, désirant ardemment d'entretenir le bon voisinage avec ce monarque, et de cultiver toujours son amitié et sa bienveillance. J'ai l'honneur d'être, avec les sentiments les plus distingués, monsieur,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

B"" d'Hop.

De la Ha\e,ce 12 janvier 1790.

(Originaux autographes, aux Arcliives du lovaunic, collection (le la Secrétauerie d'État.)

Note du conseiller de Kulberg (1) sur les moyens employés par le youvernement des Pays-Bas, en 1789, pour faire surveiller les démarches des émigrés brabançons en Hollande : 1 1 février

Lorsque le gouvernement fut informé des émigrations qui se succédoienl aux Pays-Bas vers la Hollande, et que les émigraiis

(1) François-Anselme Kulberg, après avoir, pendant plusieurs années, rempli les fonctions de conseiller pensionnaire de la ville deTournay, fut nommé par Marie-Thérèse, le î?l novembre 1763, conseiller et maître aux requêtes du conseil privé. I,e 17 juin 1776, étant devenu le plus ancien membre de ce conseil, Plmpéralrice le fit conseiller d'État de longue robe. Lors de la nouvelle organisation sous Joseph II, il passa au conseil du goiivernemenl général. Enfin, le 21 août 1791, l'empereur Léopold II lui conféra la présidence de la chambre des comptes.

se réunissoient vers Breda , dans la Campinne liollandoise, le comte de Traiittmansdorff jugea devoir faire éclairer de près la conduite, les vues et la marche de ces émigrans; il engagea le commissaire des états généraux des Provinces-Unies à Bruxelles, pour la démarcation des limites, le baron Vander Borght, haut drossart de la ville et baronnie de Breda, homme fort attaché aux intérêts de l'Empereur, à faire observer de près tous ces émigrans, les intrigues de leurs chefs, leurs démarches, les dispositions et de la Bépublique et du prince d'Orange à leur égard , et à l'informer successivement, lui ministre, de toutes les découvertes et de leurs résultats.

Le baron Vander Borght se prêta par zèle aux désir;? du comte de Traultmansdorff, mais sans qu'il parût; il demanda donc qu'on lui envoiàt à Breda, à l'effet que dessus, une personne sûre, intelligente et adroite, qu'il pût emploier, avec laquelle il pût s'entendre et se concerter en secret, et par le canal duqîiel pussent se faire, sous sa direction, toutes les recherches, l'espionnage, les rapports et leur envoi.

On jetia les yeux, à cet effet, sur un certain Podevin, qu'on relira de la ville d'Âth, où il professoit la poésie depuis plusieurs années, connu par son zèle et par sa capacité.

Le sujet prouva qu'il y étoit propre; il fut envolé à Breda, et adressé au baron Vander Borght, qui le plaça et pourvut à ses besoins et à toutes les dépenses quexigeoit sa commission.

Podevin , sous la vue du baron el de concert avec lui, se forma à Breda, sous le secret que la chose exigeoit , comme dans un centre, des moiens de relations sûres de toulce quisepassoit dans toute l'étendi'e de la Campinne hollandoise el brabançonne, et dans la Hollande même. Il avoit des espions dans tous les villages, el dans un médecin, à celui de Hatjen, un espion principal; tout parvenoit ainsi à sa connoissance, et il envoioit fréquemment ses rapports au ministre par des voies détournées, et souvent par des exprès, el surtout par un cavalier déguisé de la maréchaussée. Celle commission dura depuis le 2o septembre, et je

iroiivai Podeviiià Breda, lorsque j'y fus envoie le 10 décembre(l).

Lorsque je reçus ordre d'en revenir et de tue rendre à Trêves, M. Vander Horght nie pria de lui procurer du gouvernement la remise de la somme de 2,900 11. de Hollande, par lui déboursée pour l'exécution de cette commission dont Podevin avoil été chargé, et dont celui-ci lui donna reconnoissaiice, avant son départ pour se rendre à Trêves, et y porter les premiers rapports de M. de Biiol à la Haie.

Je joins ici l'état que le S' Podevin m'a remis de l'emploi de cette somme, qui, quont à la partie de détail de l'espionnage, ne se trouve pas vérifié, M. Vander Borght m'ayant assuré qu'à cause de la naiure de la chose même, on n'auroil pu induire ceux qui recevoieni ces paiements en détail, à en donner des quittances.

M. Vander Borght m'a prié de plus de témoigner qu'il désire (jue cette remise lui soit faite par lettre sur le comptoir de Molière el lils, à la Haie, et (|ue la chose soit faite de manière à en couvrir la cause, vu les disgrâces qu'il a déjà essuiées, pour avoir été suspecté d'avoir contrecarré les vues du prince d'Orange, et le nouveau sujet de soupçon qui naîtroit d'une lettre d'ici, pure et simple , su>- la Haie.

Il demande donc que cette lettre soit créée par M. le chancecelier de Crunipipen, à qui la somme seroit remise en sa faveur, ou par une lettre eiidossée par M. le chancelier à son ordre : ii dit que ce nroien couvriroit le tout, sur les ordres que lui, M. Vander Borght, a eus, de la part des étals généraux, de faire les paieiients et avances que M le chancelier lui demanderoit, lorsqu'il fut repris à Breda des mains des insurgens.

De Kulberg.

Trêves, le 1 1 léviier 1700.

( Original autographe, aux Archives liu royaume , collectioD de la .Secrétairerie <l'Éla(.)

(1) Le comte <le Traultmaiisdorff l'y avait chargé d'une mission auprès des membres du comité des états de Braltanl qui s'y réunissait.

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