‹ Analectes historiquesChapitre 8 sur 23 · L.a duchesse de Parme au Margrave · texte numérisé non relu

L.a duchesse de Parme au Margrave

Marguerite, par la grâce de Dieu, Duchesse de Parme, DE Plaisance, etc., Régente et Gouvernante.

Très-chier et bien-amé, l'on nous a icy envoyé le livret que vad joinct à ceste, que Ton maintient avoir esté imprimé en la

maison de Christoffle Plantin, inprimeur en la ville d'Anvers, encores qu'il n'y a mis son nom ny le lieu; el l'ayant faicl conférer avec aultres livres imprimez par ledict Plantin , le caractère se treuve semblable. Et pour austant qu'en ce il auroit faict contre les ordonnances et placcartz du Koi monseigneur, oultre ce que cellui qui nous a envoyé ledict livret, nous a joinclement donné advertissement que l'on aye grande soubçon que ledict Plantin et ceulx de sa Aimille soyent entachez des erreurs et nouvelles sectes, horsmis le correcteur et une servante, il nous a semblé vous debvoir envoyer ledict livret, afin que vous vous transportez en la maison dudict Plantin, pour luy faire recognoislre ledict caractère, et veoir si en sadicte maison vous pourrez encores recouvrer les exemplaires semblables à celluy que nous vous envoyons, lesquelz, comme l'on nous asseure, y esloient encores le xxnu"'^ de ce mois. Et, selon que vous treuverez les diligences faictes, vous ferez en son endroict, comme requièrent le debvoir de la justice et les placartz de Sa Majesté, nous advertissanl de ce que vous y ferez et y treuverez. A tant, etc. De Bruxelles, le dernier de febvrier 1561 (1).

Le margrave à la diichet^se de Parme.

Madamme, ayant receu la lettre de Vostre Altèze en date le dernier jour de febvrier, me suis incontinent transporté vers le logist et imprimerie deChristoffle Plantin, imprimeur en Anvers, lequel, passé environ cincq ou six sepmaines, est à Paris : ayant tant faict que d'avoir découvert, avecque bonne assistence du correcteur et ung liseur estant espaignol, ceulx qui ont imprimé, en la susdicte maison et des lettres dudict Plantin, le livret que Vostre Altèze m'at envoyé, intitulé : Briefve instruction , etc.; et ont imprimé cedict livret à leur propre despens et de leur pa-

(1) 1562, n. st.

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pier, sîins le sccii diidicl Planlin ne des aullresde la maison, et cela depuis huict ou neuf" jours en chà , assavoir : ung Jehan Darras, nal\f de Melz en Lorraine, lequel dict luy avoir esté envoyé l'exemplaire par ung sien oncle estant de la loy dudicl Metz, lequel il m'a délivré, et par ung Jehan <]abaros, natyf de Gascoingne, et ung lîertholomé Pointer, de Paris, lesqueiz m'ont déclaré en avoir impriajé la quantité de milles ou environ, et les avoir toulz envoyé vers ledict Melz, sans en avoir aiilcuns retenu. Et ayant en secret inlerrogué lesdicls correcteur et liseur, m'ont déclairé qu'ilz ne schèvent estre en ladicte maison ou boulicle aulcuns livres suspectz ou mauvais, sinon ledict exemplaire, lequel, ensemble celluy que Vostre Altèze m'a envoyé, je garde affin de mon ayder en droict; et ay pareillement mis en bonne et sceure garde lesdicts trois corapaignons, jusques aultre ordonnance.

Madamme, etc. D'Anvers, ce premier jour de mars 1561, slil (le Brabant.

De Vostre Altèze le bien très-humble serviteur et très-obéissant,

Jan de Ymmf.rseixe.

Le Margrave à la fluches^e de Parme.

Madamme, ensuivant l'ordonnance de Vostre Altèze, j'ay mis en bonne et seure garde les trois compaignons quy ont imprimé les livretz en la maison de Christofïïe Plantin, desquelz Vostre Altèze m'en al envoyé ung : donct depuis en ay bien recouvert mille des quinze cens ou environ quy sont estez imprimez, et la reste ont les susdictz envoyé partye à Metz et aultre partie à Paris (comme ilz disent), m'ayant déclairé n'en avoir distribué aulcuns aultres en ceste ville iiy ailleurs. Donct, pour cause de ladicte contravention, ay délibéré de procéder contre eulx selon le contenu de l'ordonnance de Sa Majesté dernièrement m'envoyé, et

prendre conclusion affin les faire condenipner au service des gallères. Oultre ce, me suis du correcteur el liseur de ladicte imprinierye enquesté sur la conduicte de b famille dudicl Plantin, et s'ilz n'y ont veu ou scou aultres mauvais livres ou impressions. Sur quoy m'ont dict et déclairé aultre chose n'avoir veu sinon que ledict livret, et depuis sont party, comme j'entens, hors cesle ville : car, les ayant faict chercher, ne les ay sceu recouvrier.

D'Anvers, ce vi'"* de mars 1561 avant Pasques.

De Vostre Altèze très-humble et trèsobéissant serviteur,

Jan de Ymmerseli.e.

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