VIII (3 DOV
Guillaume d'Auxerre fut un des députés que l'Université envoya à Rome en 1229. L'Université célébrait pour lui un anniversaire aux Mathurins, appelés ailleurs Trinitaires. Crevier , 1 , 345; VI , 288.
Dans l'impossibilité d'étendre ces notes au delà des limites que nous impose la destination de ce recueil , nous renvoyons encore une lois le lecteur curieux de détails aux ouvrages déjà cités, aux descriptions d<? Paris, entre autres, à celle de Poncelin. On trouve aussi dans Monte il [Hist. des Français des divers étais) des particularités instructives.
IX (8 déc.)
Feslum Normanorum. La fête de la Conception de Notre Dame fut célébrée dès le XIIe siècle avec une si grande pompe en Angleterre et en Normandie qu'on l'appela par spécialité la Fête aux Normands. C'est à S. Anselme, archevêque de Cantorbéry, qu'on accorde le plus généralement l'honneur d'avoir établi cette fête. L'opuscule qui lui est attribué : Miraculum de Conceptione Sanctœ Marias a inspiré plusieurs auteurs et particulièrement Robert Wace, qui s'est servi de plus pour son poeme intitulé : Conception Nostre Dame, des évangiles apocryphes, et d'autres anciennes légendes. V. l'édit. donnée en 1842 à Caen par MM. Mancel et Trébutien , et sur les Puys ou Palinods de Caen et de Rouen , en l'honneur de la Conception de la Vierge , l'abbé • de la Rue et Ballin , qui rectifient les détails contenus dans Butler, enfin la notice de M. Silvestre dans Y Ange Gardien (1853 , p. 72).
M. Vallet de Viriville, en décrivant le sceau de la nation de Normandie, p. 132, dit qu'il représente une scène fort
curieuse où des nochers, pour conjurer l'effort du diable, personnification de la tempête, adressent leurs prières à l'Etoile de la mer. Le sceau nous parait représenter assez distinctement un moine tonsuré , et tout nous autorise à y voir Helsin de Ramsay. Envoyé en ambassade par Guillaume-Ie-Gonquérant auprès des Danois , il fut assailli à son retour en Angleterre par une violente tempête, pendant laquelle il fut averti miraculeusement de célébrer la fête de la Conception. Voir le travail cité sur Robert Wace.
On peut lire dans les historiens de l'Université de Paris combien y fut toujours en honneur la croyance à l'insigne prérogative de la mère de Dieu , dont l'Eglise vient de faire un dogme. E.
DOCUMENTS RELATIFS A LA VIE ET AUX ÉCRITS DU PROFESSEUR EN DROIT GUDELINUS*
Au milieu des bouleversements qui ont marqué la fin du dix-huitième siècle et les premières années du dix-neuvième , les jurisconsultes de Louvain ont subi le sort de la plupart des célébrités de l'ancienne Belgique ; leurs ouvrages ont été abandonnés dans les bibliothèques, et c'est à peine si quelques érudits connaissent leurs noms.
Ce dédain n'est rien moins que mérité.
Les vastes travaux des professeurs de Louvain sur le droit féodal resteront des monuments que les historiens du droit, de la politique et des mœurs, devront toujours consulter sous peine de ne recueillir que des notions incomplètes et confuses sur les institutions du moyen -âge et des temps modernes antérieures à la révolution de 1789. Nous en dirons autant de leurs belles études sur le droit ecclésiastique.
Pour le droit romain, la question se présente, à la vérité, sous une autre face. Depuis le jour où ils écrivirent leurs ouvrages, la science a fait des progrès considérables; mais cette remarque s'applique à tous les commentaires des Institutes, du Digeste et 'du Code qu'on a publiés pendant les trois derniers siècles, et
il ne s'ensuit pas qu'il n'y ait plus rien à apprendre dans les livres des anciens jurisconsultes.
Les professeurs de Louvain, il faut le dire à leur gloire, se sont constamment tenus à la hauteur des progrès scientifiques de leur siècle. A un jugement sûr, à une érudition solide et variée, ils joignaient une connaissance approfondie des textes; et, tout en expliquant les lois romaines ou les canons de l'Église, ils faisaient, sur le terrain des coutumes du pays et des contrées voisines , des excursions fréquentes où il est on ne peut plus utile de les suivre. C'est une mine que les historiens du droit moderne n'ont pas assez explorée. La littérature elle-même y est intéressée; car les jurisconsultes de Louvain se faisaient gloire de cultiver les lettres grecques et latines : on en trouve des traces irrécusables à toutes les pages de leurs livres.
Nous nous proposons de publier successivement dans les Analcctes plusieurs documents qui se rapportent à cette intéressante partie de l'histoire littéraire du pays. Nous commençons par le professeur Gudelinus auquel on doit les ouvrages suivants :
i. Cl. V* Pétri Gudclini, antece&soris académies Lovaniensis, Commentariorum de jure novissimo libri sex, optimâ methodo, accuratè ac erudxtè conscripti, additis harum vicinarumque regionum moribus , opus ut diu avideque expetilwn , ita scolis foroque utilissimum. Editio altéra , emendatîor, indicibus et summariis auctior. Antverpiae, Hier. Verdussen, 1644, in-f.
On trouve en tête de celte édition un magnifique portrait de l'auteur gravé sur acier.
2. Pctri Gudelini , J. U. D. et antecessoris in academia Lovante nsi syntagma regularum juris utriusque nova methodo et congruo ordine digestum : adjectis passïm harum vicinarumquc regionum moribus. Opus ut diu desideratum, ita nunc demum in luccm productum, illustratumque indicibus et summariis. Antverpiae, Hier. Verdussen, 1646, in-f».
Ces deux ouvrages ont été publiés après la mort de l'auteur par ses deux fils Philippe et Pierre Paul.
3. Commentarius de jure feudorum, in -4°. Lovanii, typis Hastenii, 1624.Jac. Zegeri, 1641.
Valère André rapporte que l'auteur laissa en manuscrit plusieurs discours et des leçons sur les titres suivants du digeste : De Hœredit. pctitione, de Rei vindicat., de Usufructu, de Scrvitutibus , de Testam. — Nous avons vainement cherché ces ouvrages. Peut-être n' ontils jamais été publiés.
Les restes mortels du jurisconsulte furent déposés à l'église des Carmes déchaussés de Louvain. La tombe portait l'inscription suivante :