‹ Analectes pour servir à l'histoire de l'Université de Louvain (volume 2)Chapitre 4 sur 59 · IH · texte numérisé non relu

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rions essayer, puisque le personnage intéressé ne s'est ouvert qu'à demi , sur ce sujet, dans sa correspondance . Il est à présumer que le tort dont il fat victime ne vînt pas précisément d'an manque de foi du roi Jean III , mais seulement de cette incurie, de cet oubli des absents, de eette pénurie fainéante et dépensière qui , de temps immémorial, dans les gouvernements delà Péninsule (I) font évanouir tontes les recettes en prodigalités frivoles et tontes les dettes en nuageuses banqueroutes. Ce fut alors que Nicolas Gleynaerts manifesta la hauteur d'Ame et le ferme caractère qu'il avait reçus du ciel. Nulles plaintes, nulles faiblesses ne vinrent dégrader son infortune. Retenu au fond de l'Espagne, à plus de quatre cents lieues de ches lui, sans argent, après vingtneuf ans d'honorables travaux , à près de 50 ans d'âge, il détourna courageusement ses yeux d'une patrie qu'il ne pouvait plus noblement revoir, et tourna de nouveau toutes ses vues du côté de l'Afrique, se bornant à écrire une très «belle lettre à l'empereur Charles-Quint (2),

(i) Son* le titre de Relation d'un vojagour chrétien sur la villa de Fex et ses école* dan» la premier» moitié du XVI siècle , H. F. Ifeve a publié* dans le Messager des sciences historiques de Belgique de i845, (p. 35a- 36^) toe* ce que lea lettres de Cleynaeris contiennes* de par*. ticularités sur l'état politique et littéraire du. Maroc à la date de son vojage. 8ans avoir connaissance du travail du marquis de Boure . U. Ifeve a reproduit plusieurs passages qui s'y trouvent cités et entre autres use partie de la lettre à Latoeaus. U. le Baron de Saint Génois, dans les Voyageurs Belges ne partie i8%6 (Bibl. nationale* publiée par Jaaaar ), a réimprimé dénombrent fragments de l'article inséré par H. Hève dans le Messager.

(a) Grenade , 10 janvier i54>*

où il loi racontait ses desseins, ses actions et ses malheurs, dans la seule vue d'en être autorisé à retirer des livres arabes des mains de l'inquisition. Du reste, il renoua fort dextrement ses relations avec le roi de Fez par le moyen du fidèle Guillaume , qu'il dépêcha d'avance sur les lieux, et, après avoir fait argent de tout ce qui lui restait , il se disposa tout de plus belle à retourner à Fez , pour se livrer cette fois, sans réserve, à son projet de controverse en arabe, dans le but de convertir les musulmans , grands controversistes de leur nature. « Ne » me détournez pas de mon idée, écrivait-il à son ami » Jean Petit, en lui faisant ses adieux (i). Priez seule- » ment Dieu pour moi , révérendissime Seigneur... Vo- » tre raisonnement, que ces gens-là no méritent pas » d'être réfutés , parce qu'ils ne sont touchés ni de la » raison, ni des miracles , ne vaut rien, croyez-moi ... : » ne voyez-vous pas que, s'il était bon, il aurait pu 9 arrêter aussi les apôtres et empêcher la prédication » de l'Évangile chez les gentils?... Recommandez-moi » seulement à Dieu , vous dis -je !... Quant à l'argent , il » ne m'inquiète guère , je ne suis triste de ma déconve- » nue portugaise que parce qu'elle m'empêche de revoir » ma patrie. . . ; mais , si j'obtiens des succès dans ce que » je vais commencer, je serai consolé.»

Ce furent là les derniers accents de Gleynaerts dans ce bas-monde, lieu de misères et de mécomptes perpétuels

(i) Grenide , calendes de septembre , i54a*

pour les génies candides tel que lui. La mort le vint surprendre sur ces entrefaites, et mettant ainsi on ternie prompt à ses souffrances, lai en sauva probablement de pins cruelles. Telle fol la destinée d'un savant autrefois célèbre , aujourd'hui trop oublié ; s'il Test moins désormais, ce ne sera qu'une justice à laquelle il noos sera dons d'avoir concouru.

TABLE

Adresse de V Université catholique de Immm à S.M.leRoide* BelgmLéopoldl.àToctashmde la majorité de S. A. R. Mgr. le DuedeBrabant. 5

Discours adressé au Roi par le chan. de Ram, recteur de V Université, lors du retour de Sa Majesté de son voyage en Allemagne (Sjuin 1 853). 7

Discours adressé au Roi par M. le chanoine de Ram, recteur de V Université, à V occasion de F en trée en Belgique de S. A. i. et R. Madame la Dmchesse de Brahant &Q août Î93S5). 9

De Ruardi Tapperi vita et scriptis orcUio, quant die 26 mensisjulii 1853 habuUPhUibertus Fan den Broeck, S. T. doctor et professor, quum more majorum ad gradum doetoris ss. canonum promoveretur vir erudUissimus Antonius Reuser, Dusseldorpiensis, près, archidioscesis CoUmiensis. 12

Annotatio. 25

Notice sur le R. P. Thomas Du Jardin, Dominicain, Docteur en Théologie de V Université de Louvain, par le père Moulaert, prieur du couvent des Dominicains à Tirlemont. 50

Diseoun de M. le chanoine de Ram, recteur de l'Université catholique de Louvain, prononcé à Isque le 28/uin 1853, à V occasion de l'inauguration du monument consacré à la mémoire de Juste Lipse. 62

Rapport sur un mémoire envoyé au concours de la classe des lettres de V académie royale de Belgique , en réponse à la question suivante : un mémoire sur la vie et les travaux d Erasme , dans leurs rapports avec la Belgique. 69

Notice analytique des lettres de Nicolas Cleynaerts; supplément à sa biographie. 80

ÂNÂLEGTES

poorn SEKvn a

PUBLIÉS PAB

P. F. X. DE RAM

LOUVAIN , CHEZ VANLINTHOUT ET Cie,

IMPRIIIEOBS-LIMUIRES DK l/UMVERSITf.

LE GRAND PRIX DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES DE FRANCE REMPORTÉ PAR M. LE PROF. VAN BENEDEN.

La journée du vendredi, 3 février 1854, est venue reproduire pour la ville de Louvain Tune de ces fêtes universitaires qui faisaient autrefois son orgueil et auxquelles tous ses habitants prenaient à l'envi une part si vive et si sympathique.

Il s'agissait, ce jour-là, d'un triomphe plus grand, plus magnifique encore que celui des prttHU* de l'ancienne Université.

M. le professeur Van Beneden revenait de Paris où il était allé recevoir le grand prix des sciences physiques qui lui avait été décerné, à l'unanimité, par le premier corps scientifique de l'Europe.

Cette brillante distinction, on le sait, ne peut s'obtenir que grâce à un mérite aussi éminent qu'incontestable. Ce sont les savants du monde entier qui sont appelés à la disputer, et pendant quatre années consécutives nul travail n'en avait été jugé digne.

A peine la nouvelle du glorieux succès de M. Van Beneden fut-elle apportée à Louvain qu'un applaudissement universel éclata, et que tous unanimement, Corps académique, Étudiants, Bourgeois, s'occupèrent

à organiser, en l'honneur du Lauréat de l'Académie des Sciences de France, une réception digne décelai dont l'œuvre honore k la fois sa patrie , ses concitoyens et l'établissement dont il est membre.

La manifestation publique qui eut lieu ne demeura pas en-dessous du sentiment qui l'avait inspirée; elle prouva que chacun comprenait la haute valeur de la palme que venait de conquérir le savant professeur de l'Université catholique.

Réunis aux Halles dès dix heures du matin, MM. les Étudiants se formèrent en cortège pour aller recevoir et complimenter à son arrivée M. Van Beneden.

Au nombre de plus de quatre cents , portant à la boutonnière une cocarde aux couleurs de leur Faculté respective, ils traversèrent la ville précédés de la musique de l'Académie et accompagnés d'une foule immense.

La vaste enceinte de la Station ne tarda pas à se remplir de milliers de spectateurs ; toutes les classes de la population Louvaniste s'étaient empressées à venir prendre part à une fête qui leur rappelait, à tant d'égards, les vieilles et chères traditions de leur cité.

Il serait difficile de donner une idée des cris d'enthousiasme qui se firent entendre, des bruyantes manifestations qui éclatèrent quand M. Van Beneden descendit du convoi qui l'avait amené de Malines. En un instant il fut entouré de toutes parts et félicité en même temps par toute cette ardente jeunesse universitaire , si sympathique à ce qui est beau, à ce qui est noble

et grand dans les travaux el dans les succès de ses maîtres.

Le silence ayant bientôt été réclamé et obtenu, M. Guibert adressa à M. Van Beneden, au nom de la généralité des élèves, le discours suivant :

Monsieur,

a L'Académie des Sciences de Paris, que Ton peut à juste titre déclarer la première Société scientifique du monde, vient de vous décerner le grand prix des sciences physiques pour vos brillants travaux d'anatomie et de physiologie el vos importantes découvertes dans chacune de ces branches.

» Un succès si éclatant a rempli de joie le cœur de tous les Étudiants de l'Université catholique.

» Tous, à quelque Faculté qu'ils appartinssent, ont désiré vous offrir un témoignage public de leur admiration et de leur vive sympathie ; ils ont voulu être les premiers dans la ville de Louvain à vous adresser leurs respectueuses félicitations , parce que c'est à la jeune intelligence qu'il appartient en premier lieu d'honorer et de saluer avec enthousiasme l'intelligence forte et puissante que les grands maîtres de la science ont couronnée.

» Puissent ces quelques paroles prononcées au nom de tous mes condisciples et dictées par un élan spontané vous être une douce récompense des efforts incessants que vous avez dû faire pour assurer à vos ira-

vaux cette valeur scientifique qui a porté si haut votre nom!»

A M. Guibert succéda M. Piret, organe des élèves de la Faculté à laquelle appartient M. Van Beneden; il s'exprima en ces termes :

Monsieur le professeur,

« Les Étudiants de la Faculté des Sciences viennent vous dire combien ils sont heureux et fiers de l'éclatant hommage que l'Académie de France a rendu à vos féconds travaux.

» Depuis longtemps la Belgique, appréciant vos importantes découvertes dans le domaine des sciences naturelles, vous a placé au premier rang des observateurs formés dans son sein; aujourd'hui c'est l'étranger qui acclame votre nom dans cette même enceinte où jadis il couvrait de ses applaudissements la voix de Buffon et de Cuvier.

» Ce nouveau triomphe, Monsieur le professeur, met le sceau à votre réputation, et c'est avec un légitime orgueil que l'Université catholique s'applaudit et s'honore de vous compter parmi ses membres. A nous, ses élèves, de proclamer comment l'illustre savant sait se mettre à la portée de nos jeunes intelligences, nous initier aux profonds mystères de la science et nous entourer d'une bonté et d'un dévouement qui lui ont gagné nos cœurs. A nous surtout de joindre nos témoignages de respect et d'affection aux applaudissements universels qui saluent son retour.

9 Daigne la Providence tous conserver longtemps encore à vos élèves, à l'Université et à la patrie ! »

Après ces deux discours qu'il écoula avec la plus vive et la plus visible émotion, M. Van Beneden fut conduit a une magnifique calèche, attelée de quatre chevaux, que M. Marnef, avec la bienveillance et la courtoisie qu'on lui connaît, avait, sur la prière des Étudiants, envoyée à la Station pour ramener en Tille T honorable professeur.

A travers les rues de Louvain et jusqu'à sa demeure ce fut pour M. Van Beneden une véritable marche triomphale. La foule s'était accrue; les acclamations étaient devenues plus énergiques et plus nombreuses; aussi croyons -nous avoir vu des larmes de bonheur couler des yeux de celui qui, pour tous ceux qui le connaissent , a le cœur aussi sensible et aussi bon qu'il a l'intelligence élevée.

M. Van Beneden était à peine descendu chez lui que M. le Recteur de l'Université , accompagné du Conseil Rectoral et de tous les membres de la Faculté des Sciences, venait, à son tour, exprimer ses sentiments de gratitude et d'affection à celui dont le triomphe ajoutait un si grand lustre à la renommée déjà si brillante de l'Université catholique, et Nous nous empressons, a » dit M. le Recteur, de venir vous offrir, ao nom de tous » vos Collègues, les félicitations les plus cordiales.

v Le prix qui vous a été décerné n'est pas une de ces » distinctions ordinaires qui s'accordent quelquefois par

» des considérations étrangères au mérite réel d'un trait va il scientifique.

% Le premier corps savant du monde, une assemblée d qui se distingue par l'impartialité et par la sévérité de » ses jugements, vous a donné la preuve la plusécla- » tante de la haute estime que méritent vos travaux zoo- » logiques.

» Il nous est plus que doux d'entendre proclamer par » l'Académie des Sciences de Paris que vous avez abordé, » dans votre ouvrage couronné, toutes les questions et » que vous n'avez reculé devant aucune difficulté'; que , j>pdur résoudre ces questions , vous avez apporté une » multitude de faits nouveaux et importants, et une » théorie qui les embrasse tous en les reliant à d'autres » phénomènes qu'on croyait en être fort éloignés.

» Celle illustre Académie vous a décerné, à l'unani- » mile, le grand prix des sciences physiques et a décidé » de faire imprimer à ses frais ce qu'elle nomme votre » beau travail.

» Ce résultat vous honore; il honore et glorifie I'Uni- » versité catholique; il prouve que cette Université ne » recule point devant les véritables progrès de la science » et que ses professeurs sont à la hauteur de leur mis- » sion.

» En présence de ce résultat, l'Université catholique » peut dire ce que disait à ses détracteurs un illustre sa* » van l du 16e siècle : et cependant nous marchons.

» Encore une fois nous vous adressons nos félicita-

» lions et nous ajoutons que nous sommes heureux et » fiers de vos succès.

» Je ne puis me dispenser de vous dire en outre, en » mon nom particulier, que comme chef de l'Université » J'applaudis avec un légitime orgueil à votre triomphe. » Dans ma longue carrière académique, il ne s'est pré- » sente peut-être aucun événement encore qui m'ait » donné une plus vive et plus grande satisfaction. — »

La fête dont nous venons de donner les détails se termina comme elle avait commencé, c'est-à-dire que chacun rivalisa de zèle pour montrer toujours de plus en plus son vif intérêt à celui qui en était l'objet.

BREF DE SA SAINTETÉ PIE IX A M. LE CHANOINE DE RAM, RECTEUR DE L'UNIVERSITÉ CATHOLI- QUE DE LOUVAIN (1).

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