‹ Analectes pour servir à l'histoire de l'Université de Louvain (volume 2)Chapitre 40 sur 59 · LEFEBVRE · texte numérisé non relu

LEFEBVRE

On a longtemps reproché à la Belgique son indifférence pour les hommes qui ont illustré son passé. Les dures conditions que la politique avait faites à nos pères expliquent assez cette apparente ingratitude : ils étaient étrangers chez eux et l'on ne songe guère à recueillir les portraits de ses ancêtres quand on n'a pas de foyer pour les abriter. Grâces au ciel, des jours meilleurs se sont levés pour nous et l'on ne nous accusera plus d'indifférence envers les Belges qui ont honoré leur pays. Partout on fouille les archives d'autrefois, on déchiffre les antiques manuscrits et l'on fait reparaître sur la scène les ouvrages de nos anciens littérateurs et de nos vieux savants qui ne demandaient que le grand jour pour être mieux appréciés; pareils à ces toiles oubliées au fond de quelque garde-meuble et qui débarrassées de la poussière qui les couvre nous révèlent des chefs-d'œuvre de nos grands peintres.

Tout le monde connaît ces patients restaurateurs de nos gloires nationales, et l'inventaire des noms

qu'ils ont réhabilités est déjà considérable. La médecine a fourni son contingent à la liste de ces morts illustres : Vesale, Van Helmont, les Bogaerts, Dodoneus, Triverius, Pemplius, Verheyen, Rega, Devillers,Favelet(4).

Mais, sans sortir de l'ancienne Université de Louvain , que de noms encore qui feraient honneur à la Belgique s'ils étaient mieux connus! Ce serait un travail curieux que de passer en revue la vie et les écrits des professeurs de l'ancienne faculté de médecine. Au point de vue de la doctrine, ce serait le tableau de la marche des sciences naturelles dans notre pays pendant près de quatre siècles, car, pendant cette longue période, Louvain fut le point de branle de tout le mouvement scientifique de la Belgn que. Au point de vue historique, ce serait un récit des mœurs et des coutumes des médecins, nos prédécesseurs, qui ne manquerait pas d'une certaine originalité.

Pour ne citer que les personnages les moins con-1 nus , ceux qui n'ont pas encore obtenu les honneurs d'une biographie, on ferait passer successivement sous les yeux du lecteur :

Jean de Neele, que sa grande réputation fit appeller de Bréda pour enseigner la médecine dès l'origine de l'Université, ainsi que l'atteste un vieux eompte de la ville que nous avons sous les yeux : Ce 20 août 1496

(I) Voir les Analectes des années précédentes et les écrits de M. Broeckx , Van M eerbeeck, Bai-grave f etc

il a été payé à Guillaume de Haan, hôtelier de l'homme sauvage , 92 plaquettes pour les dépenses faites par le sieur de Neele dans cette auberge , depuis qu'il a été appelé pour donner des leçons de médecine.

Jean De Wesale, l'illustre bisaïeul d'un petit-fils plus illustre encore, médecin de Marie de Bourgogne dont il abandonna la cour pour les honneurs du professorat et qui, près d'un siècle et demi avant la réforme Grégorienne , écrivait une longue dissertation au Pape Eugène IV pour demander la rectification du calendrier.

Stockelpot, le premier docteur de TUniversité, le fils premier né de cette mère féconde qui devait lui donner tant de glorieux frères , Stockelpot qui chargé d'honneurs et d'années se retire au presbytère de St.-Jacques, dont il est nommé curé.

Seal ter, docteur de Paris, que l'université française envoie à Louvain comme un gage d'amitié et en échange des Belges célèbres qu'elle avait si souvent accueillis dans son sein.

Spierinck qui passe sa vie à créer une pharmacopée indigène pour exempter notre pays d'un tribut étranger souvent sophistiqué, Spierinck, médecin de Philippe» duc de Bourgogne, médecin et ami d'Adrien VI qu'il sauve d'un empoisonnement avant son élévation au siège apostolique.

Adam Bogaert, l'un des membres de cette famille d'Asclépiades belges qui se transmettaient le bonnet de docteur comme une sorte de droit d'à inesse,

Bogaert qui se fait la réputation d'un des plus brillants médecins du XVe siècle, et qui à l'âge de 40 ans échange la toge contre la bure et va cacher ses honneurs dans l'humilité d'une cellule de capucin.

Le patricien Van Hectvelde, allié aux familles d'Assche et de Grimberghe, qui simplifie la médecine formaliste du moyen-âge, veut qu'on observe les malades, leur tempérament, leurs habitudes et qu'on puise les indications dans ces renseignements cliniques plutôt que dans les formules Arabiques.

Et ce célèbre Frison, Renier Gemma, l'ami de Charles-Quint qui tenta vainement de l'attirer à sa cour; médecin, mathématicien, astronome, auteur d'un traité de mathématiques réimprimé dans toutes les grandes villes de l'Europe, auteur de la meilleure mappemonde de son temps qu'il dédia à son royal protecteur , lequel se plut à corriger avec le médecin de Louvain les fautes qui lui étaient échappées.

Et Corneille Gemma, qui à l'exemple de son père exerce le glorieux cumul de la médecine , de l'astronomie et des mathématiques, interprète les textes grecs d'Hippocrate, d'Aristote et de Platon, décrit la fameuse comète de 1577 et meurt à 44 ans, considéré comme l'un des plus savants hommes de son siècle en nous laissant, comme une sorte de testament scientifique, une remarquable description de la grande peste de 1578 dont il fut une des victimes.

Nicolas Biesius que l'inquiète curiosité de savoir pousse successivement en Espagne, où il étudie la philosophie et l'éloquence et en Italie, où il reçoit le

bonnet de docteur, poëte, orateur et enfin médecin de l'empereur Maximilien II.

Le chevalier d'Ayala dont la verve espagnole se révèle dans divers poèmes médicaux.

Smenga , qui d'abord régent du collège des trois langues enseigne pendant huit ans la langue hébraïque avant de prendre possession d'une chaire de médecine.

Castellan, d'abord professeur de grec à Orléans, puis à Louvain et enfin professeur de médecine dans la même ville; littérateur distingué, jurisconsulte éminent, orateur enfin d'un mérite reconnu puisqu'il lui valut l'honneur de prononcer une oraison funèbre en l'honneur de l'archiduc Albert.

Enfin ce Sturmius , génie universel , qui successivement professeur de philosophie et de mathématiques, ne cesse de cultiver les muses, devient, à la mort de sa femme, chanoine de Cambrai, puis enfin à l'âge de 75 ans professeur de médecine qu'il enseigne pendant seize ans sans rien perdre de la vigueur juvénile de son talent; Sturmius dont les ouvrages, d'ailleurs remarquables, révèlent si bien les diverses faces de son génie par la curieuse mosaïque de leurs titres : Commentaire sur la rose de Jéricho — Pseautier de la Ste.-Vierge mis en vers latins — Traité de la quadrature approximative du cercle, etc.

Et tant d'autres et surtout les deux grandes figures qui ont illustré la dernière période de l'Université, Verheyen et Rega que je ne cite pas, précisément parce qu'ils sont trop connus.

Rassemblons ces traits épars pour esquisser la physionomie de l'ancienne faculté de médecine : les hommes appelés aux hautes fonctions de l'enseignement se sont préparés par des études prolongées et souvent par une pratique de plusieurs années; la plupart n'abordent la chaire qu'après avoir visité les écoles les plus célèbres de l'Europe et s'être mis en relation avec les grands maîtres de leur temps. Tous sont instruits; la plupart sont versés dans les littératures anciennes : ils commentent les textes grecs et écrivent le latin avec une merveilleuse facilité; quelques-uns réunissent à la science Hippocratique la poésie, les mathématiques, l'astronomie. Fils dévoués de l'Université, nulle séduction ne peut les arracher à cette mère vénérée, Aima Mater; les uns refusent les chaires dorées dePadoueou d'Oxfort, les autres n'acceptent le titre de médecin' des ducs ou des empereurs qu'à condition de rester à Louvain. Les traditions académiques nous les représentent comme des hommes graves , de mœurs austères et presque toujours d'une piété singulière : aussi nous en voyons souvent passer d'un siège de chanoine à une chaire de médecine ou d'un amphithéâtre à un cloître; les autres facultés nous offrent le même phénomène; soldats de la même cause, les professeurs de Y Aima Mater changent quelquefois de couleur et passent d'un corps à un autre, mais- sans déserter jamais leur commun drapeau. Du reste ils ont pour la jeunesse qui les entoure le plus affectueux dévouement; après avoir consacré leur vie et leur savoir

aux générations contemporaines, leur sollicitude s'étend aux élèves qui viendront après leurs élèves : la plupart des fondations de l'ancienne Université sont dues à des professeurs ou à leur famille. Pour ne citer qu'un seul fait, je ne connais rien de plus touchant que le testament de ce Jean De Winckele qui , laissant ses biens à son fils et à sa fille, stipule cette condition expresse que , s'ils viennent à mourir sans postérité, leur fortune, y compris la maison qu'ils habitent , sera consacrée à une fondation en faveur des étudiants pauvres.

Arrêtons-nous un instant sur l'un de ces personnages de l'ancienne faculté qui , sans parvenir au premier rang, a brillé par sa science et sa vertu et qu'on pourrait caractériser avec Cicéron : vir probus dicendi périt us.

Je veux parler de Jean Walter Viringen , professeur primaire de médecine à l'Université de Louvain dans la dernière moitié du seizième siècle. A l'exemple de la plupart de ses contemporains, il avait adapté la terminologie latine à son nom Brabançon ; la postérité a respecté cet innocent travestissement et il est connu dans les souvenirs académiques sous le nom de Viringus.

Il naquit à Louvain en 1539 de Jean Viringen, chirurgien en cette ville. Il y étudia le grec et le latin et y prit ses licences en médecine en 1561. Pourvu

de ce titre, il alla s'établir à Teveret en Mande, et son mérite lui valut bientôt le titre de médecin pensionnaire de cette ville. Vers 1570 nous le retrouvons dans sa ville natale. Quel motif l'avait ramené aux lares paternels? Peut-être le mal du pays , peut-être quelque message de l'Aima Mater, toujours attentive à rassembler autour d'elle les jeunes intelligences dont elle pressentait la valeur.

Il faut bien admettre, quoique l'histoire qui ne se mêlait guère des destinées de Viringus à cette époque ne nous en rapporte rien, il faut bien admettre que le jeune licencié avait mis à profit ses neuf années de pratique médicale , car le 3 octobre 1571 il fut proclamé docteur avec la pompe accoutumée. Deux étrangers furent admis aux honneurs du doctorat le même jour que Viringus :. un Espagnol dont le nom n'est point parvenu jusqu'à nous et Robert De Farvacques, de Lille, qui serait aussi bien oublié que l'Espagnol r n'était qu'on a retrouvé dans la bibliothèque de Padoue un in-quarto de sa façon où il discute si les pilules stomachiques doivent être prises avant ou après les repas. Quoiqu'il en soit, Viringus était le cinquante-neuvième docteur de la faculté de médecine. A ceux qui s'étonneraient que l'Université, qui comptait près d'un siècle et demi d'existence, n'eût créé qu'un si petit nombre de docteurs, il suffira de rappeler que la plupart des médecins se contentaient du grade de licencié et que la faculté , jalouse du titre suprême, ne l'accordait qu'à quelques hommes d'élite après des épreuves sévères et avec

des rites solennels dont elle ne pouvait se départir. L'Université, en effet, tenait tellement à ces traditions qu'en 1603 la faculté de médecine ayant admis au doctorat le sieur Jean Francq d'Esel , chanoine de -Cambrai, en l'absence du chancelier et sans le cérémonial accoutumé, l'Université déclara qu'elle ne tolérerait plus ces promotions clandestines. En outre elle porta un décret par lequel elle déclara de telles promotions nulles et de nul effet et commina une amende de trois cents florins à la charge de la faculté qui se permettrait cet abus. Je présume même que l'innocent intrus de Cambrai fut victime d'un effet rétroactif, car je ne trouveras son nom sur la liste des docteurs créés à l'ancienne Université.

A peine honoré du doctorat, Viringus fut nommé professeur primaire de médecine, en remplacement de Guillaume Bernaerts que les étudiants de l'époque avaient surnommé Caton à cause de sa gravité. Viringus professa avec beaucoup d'éclat : les traditions académiques nous le représentent comme un homme éminent par sa piété , par sa science et par son éloquence. Deux de ses illustres compatriotes rendent témoignage de ces qualités : Juste-Lipse dans une pièce de vers placée en tête des ouvrages de Viringus et Molanus dans l'épître dédicatoire d'un ouvrage qu'il publia sous ses auspices : «Votre piété, dit-il » » désirait depuis longtemps que j'écrivisse un an- » nuaire des saints qui ont cultivé la médecine. Je » me reprocherais mon ingratitude si je refusais » d'accéder au désir de celui qui a été à la fois mon

» ami d'enfance et mon médecin, et qui a si sou- » vent prêté à ma frêle santé ses soins de frère...» Du reste, dans la préface du même ouvrage, l'éditeur de Molanus nous rapporte une circonstance qui prouve que le savant hagiographe savait distinguer les visites de l'ami de celles du médecin : quant à la libéralité de Molanus, dit-il en s'adressant à Viringus, vous en êtes vous-même, illustre professeur, un exemple vivant; il vous souvient en effet que plus d'une fois l'excellent homme fit déposer chez vous à votre insu , comme prix d'une visite que vous n'auriez pas voulu recevoir , la somme de douze florins d'or et qu'il voulut dans sa dernière maladie que ces honoraires fussent doublés.

Viringen n'occupait sa chaire que depuis sept ans lorsqu'un grand désastre, frappant à la fois et sa famille et l'Université, amena un changement dans sa position. On sait que de 1574 à 1580 régna dans nos provinces une peste effroyable, qui dans la seule ville de Louvain emporta en 1778 près de cinquante mille habitants, ainsi que l'attestent divers historiens et comme le témoigne d'ailleurs une inscription tumulaire recueillie à l'église des Carmes où elle existait encore en 1758 : « Vîator! or a pro quinquaginta millibus fidelium quorum maxima pars, peste extincta, hic in pulvere dormit. » Or l'épidémie ravit à Viringus sa femme , Dame Marie Huysbrecht , qu'il avait épousée quelques dix ans auparavant. En outre elle avait frappé cruellement l'Université : les facultés de théologie , des arts et de droit avaient été déci-

mées, et, chose singulière, tous les professeurs de médecine, à l'exception de Viringus, étaient tombés victimes de ce fléau.

En effet (1) il avait enlevé l'illustre Corneille Gemma collègue de Viringus et comme lui professeur primaire, puis Yarentius et Thibaut, tous deux professeurs ordinaires et chanoines de deuxième fondation et enfin Brugelius qui avait été nommé professeur extraordinaire par Philippe II.

Resté seul debout au milieu de tant de ruines, Viringus tourna vers Dieu son âme naturellement religieuse : il résolut de lui consacrer cette vie qu'il lui avait conservée comme par miracle et la même année il reçut les ordres. Du reste, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, ce fait n'était pas inusité et Ton ne serait pas embarrassé pour trouver parmi les collègues de Viringus plus de vingt professeurs qui lui ont servi de modèle ou qui ont suivi son exemple. Devenu prêtre, Viringus ne songea pas à se dérober

(4) La faculté de médecine se composait à cette époque (IB78) :

4* De deux professeurs primaires — primarii — nommés par les magistrats de Louvain et qui à la fondation de l'Université constituaient toute la faculté.

S* De deux professeurs, prêtres ou célibataires, qui jouissaient chacun d'un canonicat de St. -Pierre créé à cet effet en 4643 par le Pape Eugène IV. On les appelait professeurs ordinaires de deuxième fondation: professores ordinarii canonici secundae fundationis.

S* Quelquefois d'un professeur extraordinaire nommé soit par les magistrats de Louvain soit par le souverain.

à ses devoirs de père de famille et aux exigences de renseignement. Sa famille en effet réclamait encore sa présence ; l'aîné de ses fils n'avait que neuf ans et le plus jeune n'en avait probablement pas deux. D'autre part l'Université aurait beaucoup souffert de son départ. Dernier survivant de la faculté de médecine, il restait seul chargé d'en perpétuer les traditions parmi les jeunes professeurs auxquels la peste venait de faire si brusquement place. La crise , déjà grave par le renouvellement forcé de toute la faculté, empruntait un caractère plus fâcheux à un conflit qui surgit au milieu de tous ces embarras et dont je dois faire l'historique en peu de mots : à la mort de Gemma, le prince Alexandre de Parme, gouverneur de nos provinces , s'arrogea le droit de lui nommer un successeur et désigna à cet effet Pierius Smenga. De leur côté les magistrats de Louvain, revendiquant leurs anciens privilèges, n'acceptèrent pas cette nomination et désignèrent , comme successeur de Gemma, Pierre Ricard. Les deux titulaires donnèrent leurs cours en concurrence. Il fallut toute l'autorité et la sagesse de Viringus pour tirer parti de ces éléments hostiles ; car il ne parvint pas à dénouer la difficulté, et le temps qui est si souvent chargé de trancher les conflits que l'obstination des hommes rendrait éternels put seul mettre un terme à celui-ci par la mort des deux concurrents.

Viringus, à dater de son entrée dans les ordres, continua encore à professer pendant quinze ans ; il fut pendant cette période appelé trois fois à la dignité de Recteur, en 1579, 1582 et 1587. 5..

En 1793 il put consommer son sacrifice. Rien, ni du côté de sa famille ni du côté de l'Université, ne le retenait désormais. Son fils aîné Jean Walter Viringus entrait dans la Compagnie de Jésus où il occupa des fonctions importantes; il mourut a Malines, victime de son zèle pour les pestiférés. Son frère putné , Georges , placé sous sa tutelle , se disposait à suivre son exemple. Quant à l'Université, Viringus la voyait florissante et trouvait dans un de ses élèves, le célèbre Fienius, un successeur qui devait remplir dignement sa chaire abandonnée. Toutes ses chaînes étaient donc rompues et en 1593 il fit ses adieux à l'Aima Mater, emportant les regrets de ses collègues et la reconnaissance de ses élèves qui alors déjà, comme aujourd'hui, était considérée comme la plus belle couronne du maître.

L'Université lui décerna , comme témoignage de sa vénération , une sorte d'adresse (pour emprunter le langage de nos jours) conçue en ces termes :

MEMORIAE SACRUM.

REVERENDO

CLÀRISSIMOQUE VIRO,

D. JOHANNI VIRINGO

QUONDAM ALMAE NOSTRAE

UNIVERS1TATIS

ARCHIATRO,

ECCLESIAE CATHEDRALIS B. MARIAE

ATREBATENSIS CANONICO,

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