‹ Analectes pour servir à l'histoire de l'Université de Louvain (volume 2)Chapitre 43 sur 59 · ILLUSTRISSIMA DOMINA · texte numérisé non relu

ILLUSTRISSIMA DOMINA

De oblatis nobis a Tua Celsitudine libellis, post maturam deliberationem , sic judicamus.

(4) Dans l'épilogue , Villavicentio expose de la manière suivante un dés motifs qui l'ont engagé à faire son livre : « Vidcbam ecclesi» Cbristi catholics et fidelium anlmabus grave immiaere detrimentum , qain certain jactdram spiritualem , si doctrine libellorum de subventione pauperum et de continendis alendisque domi pauperibus executioni mandarentur , ut quae quam plurima contineant et tradânt Luthefanismo et Ethnicismo admodum vicina et nostrae fidei doctrinls prorsus adversantia ac repugnantia. Propterea non potui committere qnln reclamarem : pnesertim cun re ipsa jam pridem depiehendissem libellum de subventione pauperum anno *5Î6 evulgatum (celui de Vïvik ) fomentum pnestitisse, unde scintillae, quae modo incendium aliquod ecclesia* catholicae interminantur, sese attollerent. Numquam enîm ille alter libellasde continendis alendisque domi pauperibus ( cehti de W^Unu ) in publicum prodiisset , nec articuli in negotio pauperum Ha fessent format! (l'ordonnance de Brttgei) nisi libelhn de subventione pauperum (par Pivii) ipsis materiam subminlstrasset , stravissetque viam. »

(t) Extrait du registre cité, fol. 48 v*, où il est mirqtté que

Imprimis, praeter multa minutiora quœ in utroque reprehendi possent, sed qttee ad rem, de qua agitur, non ita pertinent, uteriusque libelli scriptor, suœ sententise plus satis addictus, vehementior est in suae sententise defensione , non servans eam modestiam qtiae gravitati et charitati convenit Christian».

Scopus tamen libelli a M. N. (1) Laurentio conscripti laudandus est, ut qui ex professo spectet ad defensionem tum pauperum tum auctoritatis ecclesiasticae, quae hodie in plerisque locis graviter labefactatur. At vehementior est in eo, quod de senatu nimis libère 60ribens eum aliquot locis trahit in suspicionem Lutheranismi, ut cap. III, libr. III, et cum articulum quintum Brugensium dicit sapere Lutheranismum; et rursum in eo vehementior est, quod aliquot locis a seeculari magistratu videatur tollere omnem pauperum curam, eamque solam pertineread episcopi ju*risdictionem.

Scopus vero libelli Egidii Wytsii nobis non per omnia probatùr. Nam etsi ex parte laudandus sit, quod ostendat non ita, ut passim fit, tolerandos esse validos mendicantes, non tamen quacumque ex parte, nani nimis constringit pauperum subventionem, et nimis tribuit sseculari magistratui cum prajudicio

la réponse fut envoyée à U gouvernante ultima tnartii on. 1564 stylo Bràbantias , c'est-à-dire 1665 , parce que , d'après ce style , Tannée commençait le vendredi saint.

(i) Magiitrottottro, qualification qu'on donnait -i ceux qui avaient U grade de docteur en taeotogie. i

auctoritatis ecclesiasticae : in quibus duobus totus liber potissimum versari videtur. Quœ dum agit , non solum in eo peccat , quod contemptim nimis etiam ipse in eos invehitur, qui ejus sententiam non approbant, vocans eos refractarios et blaterones, ideoque eos asserens senatus constitutiones impugnare, quod cum suis rationibus putent non esse conjunctas; sed multo magis in eo quod qusedam affirme t, quae pias et christianas aures merito offendant , quaeque sanctionibus canonicis palam répugnant, ut cum XIII cap. sui libelli asserit per raagistratum saecularem pias voluntates defunctorum in alios usus posse converti , et mensas pauperum singularum parochiarum in unum corpus posse conflari. Item cum folio 13 dicit, particularia judicia de contractibus usurariis, decimariis, matrimoniorum et votorum formis, aequalitate et justitia, non ex Sacra Scriptura peti debere, sed ex civilibus legibus; neque enim, inquit, Christus politias ordinavit, nec leges condidit de humanis negotiis, sed rejecit ea cum rerum cognitione in civilem magistratum, quasi omnia eorum, quseibinominat, judicia pertineant ad tribunal civile et non ad ecclesiasticum. Caeterum quomodo negotium pauperum , de quo in ter auctores libellorum controvertitur, ad episcoporum pertineat officium, clare satis expressit synodus Tridentina , cum decreto VIII sessionis XXII sicut permittit, ut pênes laïcos sit cura piarum dispositionum et eleëmosynarum , ita dicit, quae ad pauperes sustentandos sunt instituta, episcoporum esse, ut ex officio suo juxta sacrorum canonum insti-

tuta cognoscant et exequantur ; quod etiam Ieges civiles statuunt in aut. lit. 9, si quis œdificatùmem. C. nulli. C. Si quis ad declinandam. Cod. de episcopis,ete.

Itaque auctorem Wytsium , etsi haereseos vel suspicionis de hseresi non putamus condemnandum, maxime quod omnia subjiciat Ecclesiae judicio, admonendum tamen putamus , ut in scribendo et consulendo sit circumspectior atque utrique magistratui suam agnoscat tribuendam et tribuat reverentiam et auctoritatem (1).

(4) Au bas de la page on lit,. dans le registre , la note suivante r Bis (literis) tubscripsit utraque Facultas juris ad hoc per Ducitsam requmta per communes literas.

( iu )

PROFESSION DE FOI DE FRANÇOIS BAU0UIN D'ARRAS DEVANT LES THÉOLOGIENS DE L'U- JSIVERSITÉ W LOUVAIN, m AB».

François Bauduin, ne; à Arras en 1530 , est un des savants les plus remarquables du XVI* siècle par Tétendue et la variété de ses connaissances. Venu fort jeune à Louvain au collège des Trois-Langues, après avoir déjà fait ses humanités dans sa ville natale , il étudia avec succès le latin sous Goclenius, le grec sous Rescius. Le fameux jurisconsulte Mudaeus (1), devinant en lui un des élèves qui devaient faire le plus d'honneur à son enseignement, lui conseilla de se livrer à l'étude de l'histoire ecclésiastique et civile tout en poursuivant ses cours de droit. Bauduin profita si bien pendant six années des conseils et des leçons de ses maîtres qu'il fut jugé digne, peu de temps après son départ de Louvain , d'occuper une chaire de droit à Bourges. Plus tard on le vit successivement occuper d'autres chaires, ou enseigner publiquement à Strasbourg, à Heidelberg, à Paris, à Angers, à Douai. Il fut en outre désigné comme professeur pour les

(f) Voir les AnaUotet de 4844.

Universités de Valence et de Besançon, mais il n'enseigna jamais dans ces deux villes (4).

Ses ouvrages qui dépassent le nombre de 30 ont toujours été considérés des savants. Ses recherches sur S. Optât et sur Minucius Félix ont été appréciées même par les derniers éditeurs de ces deux écrivains. Son livre sur Constantin n'est pas oublié. Les résultats de ses études sur le droit/ si estimés de ses contemporains , ont pu être pendant quelque temps perdus de vue, mais une des notabilités juridiques de l'Allemagne au dernier siècle, Heineccius, Jes a remis en lumière et en honneur; il en a réimprimé la plus

(4) Le fait de son enseignement à Douai nous paraît même assez douteux. On ne peut lé placer qu'entre les années 1363 et 4S66. Foppens en parle vaguement, Paquot l'affirme avec plus de précï ston, Jugler le répète d'après lui. Haag suppose qu'il a acheté cette chaire par la profession de foi de Louvaip, Swertius n'en parle pas ; le jurisconsulte Bernardi , dans la Biographie universelle , non plus. On ne trouve pas Bauduin cité dans les Panathenœa Duacena (Duaci , L. Kellam, 4664 , 4*), où l'on a chanté en vers latins tous cetax qui ont enseigné à Douai , et les élèves les plus célèbres de cette Université, pepdant le premier siècle de son existence. A Va vérité , rénumération qu'on y fait des professeurs n'est pas rigoi}rensement complète , mais aurait-on oublié un homjooe d'une réputation pareille à celle de Bauduin d'Arras? Peut-être y a-t-il eu confusion avec Balduious Van der Pieten, surnommé le Papinien flamand , qui n'enseigna du reste à Douai qu'après la mort de François Bauduin? Dans tous les cas, renseignement de F. Bauduin a dû être fort court. 11 n'a pu commencer qu'à la fin de 4368. En 4364, on le voit conférer à Bruxelles avec le prince d'Orange , puis faire nn voyage assez long en Hollande ; en 4366 , il est encore , tantôt à Paris, tantôt à Bruxelles.

grande partie, comme méritant une estime constante.

Bauduin prit une grande part aux controverses politiques et religieuses du XVIe siècle. Aussi son caractère a été diversement apprécié , souvent méconnu ou même calomnié, « comme il arrive à ceux qui vivent dans les temps des factions. » On lui a reproché surtout sa grande versatilité en matière de religion, quoique son principal disciple, Papire Masson, ait passé complètement sous silence cette circonstance dans la vie de son maître, et qu'à l'entendre, Bauduin n'ait jamais abandonné la foi catholique dans laquelle il est mort (1).

On ne peut nier cependant, que quand bien même Bauduin aurait gardé constamment au-dedans de lui un sincère attachement à la foi, ses actes extérieurs, ses paroles et ses ouvrages ont donné plus d'une fois prise aux plus graves soupçons d'hérésie. Qu'on l'appelle avec Bayle un « chamaléon. en fait de religion , » que Ton énumère avec plus ou moins de fondement jusqu'à sept changements successifs dans ses opinions religieuses, on peut dire que, si à diverses époques on le retrouve dans les relations les plus étroites avec les réformateurs, on n'a jusqu'ici aucune preuve tout à fait décisive d'une abjuration solennelle qu'il aurait faite de la religion catholique, et peu de

(I) Bernardi (Biog. univ.) est d'avis que Baudoin n*a jamais pu partager le fanatisme des réformés qui voulaient bouleverser l'ancien édifice de l'église. Il n'est pas éloigné même de lui attribuer une conversion , obtenue de 1561 à 456* dans le camp calviniste.

^T£n, P eS actes' ** W&W* écrivains intervoft £ C°mme é(ïuivaI«nt à une abjuration, on le doxe ï 1T?U SUivre les Pratiques de la foi ortho^ avec t>trret?ir des ^Ports d'estime et d'amitié avec plusieurs évéques.

de J^*' * 8près Iui de arrière, dans son édition ava™ d6SJUrtscon^tesûe Taisand, ontété jusqu* aur*£ * ™ S3DS réserve toutefois, que Bauduin f^Z 1 ,dée de refondre ^«tes les sectes pour en mZ Z D0UVel,e- Ce W* Y « ^ certain, c'est qu'il se mêla beaucoup de la réunion des religions , et Q^ il ll^lr T le Cas d'être susPect aux catholiques et Zll v eQtS Par des concessions, dont son ardent désir d arriver à une pacification ne lui a peut-être pas toujours laissé voir la portée.

Sa polémique avec Calvin ne peut laisser aucun «loute sur l'énorme distance qui le séparait du réformateur de Genève (1) et qui existait de même entre lui et Luther. Aussi i'on peut dire que Paquot a fait

(*) M. Haag (France protestante, t. II, p. 49) donne comme cef^

**w, mais «ans indiquer la source de son affirmation, le falt

«abjuration , qui aurait eu Heu à Genève entre 454* et ***9'7 . 4*49 » Bauduin enseigna à Bourges , en 1555 à Strasbourg, en * » Heideiberg, où il se fit luthérien, selon M. Haag , et où il resta cl*"j ans. Burman , dans une note à une lettre d'Hopperus , qui roule Partie sur Bauduin , a répété ce qu'on sait sur l'intimité <*a ^ laquelle ce savant aurait vécu à Genève avec Calvin et Beze* ne dit rien de l'abjuration (SyUoge , II , *4i ). Hopperus, dans cett lettre de 1561 , espérait le retour franc et entier de Bauduin vers l'orthodoxie : nam quanta guis sit doctior . et in anUquUatf »twt%f àiutiui versatur.

constitué prisonnier en nostre ville de Tournay , certain personnage qui sous ombre qu'il avait esté audit temps quelques journées en Arras, et eu communication avec divers nos subjects de ladite ville, ayant inquisition esté fàicte de ceux qui l'auroyent accompagné, ledit suppliant, pendant son absence à Paris, où il s'estoit retiré pour publier et faire imprimer ses Commentaires sur les Institutes de droict, et achever ses estudes, y auroit esté compris, adjourné et appelé à ceste occasion aux droicts, le chargans et suspectons d'hérésies, et par défaux et contumaces contre luy obtenues par le Procureur de nostre gouvernance d'Arras banni à tousjors de nostre pays et conté d'Artois sur les peines dites par les ordonnances, déclarans ses biens confisquez. Et estant ledit adverti des procédures susdites, et par avant interjection de ladite sentence, pour obvier que son innocence ne fust surprise, s'assurantde sa conscience , se seroit advisé d'escrire au funct Sr de Vaux , audit temps gouverneur de ladite ville d'Arras une lettre contenant bien au long sa justification dont nous est apparu , et des certaines missives que ledit Sr de Vaux escrivit alors au defunct le Président de nostre conseil privé messire Loys Schore portant tesmoignage dudit suppliant, par où apparoit qu'à peu d'occasion ledit bannissement s'ensuivit. A cause de quoy et que ledit suppliant estant encores jeune et mineur d'ans, mesmement qu'estant adverti dudit bannissement il auroit esté prestde se représenter, et vint à ces fins jusques à Péronne, où il auroit esté

oïïS^ ^««edefimctsa mère, de ne passer ÏÏsSLT^f8' 6t qu'à ,,occasion de ceste sienne Xte^, t!?ntenC? ^^ ^ interJectée à raison Î^SrSST qUe/°B aV°" à «"" du P^nnage S^JL'Z PU,,8/UteXécuté à Touroay. lequel avoit îufs ^o ?"/ é audit suW>liant' et encore que de-

ImnnAnnY,;- ses,.semb,ables » ceauroit esté par une ^D«fs S ?Ui,aVOitd'eux' *W*>* ayanttrouvé J^LÎTS la dé8iPe avouer, comme desja a KiJS i VF?S imPrimez* et tellement vescu en S?? IS* r°bservan<* de l'Église catholique jus- IZJf Sem' qU'iJ nous a feita™* bon tesmoirmff J, esaconversation en laquelle il prétend continn,!Lt Pe/Slster' * désiroit aussi singulièrement

nntl hn ^^ en ces nos P^8 * £ar deçà si notre non plaisir fust sur ce luy impartir notre grâce ei lettres de rappel de ban , si comme il dict pour lesquelles H nous a humblement requis. Pour ce est il que nous, ces choses considérées, audit François Balouin suppliant, inclinant favorablement à sadite suP£llcation et requeste, et luy voulans en ceste partie préférer grâce à rigueur de justice, ayant entendu ce que nos très chers cousins le cardinal de Lorraine et l'archevesque de Cambray, et autres bons personnages ont tesmoigné de sa réduction, Avons comme susdit révoqué et rappelé, révoquons et rappelons et mettons à néant de grâce spécialle par cesdites présentes le ban tel que contre luy a esté prononcé à la cause dite. Et l'avons quant à ce remis et restitué,

remettons et restituons à son bon nom, famé et re* nommée en notre dite ville d'Arras, conté d'Artois et en tous autres. nos pays, terres et seigneuries, ensemble à ses biens non confisquez , si aucuns en y a tout ainsi et par la mesme manière qu'il estoit avant la pronuntiation duditban, imposans sur ce silence perpétuel à notre procureur général et tous autres nos officiers quelconques. Pourveu qu'il sera tenu de faire promesse es mains de notre cber et féal chevalier le président de notre conseil provincial en Artois, Messire Pierre Asset, Sieur de Naves, etc., de vivre et se conduire cathoUquement et se conformer selon nos ordonnances, et, ce fait, il et tous autres nos justiciers, officiers et subjects, présens et advenir quelquonques et chasquun d'eux en droit soy, et si comme à luy appartiendra faoent, souffrent et laissent ledit François Balduin suppliant de ceste jiostre présente grâce et rappel * selon et par la ma* nière que dit est, plainement et paisiblement jouir et user, sans luy faire mettre ny donner, ne souffrir estre faict , mis ou donné aucun destourbier ou empeschement au contraire. Car ainsi nous plais t. En tesmoin de ce nous avons fait mettre notre scel à ces présentes. Donné en notre ville de Bruxelles le 27 jour du mois de may , Tan de grâce 1563, de nos règnes , à sçavoir des Espagnes, Secjle, etc., le 8, et de Naples le 10. Escrit sur le pli par le Roy en son conseil, et signé Vander Ad. Et scellées en double queue d'un scel de cire vermeil.

Le transcripteur de cette charte l'a fait suivre, dans

la collection Dupuy, d'une note, que M. R. Dareste a également reproduite (p. 450), et qui paraît avoir été rédigéed'après des renseignements contemporains (1). « Le mesme Balduin abjura en sale devant aucuns Théologiens de Louvain Gomme Tilleman et autres la doctrine des protestans et calvinistes, jurant à ce qu'on dit en la foy de l'église catholique romaine. Et ainsi fut absous , et fut faict l'acte à Louvain Tan 1563 du mois de jeuillet sur la fin. Il avoit esté vers le président Vigie pour avoir sa rémission , qu'il envoya aux docteurs Théologiens susdits et qui convinst avec eux, et fist ce qu'ils lui diroyent. Ainsi ils lui conceu* rent une forme d'abjuration fort particulière, laquelle il prononça, ainsi que dit est, en public. Vray est qu'on luy avoit donné intention qu'il la feroit tant seulement devant aucuns théologiens; mais à poste ou de hasard y entrèrent plusieurs escholiers, de sorte qu'elle fust solennelle. Aucuns s'en sont bien esbahis, mesme que son abolition est tant estroicte, et qu'il n'est remis en son bien , sinon celuy qui n'est confisqué et encore avec clause et de peine de deux

(1) Le théologien Tilleman cité ne peut être Gcrardus Tilmanus, dont Valcre André parle dans ses Fasti (p. 84), à la date de 4478, ni le célèbre récollet de Hasselt, François Titelmans, mort à Anticoli en 4585. Il s'agit probablement du frère de ce dernier, Pierre Titelmans, licencié en théologie , qui , dans ses fonctions d'Inquisiteur de la foi , n'apporta pas toujours la même modération que F. Sonnius ( Voyei les Analectes de 4861 , p. 409 ). — Voir sur P. Titelmans les Fasti , p. «59 , Foppens , 814 , et les AnaUcta Belgica de Hoynck van Papendrecht, 1,1, p. SB9, 741.

mille escus à ce qu'en dit cas qu'il retombe. Et luy a convenu faire promesse de plus es mains du président d'Artois selon la teneur des présentes vivre selon l'église romaine, et autre particulière et verbale à Vigie, au cardinal et autres de la cour et du conseil privé du Roy. »

Ce n'était pas la première fois que l'Université était chargée de constater solennellement l'orthodoxie des écrivains de cette époque. Valère André (p. 94 et 339 des Fasti) rapporte longuement tout ce qui s'est passé à l'occasion des opinions de Pierre de Rive en 1479. Dans les circonstances qui nous occupent, l'Université avait à réconcilier avec l'Église un ancien élève, qui s'était laissé ébranler dans ses convictions bien peu de temps après l'avoir quittée en 1540, et qui était revenu la visiter encore en 1342.

On suppose en effet que c'est dans l'intimité de Charles Dumoulin à Paris que le jeune Bauduin reçut les premières impressions favorables aux novateurs. Paquot, comme nous l'avons dit, paraît même porté à douter de la pureté de ses convictions religieuses, après la profession de foi de juillet 1363. Il s'appuie sur le Discours en forme d'advis sur te faict du trouble apparent pour le faict de la religion , discours qu'il trouve complètement huguenot, et où M. Haag voit aussi les principes du protestantisme.

Le Petit a reproduit ce discours au tome II de sa Chronique (p. 76-87), en disant que cette pièce a été envoyée à Philippe II, et Jugler a rapporté le jugement de Paquot , en le faisant sien.

Quelque désir que l'on puisse avoir de diminuer le nombre des contradictions de Bauduin, il faut avouer, en présence de la pièce publiée par Le Petit, et en l'acceptant pour fidèlement citée, qu'il n'y a rien a réformer au jugement qu'on en porte. La requeste présentée à la gouvernante par Brederode et Culembourg, le 3 avril iS66, et qu'on attribue à Bauduin est beaucoup plus réservée. Selon toute apparence, le Discours en forme d'advis fut rédigé en 1364, pendant un voyage que Bauduin fit à Bruxelles pour conférer avee les chefs du mouvement.

Nous n'avons point d'arguments décisifs pour en contester l'authenticité, mais quelques recherches nous ont fourni des remarques qui ne sont point cependant peut-être tout à feit sans valeur. Il paraît d'abord bien difficile d'admettre que l'archevêque de Cambrai se soit donné tant de peines pour faire monter en chaire Bauduin à Douai, quand , l'année même où il a dû commencer son enseignement, il refusait si nettement au Pape et aux évéques- l'autorité de prononcer sur les questions de foi, il ne reconnaissait d'autre règle que l'Écriture, et s'élevait contre le concile de Trente.

Gomment croire qu'un pareil éclat n'ait pas excité la vigilante sollicitude de ses collègues, à Douai» de Vendeville , par exemple, qui connaissait si bien toute son histoire (1)? Peut-on expliquer uniquement

(I) Voir, entre antres, »ae citation d'une de ses lettres, pr»-

par l'affaiblissement du gouvernement dans les provinces cette extrême tolérance, quand on s'était montré si sévère en 1565 envers Bauduin, et qu'on avait fulminé contre lui une peine de 2000 écus, en cas de récidive.

Si la pièce est de 4866, il existe entre le ton qui y règne et celui qu'il prend dans un ouvrage publié (4) cette année même à Paris , et daté du 46 mars, peu de jours donc avant le manifeste deBrederode, une différence inexplicable. Dans la dédicace à Tilius, évéque deMeaux, Bauduin émet des idées en général tressâmes, et il insiste avec raison sur l'importance d'une bonne organisation de l'Église pour la stabilité de l'État. C'eût été choisir un étrange moment pour développer, cette doctrine et pour réimprimer une dissertation sur St.-Optat et les Donatistes , que de nier en même temps l'autorité du pape, des évéques et des conciles.

Si la pièce est de 1566, il pourrait se foire que ce fut celle dont il est question dans le procès du comte d'Egmont (3). Le procureur reproche à ce seigneur infortuné d'avoir envoyé a au marquis de Berghes et à Montigny, quand ils étaient en Espagne, un écrit

battement de 1861, dans la correspondance de P. Ximentos avec G. Cassander. Sflbge, II, «80.

(4) Bittoria carthaginensu coUationU sive disputationU deeccleria* olim habita inter catholico* et douatuta* , Paris , Cl. Fremy, 4666 , 8*.

(*) Procès du comte d'Egmont par M. de Bavay. Brux., 4884, p. 58.

d'avis à sa Majesté pour obtenir l'abolition des pla? cards. »

Que Bauduin soit l'auteur de ces trois pièces , des deux premières , ou seulement du Discours sous forme d'advis, publié par Le Petit, il faut le supposer bien aveugle pour être venu le 8 septembre 1567, demander audience au duc d'Albe. Comment expliquer le bon accueil qu'il en reçut : était-ce un moyen de l'envelopper plus sûrement dans la ruine de ses amis arrêtés le 9? Mais alors d'où sont venus à Bauduin les motifs de croire que le cruel justicier de Philippe II avait jeté les yeux sur lui pour en faire un juge? Au* rait-ce été interpréter les intentions du Roi d'Espagne, qui prétendait ne pouvoir pardonner, à cause de la religion , que de choisir pour juger, un seigneur, À qui Ton pouvait toutau plus reprocher comme gouverneur quelque faiblesse pour les sectaires, un homme qui avait mis sous les yeux du roi la négation explicite de l'autorité de l'Église. Si Bauduin a écrit le manifeste de Le Petit, il nous paraît bien difficile de ne pas sup* poser qu'il ait plutôt été classé à Madrid parmi ceux qu'on aurait voulu punir que parmi ceux qu'on aurait choisis pour devenir les auxiliaires du duc d'Albe.

Le motif donné par Bauduin à sa fuite précipitée de Bruxelles en 1567 n'est peut-être qu'un prétexte : nous aurions voulu y trouver, aussi bien que dans les conjectures que nous venons d'énumérer, un moyen de diminuer le nombre des tergiversations religieuses du savant jurisconsulte, qui attend encore une biographie, complète, raisonnée, impartiale.

DÉTAILS SUR LES DERNIERS MOMENTS DU COMTE D'EGMONT, PAR UN DOCTEUR EN THÉOLOGIE DE LOUVAIN.

M. le procureur-général de Bayay a donné, à la suite de son discours sur le procès du comte d'Egmont, une lettre extraite d'un manuscrit appartenant à M. du Mortier, membre de la Chambre des Représentants.

Dans ce document précieux pour rhistoire de l'Université, la main d'un contemporain nous dépeint les péripéties d'un drame sanglant, d'après les détails donnés à des amis intimes par le principal témoin oculaire. Après l'exécution du comte d'Egmont, qui eut lieu à Bruxelles le 5 juin 1568, le vénérable Rythovius se rendit à Louvain pour y chercher près de ses anciens confrères un soulagement à sa douleur et pour tâcher de se remettre des émotions pénibles qu'il avait éprouvées.

La lettre publiée par M. de Bavay est sans date et sans signature. Un passage de YHistoria episcopatus Iprensis, ex autographes D. Gerardi de Meestere (p. 52), éditée par la société d'émulation de Bruges, nous apprend que la lettre fut écrite par le docteur Thomas Stapleton qui tenait les détails sur les derniers moments du comte d'Egmont, du docteur Cu-

nerus Pétri qui était alors recteur dei'Université et auquel Rythovius lui-môme en avait fait la relation.

Ce document constate de nouveau combien la se-, vérité de ^impitoyable duc d'Albe était odieuse aux membres de l'Université, et nous y trouvons la confirmation de ce qui a été dit dans nos Considérations sur l'histoire de L'Université, p. 20 et 71.

« Extrait des lettres de quelque docteur de Louvain, familier de monsieur l'évesque d'Ipres, de la mort de mon s' le comte d'Egmond , escrites au mois de juin de l'an 4868, et envoices A quelque docteur à Douai.

» MONSr,

» Je vous escrips ce que j'ai entendu cejourd'hui au soir de monsieur notre maitre. Ainsi que j'estois près de lui pour quelques autres affaires, il m'a raconté, selon qu'il avoit ouï réciter monseigneur le Rme d'Ypres, étant lors à Louvain, de la mort de monsieur le comte d'Egmond et de quelle sorte de mort. Il est, que le susdict Rme, le vendredi de la semaine passée qui fut le 4 de ce mois de juin, estant mandé par Mr le duc d'Albe, ne sachant la cause pour laquelle il estoit mandé, vint à Bruxelles assez tard vers le soir, et s'approcha vers le susdict seigneur duc, lequel lui bailla à lire la sentence par escript de la mort du susdict comte d'Egmond, où il estoit contenu qu'il falloit qu'il mourrust le lendemain. Incontinent icelui Rme, après avoir leu ladifte sentence, se

mit à genoux devant le duc, suppliant pour la vie dudict comte; mais comme ledict S1" duc respondit qu'il convenoit faire justice , persistant qu'il n'y avoit aulcun moïen de pardon, ledict seigneur Rme pria encore grandement iceluy seigneur duc comme dessus, ou, pour le moins, que son bon plaisir fust de différer encore quelque tems; et comme il ne cessoit point de prier de plus en plus amiablement, iceluy seigneur duc luy respondit assez aigrement qu'il ne l'avoit point mandé pour changer la sentence, ny pour avoir son advis de ce, mais pour assister ledict seigneur d'Egmond en son dernier, et l'ouïr en confession. Volant ledict seigneur Rme que ledict seigneur duc persistoit en ce que dessus, et qu'il ne gagnoit rien, il ne parloit plus, mais prit congé de Son Excellence, et s'en alla vers le comte, car il estoit quasi onze heures en la nuit : déclara au susdict comte là cause pourquoi il estoitvenu, ensemble luy délivra en ses mains la sentence de la mort qu'il avoit receue du duc pour la lire. Après qu'il Feut leue , demanda audict seigneur Rme de sa vie s'il n'y avoit point encore quelque espoir, sinon pour le moins d'obtenir quelque dHation. Ledict seigneur Rme lui raconta le tout premièrement comment il avoit prié pour luy et quelle responce il avoit eu d'iceluy duc; et voyant iceluy seigneur comte que c'estoit une chose arrestée; et qu'il luy convenoit mourir, il remercia Dieu et le duc qu'en l'article de sa mort il luy avoit envolé un tel confesseur. Incontinent demanda à icelluy R»« quel conseil maintenant il luy bailleroit,

et quel chose principalement il debvoit faire. Après qu'il eut conseil de laisser toutes choses terrènes et transitoires, s'adonner et penser du tout à Dieu, et se préparer à la mort, se vohit confesser. Après sa confession requit humblement ledict seigneur Rme de recevoir le Saint-Sacrement de l'autel, le priant, le plustost qu'il seroit possible, qu'il voulsit célébrer la messe, à quoy ledict évesque respondit qu'il le feroit volontiers, mais comme il n'avoit pas encore leu ses heures» il falloit encore attendre quelque peu. En lisant le Rne ses heures, ledict sieur comte le supplioit qu'il se voulust haster , craindant qu'enfin au matin on le fit mourir par avant avoir receu le Saint- Sacrement. A la fin de la messe ledit seigneur comte receut le Saint-Sacrement avecq toute vénération , et après demandit au seigneur Rme quelle oraison il luy ordonnoit dire an lieu où il debvoit mourir, Sur quoy iceluy seigneur Rm« respondit qu'il ne luy sçauroit bailler meilleure que celle qui nous a esté ordonnée par notre Sauveur et Rédempteur Jesus-Christ, a sçavoir, l'oraison dominicale, qui commence patcr noster, et respondit iceluy comte : il me semble ainsy, pourquoy je vous prie, monsieur le Rme, qu'au lieu où je dois mourir, qu'il vous plaise dire icelle oraison avecq moi , et ne me laisser jusqu'à que vous ferai quelque signe de la main pour partir arrière de moi. De rechef ledict comte demanda au Rme : Mon père, que vous semble*t-il de moi? Estimez-vous maintenant que je mourrai comme bon chrétien? Pour le présent vous connoissez toutes mes

affaires. Vousvoiez manifestement quel je suis, et quel j'ai esté par cydevant. A quoy respondit le seigneur Rme : Ne doute nullement qu'obtiendrez pardon et miséricorde devant Dieu, fiez-vous tant seulement, et ayez confidence en luy et rendez-vous en tout à luy.

» Certainement, dict le comte, j'ai apris beaucoup de choses en ceste prison, que je n'avois jamais peu entendre auparavant, et certes, je remercie grandement mon Dieu, qui m'a donné ce temps de pénitence et l'opportunité de recognoistre mes fautes auparavant la mort.

» Dict davantaige ledict comte : monsieur le R00 j'ai esté par cydevant en plusieurs dangiers de ma vie , et en divers lieux esquels , comme je vois pour le présent, je fusse mort misérablement et en dangier de mon aine, si notre bon Dieu par sa bonté infinie ne m'eust gardé jusqu'à cette heure.

» Aulcune fois ledict seigneur comte interposoit aulcunes paroles de madame sa femme et de ses enfans ; et alors ledict seigneur Rme lui dict : je vous prie, ostez toutes ces pensées et sollicitudes, car elles vous pourraient beaucoup empescher de vostre bonne fin et salut; recommandez vous et toutes vos affaires à Dieu seul, et pour tout, et l'aiez toujours devant vos yeux, car vous en allez vers luy. Alors dict iceluy comte : 0 quelle. grande misère de la nature humaine, que quand l'homme vouldroit et debvroit s'adonner en tout à Dieu son créateur, et quand il rend peine de penser tant seulement a ioel-

luy par contrainte, il tire en arrière pour penser de sa femme et enfans! Après ces propos, voiant iceluy seigneur comte qu'il luy restoit encore quelque ternis, il escripvit de sa propre main deux lettres, l'une à Sa Majesté, l'aultre au duc, en chacune d'icelles recommandant madame sa femme et ses enfans , priant audict seigneur Rme vouloir envoïer à Sa Majesté les lettres que luy avoit escript avec les siennes, ce que ledict seigneur Rme promit de faire, et en escripvit une copie des susdictes lettres, qu'il envoïa à monsieur Viglius. Lesdictes lettres achevées, ainsi que iceluy seigneur Rw parloit à luy de son salut, ledict seigneur comte demandoit quelles choses il pourroit dire sur l'échaftaut au peuple, qui tournerait à l'édification d'iceluy. Ledict seigneur Rme luy dict qu'il ne parlast point illecq, parce qu'en premier lieu, bien peu de gens le pourraient entendre pour la grande multitude des Espagnols qui estoient a l'entour de l'échafaut. Aussy quand ainsy serait que plusieurs pourraient entendre ces paroles, aucuns l'interpretteroient diversement, chacun selon son opinion, et sans quelque fruit des auditeurs.

»Ors, iceluy seigneur comte, estant encore à sa chambre , s'estoit tellement préparé pour mourir , qu'il avoit fait couper son pourpoint de sa chemise depuis le col jusqu'aux espaules, affln qu'il ne fallut point tarder quand il serait sur l'échafaut; pourquoy estant appelé envers les onze heures devant midi le jour suivant, qui*eBtoit la veille de Pentecôte, pour

venir sur l'échafaut, aprochèrent les Espagnols, qui

hiy vouloient lier les mains, comme il est de coustume : mais il déploïa sa robe, et monstra comment il s'estoit préparé pour recevoir la mort, tellement qu'il impétra de mourir sans luy lier les bras ny mains.

» Incontinent se partit de sa chambre pour aller sur l'échafaut avec le sieur Rme qui l'assistoit tousjours à son costé. En allant récitoit le psalme Miserere mei Deus, etc. Estant arrivé sur l'échafaut, se mit à genoux , comme fict aussi le sieur Rme, et dirent ensemble l'oraison dominicale. Et après qu'ils eurent recité et que l'évesque estoit levé, requit de le dire encore une fois; et quand ils eurent dict deux fois, ils le dirent encore la troisiesme fois. Incontinent que l'évesque luy eut donné la bénédiction , se leva et fit le signe de la croix sur soi-même , et après avoir baisé la croix qui luy fut semblablement présentée, se mit à genoux sur un carreau de velours qui étoit là mis, et aïant les mains joinctes, à haute voix dit : In manies tuas Domine commendo spiritum meum.

»Ce faict, fit quelque signe de la main au Sr H0» qu'il se retirast. Cependant le seigneur comte prit quelque petit bonnet blanche qu'il avoit en sa manche et le mit devant ses yeux, et jettant sa robe en bas, à jointes mains comme priant Dieu dévotement, attendoit le bourreau constamment, lequel survint incontinent et tranchit la tête audict seigneur comte, à l'ame duquel Dieu par sa grâce fasse merci. »

La suite de nos Analectes renfermera une lettre de Rythovius écrite de Bruxelles le 9 juin J568 à Philippe II , par laquelle il donne aussi des détails sur les derniers moments du comte d'Egmont, mort caram ingenti multitudine hominum gementium et plorantium , et transmet au roi la lettre de ce seigneur, en implorant sa clémence en faveur de la veuve et des enfants du vainqueur de St.-Quentin et de Gravelines.

LES DOCTEURS DE LÀ FACULTÉ DE THÉOLOGIE DE LOUVÂIN ET LE DUC D'ALBE, EN 1573 (1).

Dans le discours prononcé à la séance publique de la classe des lettres du 10 mai 1854 (2), nous avons mentionné un fait relatif au rappel du duc d'Albe.

Le docteur Vande Velde a été le premier .à faire connaître ce fait qui honore la faculté de théologie de Louvain. Dans son Synopsis Monum. t. I, p. 122, il s'exprime de la manière suivante : Dux Albanus postquam régis nomine per annos sex integros Belgium administrasset , 18 decembris 1573 hinc discessit, quinque fere mensibus antequam secunda synodus (3) iniretur, Âlbanum, ob asperitatem animadversionis ac immodicas exactiones Belgis summopere invisum, Philippus rex in Hispaniam evocaverat, Ludovicum de Requesens et Zuniga, majorent Castilliœ commendatorem,ad fias provincias administrandas ejus loco

(4) Extrait du tora. XIII , n. 1 des Bulletins de l'Académie royale de Belgique.

(9) Voir dans les Bulletin* de l'Académie, t. XXI, pp. 554-405, les Considération* tur l'histoire de l' Université de Louvain (4415-1797),

(5) Le second concile provincial de Malines célébré à Louvain, an collège de Savoie , le 8 mai 4574. Voyei Synodicon Bclg., 1. 1, p. 469 et suiv.

mi tiens. Non possumus hoc occasion* non memorare , quum nusquam alibi ejus rei exstet memoria , illustre S. Facultatif Theotogicœ factum, quod ejusdem Actis inseriptum ipsi nos quonaam legimus : videlicet collegii illius Régentes (1), severa silentii lege , jurisjurandi religione sibi imposila , quum in maximum jam odium Albanus pervenisset, de administrative ejus per (itéras ad Pliilippum regern querelas detutisse, eumque rogasse , ut hune gubernatorem , non inutitem modo reipubiicœ, sed noxium magis, de provincia depeileret.

C'est ainsi qu'un des théologiens les plus savants de la fin du dernier siècle parle de la part prise par ses collègues du XVIe siècle au rappel du duc d'Albe. Dans le t. III, pp. 1025 et 1036 de l'ouvrage cité, il y revient encore et donne l'extrait suivant des actes de la faculté de théologie : In actis decanatus Joannis Molani ad 20 maii anni 1575 tiœc habentur : Domini inceperunt nonnihil sub juramento tractare, quod suc tempore Actis inscribetur. Domini sub juramento, ut calamitatibus patriœ succurrerent, per literas indicarunt Regiœ Majestati statum miserum patriœ, et expedire ut pro Atbano alius gubernator mittatur. Harum literarum non fuit conscius Notarius facultatis (2); sed omnes et singuli magistri Facultatis eis subscripserunt, quia res erat magni momenti. Et

(1) Les docteurs -régents de la faculté de théologie. (!) Le Bedellus ou secrétaire de la Faculté qui signait les lettres au nom du corps.

Decanus (i) cum Senensi (2) curarunt sic literas mitti, ut non esset periculum inierceptionis. Constat autem eas Regiœ Majestati datas esse in manus. Post discessum autem Âlbani, Facultas juramentum retaxavit, permisitque prudenter per opportunitatem dici. Literarum tamen copiam, ad perpétuant rei memoriam, votuit perNotarium etBedetlum suum inseri in tibrum titerarum Facuttatis, quod factum est sua decanatu D. Michaëlis (3) , anno 74 (4).

On voit donc , par cet extrait des actes de la faculté de théologie, que la situation malheureuse du pays sous le régime du duc d'Albe préoccupait les docteurs de Louvain. Le 20 mai 1573, ils se réunissent en secret, sous la foi du serment, et prennent la patriotique résolution de s'adresser au roi lui-même pour l'informer de ce qui se passe dans les Pays-Bas et pour demander le remplacement du duc d'Albe. Tous s'obligent solidairement et signent une lettre qui était de la plus haute importance et qui aurait pu leur attirer les plus graves désagréments. Le doyen de la Faculté, Jean Molanus, et un des plus jeunes docteurs, le Portugais Antoine de Siennes, furent

(1) Le célèbre Jean Molanus.

[%) Antoine de Siennes [Antoniut de Conceptions Senentù), né à Guimaraens en Portugal, de l'ordre de Saint-Dominique, prit à Louvain le grade de docteur en théologie le S5 juin 1574 , et deviut peu de temps après membre de l'étroite faculté. Voyez Paquot, Mém. t. XIII , pp. 439-459.

(S) Michel de Bay, docteur régent en théologie.

chargés de faire parvenir la lettre a PhlUpF

1rttïen qa>is en,P'°yèrent pour empêcher qi

, ae fût interceptée par les agents du du

m un résultat favorable, et bientôt les sigi

apprirent que leur réclamation avait été remi

«dezitiellement au roi. Quoique les actes de la

ne nomment pas celui qui se chargea de ce m

noua sommes porté a croire que ce fut le ■

Antoine de Siennes qui, vers cette époque, dut

~ - en Espagne pour assister a un chapitre -,

de l'ordre des Dominicains, convoqué à Ba:

Pour le commencement de l'année 1574.

Après le départ du duc d'Albe, qui eut *8 décembre 1573, la Faculté délia ses memt serment qu'ils avaient fait de garder le seci *acte posé par eux au mois de mai précède Peur en conserver la mémoire, il fut ordon *S7+t sous le décanat du docteur Michel de ™ transcrire la lettre dans le registre des J W la Faculté.

Ledocteur Vande Velde répète, jusqu'à deux eflun véritable sentiment de regret : Desunt risrce Plus heureux que lui, nous avons tj W lettre dans le Liber titerarum FacuttaUs s ^ZuaU* in Uni-versitate Lcvanimsi, vol. in-fol. T avons déjà extrait quelques documents <| n°-90ous en fournira d'autres encore.

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