Portrait et éloge de Lindanus
L*infatigable Wilhelm Damas! Lindanus, tour à tour exégôte, polémiste, catéchiste, écrivain ascétique, etc., avait composé une foule de livres, d*opuscules et de lettres, soit en latin pour les savants, soit en langue brabançonne pour les classes populaires. On conçoit à peine comment au milieu des occupations si multiples du ministère pastoral et des épreuves de Texil, il ait pu trouver le temps de défendre la foi et la discipline par tant d'ouvrages.
Lindanus, haut de taille, avait Toeil bleu et pénétrant. Il portait la barbe assez épaisse, mais presque toujours très-courte. Depuis qu'il était évêque, il avait la chevelure en guise de couronne. Sur son visage se lisaient la bienveillance et la gravité. Sa santé était robuste; mais Ténergie de son âme surpassait encore la forte constituiion de son corps. Son esprit était aussi pénétrant que son cœur était intrépide. Accoutumé aux veilles et à une vie entièrement sobre, d'une
activité prodigieuse et que rien ne rebutait, expéditif dans les affaires, dur en toutes choses à lui-même, il avait des entrailles de père pour les indigents, les vieillards, les orphelins. et les veuves. Aucun pauvre n'était repoussé de sa porte. Tous les mois un grand nombre d'enfants des écoles étaient nourris dans sa maison, et il les congédiait après leur avoir donné de Targent pour se procurer de Tencre et du papier. La chasteté de ses mœurs était sans égale et sa piété angélique. Le biographe Havensius, auquel nous empruntons ces détails, atteste aussi que dans sa jeunesse Lindanus couchait sur la dure et portait autour des reins une corde dure comme instrument de mortification.
M. Th. J. Lamy, professeur à TUniversité catholique, a fait, dans un discours prononcé & Louvain en 1859, un éloge historique de Lin< danus, que nos lecteurs voudront relire. Après avoir dépeint la tendre piété, le zèle ardent, rinébranlable courage de notre évêque, M. Lamy fait ressortir la pensée fondamentale de ses écrits théologiques et ajoute : Yix dici potest quantum et verhis et scriptis Ecclesiae Dei instaurandae^ haereticisque convertendis aîlaboraverit... Inter Episcopos Belgii nemo contra haereticos scripsit nervosius quam Lindanus^ nemo copiosius (i).
(i) Annuaire dt l*Univer$ité, année 4860. pag. SOO et 3it.
Mais rien ne surpasse Téloge que fit de lui le docte et pieux Cardinal que nous avons cité au début de cette notice. Étant sur le point de mettre au jour son Martyrologium Romanum annoté, Baronius écrivit au pape Sixte-Quint que l'ouvrage avait été examiné, discuté et approuvé par révêque de Ruremondo, «homme très-versé, f» dit-il, dans toutes les sciences théologiques et » dans rhistoire de TÈglise. >» A la Un de ses annotations sur S*«-Thècle, au 23 septembre, il écrit : Hœc nostra cum recognosceret hic Romœ Reverendissimtis Dominits Lindanus, episcopus Ruremondensis, vir non tantum omnis gèneris litterarum eruditione clarissimus^ verum etiam egregii confessoris fidei nobilitatiis insignibus; quippe qui exilia^ proscriptiones, œrumnas incredibiles ac mortes fere fréquentes^ incQncicsso robore^ fidei causa sustinuit^ quem tôt auctum victoriis ac majora conantem, hisce diebus Romœ videre meruimus. Et dans les Annales Ecclésiastiques, en parlant de la tradition apostolique, il renvoie surtout aux écrits de Lindanus, évêque de Ruremonde,giiem, dit-il, ob egregiam eruditionem toti orbi spectatam et vitœ sanctitatem pïurimi fado, Vivit adhuc non sibi^ sed catholicœ Ecclesiœ, jam mille de prostratis hostibus coronis auctus^ aliasque in dies majores et forte martyrii^ ut qui ante aciem quotidie adversus hostes cominus dimicet, sibi comparaturus. Lorsque Lin-
danus n*était plus, Baronius consacra à son souvenir les lignes élogieuses que nous avons citées au début de cette notice.
P. Claessens, chanoine.
TABLE
A dresse envoyée au Saint-Père^ le 20 mars 1869, à Voccasion de son Jubilé sacerdotalfpar le Recteur et lès professeurs de V Université catholique, ^ 6
Bref de S, S. en réponse à cette adresse. 7
Adresse du Recteur et de la faculté de théologie à NN. SS, les Archevêque et Évêques de Belgique^ pour être présentée par euûc au Concile du Vatican. 9
Liste des publications faites par les membres du corps académique de Louvain pendant une période de cinq années^ depuis le 1« janvier 1866 jusqu'au 1«' décembre 1870. 15
Note sur la collection géologique de V Université, 49
Esquisse bibliographique de deux évêques belges au XV7« siècle. Corneille Jansenii^, premier évêque de Gand, et Lindanus j premier évêque de Ruremonde et successeur de Jansenius sur le siège de Gand, 54
ÂNÂLEGTES
PUBLIES PAR
N. J. LAFORET.