‹ Analectes pour servir à l'histoire de l'Université de Louvain (volume 2)Chapitre 44 sur 49 · DÉCÈS DE SA GRANDEUR MGR. LOUIS JOSEPH DELEBECQUE, ËVÊQUE DE GAND · texte numérisé non relu

DÉCÈS DE SA GRANDEUR MGR. LOUIS JOSEPH DELEBECQUE, ËVÊQUE DE GAND

Le dimanche 2 octobre 1864, à six heures du matin, lorsque les fidèles assistaient à la première messe dans les diverses paroisses delà ville de Gand,le prêtre, descendant de l'autel, se tourna vers l'assistance et demanda des prières pour Mgr. Louis Joseph Delebecque , évêque de Gand , qui venait de décéder subitement dans sa ville épiscopale. Le prélat n'avait pas été malade. Rentré le jeudi soir de sa tournée de confirmation, il avait officié le samedi, féte de saint Bavon, patron du diocèse, tant à la grand'messe qu'au salut, et avait visité les sept autels. Il avait pris le soir, selon son habitude mensuelle, un bain, et s'était couché sans que rien fît prévoir sa fin si prochaine. Peu de temps après, il avait cessé de vivre.

Mgr. Louis Joseph Delebecque était né à Warneton, le 7 décembre 1798. Il remplissait les fonctions de professeur de droit canon et de président du séminaire de Bruges, lorsqu'il fut élevé à la dignité épiscopale, à la mort de Mgr. Van de Velde. Son sacre eut lieu à Gand, le 4 novembre 1838, et il fut installé le 7 suivant. Mgr. Delebecque a donc occupé le siège épiscopal pendant près de vingt-six ans. Il était doc-

teur en théologie de l'Université catholique de Louvain , prélat domestique de Sa Sainteté, assistant au trône pontifical, comte romain, consulteur de la Congrégation des Évéques et Réguliers, officier de Tordre de Léopold.

« Quelle perte! s'écriait avec raison le Bien public, et comment, sous l'impression toute vive encore de cet événement si imprévu, trouver des termes pour exprimer toute notre douleur!... Ceux-là seuls qui savent ce que c'est qu'un évêque, et comment Mgr. Delebecque réunissait en lui toutes les vertus épiscopales, ceux-là seuls mesureront toute l'étendue de la perte que viennent de faire les catholiques du diocèse de Gand.

» Dieu avait admirablement doué Mgr. Delebecque pour exercer la charge pastorale dans les temps difficiles où nous vivons. 11 avait l'esprit d'autorité et de justice, l'esprit de conseil, le zèle infatigable, la sainte énergie du bien, une intelligence qui pénétrait rapidement et sûrement tous les détails de l'administration ecclésiastique. Rien n'échappait à sa vigilance; les plus petites paroisses, les plus humbles communautés de son diocèse trouvaient en lui un guide éclairé et sûr. C'était vraiment le Bon Pasteur : il connaissait ses brebis , et ses brebis le connaissaient.

» Et quand il s'agissait de préserver son troupeau du loup ravisseur, quand il s'agissait de sauver les Ames, de défendre la saine doctrine ou les libertés menacées de l'Église, quel courage, quelle intrépidité

forte et sereine, quelle persévérance supérieure h toutes les difficultés, victorieuse de toutes les attaques!...

» Mais ce qui, bien mieux que nos impuissantes paroles, fera connaître Mgr. Dclebecque, ce sont toutes les œuvres religieuses , toutes les charitables entreprises dont il a été le fondateur et l'inspirateur...

» Que dirons-nous du dévouement de Mgr. Delebecque envers l'Église, de son amour pour le Saint-Siège et pour le Souverain Pontife?... L'ûme de Pie IX et l'ûme de notre évéque étaient faites pour se comprendre. Aussi le Pape ne parlait-il jamais de l'évêque de Gand qu'avec les termes de la plus vive affection , et l'évêque de Gand n'entendait jamais le nom de Pie IX sans se sentir profondément ému de filiale tendresse. Inutile de dire après cela combien notre bien-aimé pasteur s'intéressait aux épreuves du Saint-Père, aux douleurs de l'Église. C'était, avec l'administration de son diocèse, sa grande préoccupation. Jamais, on peut l'affirmer, évéque n'a été plus intimement attaché au centre de l'unité romaine. Son cœur battait à l'unisson du cœur de l'Église, et il ne laissait échapper aucune occasion de resserrer encore les liens qui l'unissaient au siège de saint Pierre.

» Telle était ce que nous pourrions appeler la vie publique et apostolique de notre illustre et regretté pasteur. Que serait-ce si nous pouvions jeter un regard sur sa vie en quelque sorte intime, dont il nous a été donné parfois d'entrevoir l'évangéliquc simplicité ! Cet évéque , si fort et si grand au sein de la

lutte et en face des ennemis de Dieu et de son Église, était pour son clergé, pour ses fidèles, d'une bonté extrême. On se sentait, en l'approchant, pénétré de confiance et d'affection : la tendresse du père s'unissait en lui à l'autorité de l'évêque. Les pauvres surtout étaient ses enfants de prédilection, et son inépuisable charité, chrétiennement imprévoyante, ne savait pas mesurer l'étendue de ses largesses à ses modestes ressources. »

« Malgré toutes les sollicitudes de sa charge pastorale, Mgr. Delebecque conservait à l'égard des membres de sa famille les sentiments les plus intimes et les plus affectueux. Il avait une bienveillance paternelle et cordiale pour chacun des siens; il s'intéressait à tout, entrait dans les moindres détails de tout ce qui les concernait. Dans les visites qu'il faisait à des parents ou dans celles qu'il recevait d'eux, on eût dit un bon et tendre père, entouré de ses enfants. S'il apprenait la maladie de quelqu'un, il avait la sollicitude et la tendresse d'une mère; et chaque jour il voulait être mis au courant de l'état de la personne malade.

» Les catholiques du diocèse, dit encore le Bien public, connaissent la dévotion toute spéciale de feu Mgr. Delebecque envers la très-sainte Vierge Marie. Ses armoiries représentaient la Mère de Dieu sur fond d'azur, avec cette devise : « Monstra te esse Matrem ; montrez que vous êtes notre Mère! » C'est à Mgr. Delebecque que l'on doit l'accroissement, parmi nous , de la belle et populaire dévotion du Mois de Marie, et

le développement extraordinaire des Congrégations de la sainte Vierge dans notre ville et dans une foule de paroisses de la Flandre. On se rappelle aussi la part que notre regretté prélat prit à l'assemblée des évéques tenue à Rome avant la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception , et comment il fit célébrer ce triomphe de la Vierge sans tache par le plus splendide cortège religieux qui se soit vu dans nos murs. Enfin l'on peut dire que Mgr. l'évéque de Gand était un serviteur accompli de la Mère de Dieu et qu'il ne négligeait aucune occasion de propager son culte. Aussi plusieurs personnes pieuses ont-elles remarqué que c'est un jour spécialement consacré à la Vierge, en la fête de Notre-Dame du saint Rosaire, que Mgr. Deiebecque s'est doucement endormi dans le Seigneur, sans souffrance et sans agonie. Celle qu'il avait tant honorée sur la terre aura voulu l'introduire elle-même dans le ciel et lui montrer que ce n'était pas en vain qu'il l'avait appelée sa Mère : Monstra te esse Matrem.»

La cérémonie funèbre du 6 octobre 1864 a été une magnifique démonstration en l'honneur du vénéré Prélat qui n'est plus. Ces milliers de fidèles qui venaient verser une prière pour l'âme de leur Pasteur, de leur ami , étaient autant de témoins qui venaient proclamer, reconnaître, constater devant Dieu et devant les hommes les vertus et les belles qualités

du 21e Êvéque de Gand ! Ses répondants , c'étaient les catholiques des deux Flandres ; car Mgr. Delebecque appartenait à ces deux provinces : né à Warneton , où il a encore un frère et une sœur , il est devenu prêtre et professeur au collège d'Ypres, dans la même ville il a desservi comme vicaire la paroisse de St.-Jacques. Plus tard il a été nommé professeur de théologie dogmatique au Séminaire de Gand , est devenu secrétaire de feu Mgr. Boussen , évêque de Bruges, et chanoine du chapitre, et il occupait les fonctions de professeur de droit canon et de président du Séminaire de Bruges , lorsque la volonté du Souverain-Pontife réleva au siège épiscopal de Gand.

Telle a été en deux mots la carrière sacerdotale de ce bien-aimé évêque. Des humbles fonctions de vicaire il avait été appelé à instruire les Lévites du temple, puis il avait aidé à l'organisation et à l'administration du diocèse de Bruges; ensuite il avait été préposé à former les prêtres qui devaient seconder leur digne évêque, en attendant qu'il ceignit lui-même la mître épiscopale.

Les deux diocèses étaient donc largement représentés. Cette cérémonie a eu un cachet tout particulier : excepté pour les très-hauts personnages, pas de distinction, pas de préséance ; un peu de désordre si l'on veut , nous en convenons très-volontiers; c'étaient tous les fils d'une même famille venant pleurer sur le tombeau de leur père et demander pour lui à Dieu la gloire éternelle.

A 10 heures, Son Ëminence Révérendissime le cardinal-archevêque de Malines, assisté d'un nombreux clergé, est venu chercher processionnellement les dépouilles mortelles de son vénérable suffragant, qui ont été saluées par un feu de bataillon. Le Libéra me Domine a été chanté, et au milieu d'une foule innombrable, le cortège s'est dirigé vers la cathédrale : les coins du poêle étaient tenus par Mgr. Scheppers, directeur-général des Frères de la Miséricorde à Malines; M. le général Bruyneel; M. le gouverneur De Jaegher et M: le bourgmestre De Kerchove-Delimon. Sur le cercueil se trouvaient les insignes épiscopaux et la croix d'officier de l'ordre de Léopold.

Devant le cercueil marchaient Son Ém. le cardinal ; Mgr. de Hesselle, évêque de Namur ; Mgr. de Montpellier, évêque de Liège; Mgr. Ledochowski , nonce apostolique k Bruxelles ; Mgr. Faict, évêque nommé de Bruges ; Mgr. de Ram , recteur de l'Université catholique de Louvain ; Mgr. Van Hemel, vicaire-général de Son Ëminence ; Mgr. Scherpereel , vicaire-général de Bruges; Mgr. Bruneel, président du Séminaire de Bruges; M. Voisin, vicaire-général, représentant Mgr. Labis, évêque de Tournai, qui se trouvait en tournée de confirmation; M. le vicaire-général Lemahieu qui avait été envoyé aux mêmes fins par Mgr. l'archevêque de Cambrai, etc., etc.

Le Roi avait envoyé M. le général de Liem et le duc de Brabant M. le général Frison pour représenter leurs maisons respectives.

L'Université catholique de Louvain était représen-

tée par Mgr. de Ram que nous venons de nommer et par M. le chanoine D'Hollander, président du collège du Saint-Esprit, MM. les professeurs Lefcbve , Wouters , Ledoux et Van den Steen.

M. le général Van der Linden, à la tête d'un irèsgrand nombre d'officiers de la garnison, faisait partie du cortège.

Le Cercle catholique de Gand, la Société de S. Vincent de Paul, etc., etc., se trouvaient présents en corps à la pieuse cérémonie. Nous ne saurions énumérer tous les personnages et toutes les sociétés qui s'étaient fait un devoir de venir rendre un dernier hommage au vénéré prélat.

La cour d'appel en robes rouges est venue rejoindre l'assistance.

C'est Son Ëminence Révérendissime le cardinalarchevêque qui a officié. Afin de ne pas prolonger outre mesure le service divin , il n'y a pas eu d'offrande.

A 1 i heures et demie la Sainte Messe était terminée. A l'issue du saint Sacrifice, Son Ëminence et NN. SS. les évéques sont descendus dans le bas de l'église. Ensuite M. le chanoine Bracq, docteur en théologie et professeur d'Écriture Sainte au Séminaire (1), est monté en chaire et a prononcé en flamand l'oraison funèbre du vénérable chef du diocèse. Après le dis-

({) Aujourd'hui cvèque nommé de Gand , ecclésiastique si digue, à tant de titres, d'être le successeur de Mgr. Delebecque.

cours, Son Émincnce le cardinal officiant et Mgrs. les évéques sont remontés vers le chœur, où cinq absoutes ont été dites : la première par Mgr. l'évéque de Namur, la seconde par S. Ex. Mgr. le Nonce apostolique, la troisième par Mgr. l'évéque de Liège, la quatrième par Mgr. l'évéque de Bruges, la cinquième par S. Ë. le cardinal-archevêque de Malines, qui a ensuite procédé aux cérémonies de l'inhumation. Il était une heure et demie lorsque la cérémonie des obsèques a pris fin.

Il nous reste à reproduire , d'après la traduction publiée par le Journal historique de Liège, la touchante allocution prononcée par Mgr. Bracq.

Fleverunt eum populus Israël planctu magno, et dixerunt : Quomodo cecidit potens qui salvum faciebat populum !

Le peuple d'Israël lit un grand deuil à sa mort... cl il dit : Comment est-il tombé, cet homme puissant qui sauvait le peuple d'Israël?

Les enfants de Dieu qui vivent sur la terre sont nommés avec raison l'église militante, parce qu'ils ont à combattre les ennemis spirituels, le démon, le monde et la chair. Ils doivent combattre avec courage et avec confiance, parce qu'ils ont pour chet suprême dans le ciel notre Seigneur Jésus-Christ, qui est toujours le chef invisible de tous , et aussi

parce qu'ils ont sur la terre un chef suprême visible, le Pape de Rome. Cette armée spirituelle a aussi des chefs pour les différents corps d'armée que nous nommons diocèses. Et nous avions ici un chef pieux, prudent, excellent, un évêque émincnt, et cet évêque nous est enlevé! Le Chef Suprême, dont personne ne peut pénétrer les décrets, nous l'a pris! Il était ici comme un autre Judas Machabée, triomphant par son courage héroïque, et c'est au milieu de ses grandes actions qu'il est tombé. Quomodo cecidit potens qui salvum faciebat populum!

Samedi, k l'occasion de la fête de S. Bavon, patron de noLrc diocèse, il a chanté la Messe pontificale; l'après-dînéc, il a chanté les Vêpres et le Salut et accompagné la procession aux sept autels avec le chapitre et le clergé, pour implorer l'assistance des Saints pour lui-même et tous ses diocésains; et peu d'heures après il était appelé pour toujours au Royaume céleste !

Le dimanche matin, h 4 heures, se trouvant mal, il se lève et appelle du secours. Son fidèle serviteur est près de lui et lui présente de l'eau à boire. Non, dit-il, non, je dois dire la Messe à 7 heures; et quelques instants après il incline la tête et expire. Il était préparé au grand sacrifice de la Messe, préparé à aller au Seigneur, préparé à lui rendre compte.

Oui, cette mort est subite pour nous, mais non pas imprévue pour lui. Lorsque nous le félicitions de l'état de sa santé, de ses forces qui lui permettaient de supporter sans cesse des travaux si difficiles, il

répondait : Oui, du jour tout va bien , mais il n'en est pas de même ta nuit, et bientôt vous apprendrez que j'ai succombé.

Pour cette raison il se pressait toujours, afin d'accomplir , sous l'invocation de Marie qu'il nommait sa mère en tout temps, le plus de bonnes œuvres qu'il lui était possible, ayant toujours devant les yeux l'avertissement de S. Paul (Gai. VI, 10) : Faisons le bien pendant que nous en avons le temps. Dum tempus habemus operemur bonum.

Le feu ne dit jamais : c'est assez , mais il court toujours en avant. Tel était le feu de son zèle, toujours insatiable, tant qu'il restait quelque chose à faire. Il y a peu de semaines, nous entretenant avec lui des œuvres charitables qu'il avait érigées, soutenues et encouragées, nous lui disions que les bénédictions du Seigneur étaient admirables. Et quelle était sa réponse? Simplement cette grande parole : Oh ! nous sommes à moitié chemin. Et quand nous lui disions en reprenant : Vous pouvez cependant vous féliciter de l'assistance du Ciel et de la coopération incessante de tant de diocésains charitables, il répétait sa réponse : Nous sommes à moitié chemin.

Et cependant que n'a-t-il pas exécuté?

Tournez les yeux autour de vous dans cette grande cité — dans ce diocèse étendu — portez même vos regards plus loin — que d'œuvres émanant de sa foi, de sa piété, de sa miséricorde et de sa charité sans bornes, de son zèle pour la sainte Église!

Qui les indiquera simplement?

L'ignorance est la source de tous les maux, disaitil souvent, et il travaillait à la bannir. A cette fin il prescrivit un petit Catéchisme; il fit rédiger et apprendre une Histoire sainte abrégée pour les écoles inférieures, et plus tard le Catéchisme des fêtes, et il exhortait tout le monde à donner, dès leurs premières années, une instruction solide aux enfants.

C'est grâce à ses soins que les premières écoles gardiennes ont été érigées ici par des dames nobles et pieuses.

C'est encore par ses exhortations que tant d'écoles pour les enfants des deux sexes et tant d'écoles dominicales ont été établies dans toutes les parties du diocèse.

C'est par lui aussi que le petit séminaire s'est élevé à la situation florissante et admirable qui le distingue, et qu'il a déjà formé tant de jeunes gens , pour le bien de l'Église et de l'État. D'autres collèges et écoles catholiques moyennes, érigées à Grammont, à Audcnarde , à Renaix , à Eecloo et ailleurs , témoignent de son zèle pour la véritable instruction. Le prudent pasteur savait quelles suites entraîne un mauvais enseignement qui n'est pas basé sur la véritable doctrine du Christ ; c'est pourquoi il n'épargnait rien pour procurer à ses diocésains la meilleure occasion de s'initier sans danger à toute espèce de science.

A l'exemple du divin Maître, il était plein de compassion pour les brebis égarées; il désirait de les ramener toutes au bercail du Seigneur. En consé-

quencc, il voulait ériger une maison de miséricorde, et il exhorta des dames riches et pieuses à proléger cette noble entreprise; et le jour du 6me anniversaire de sa consécration épiscopale , il posa la pierre fondamentale de celte maison, où tant d'ûmes, parvenues à leur conversion et à leur solide bonheur, bénissent journellement le nom de leur fondateur.

Les œuvres de la Préservation, de S. François Xavier, de la Sainte Famille et de S. Jean-Baptiste annoncent également sa bonté paternelle.

Une autre espèce de malheureux excita aussi sa compatissante charilé : il voyail dans celte ville populeuse beaucoup d'ouvriers qui remplissent difficilement les formalités pour arriver à un mariage légitime et qui par là, pour le malheur et le scandale continuel de la société, restent vivre dans le péché. À peine était-il évéque depuis deux ans qu'il parvint à ériger l'excellente société de S. François Régis.

Pour abréger, nous passerons sous silence d'autres institutions pieuses et charitables.

Mais comment vous oublierions-nous, ô Société de S. Vincent de Paul?

Vous étiez la gloire de l'Évôque !

C'est en vous qu'il cherchait assistance pour toutes les œuvres de zèle et de charité, et jamais en vain.

C'est en vous qu'il trouvait de la consolation dans ses afflictions et ses peines.

Vous étiez son enfant chéri.

C'est lui qui vous forma en 1815. Je vais, nous disait-il , ériger une sainte Société, en commençant

très-modestement, et avec la bénédiction de Dieu nous réussirons. Ses prières et les vôtres , ô généreux coopérateurs, ont plus obtenu de Dieu que nous n'avions osé l'espérer au commencement.

Continuez donc, entretenez le feu sacré de l'amour pour les pauvres dans tous les villages , et S. Vincent et votre zélé fondateur vous contempleront et vous béniront du haut du ciel.

Et vous, mes chers auditeurs, qui ne possédez pas les richesses terrestres, vous mes frères de la classe moyenne et pauvre, c'est votre évêque que vous pleurez. Oui, c'est bien votre évêque que vohS pleurez; car il était votre Père; c'est pour vous que son cœur battait, c'est vous qu'il traitait comme ses favoris; il faisait tout pour votre bien-être, et quand il parlait aux riches, c'était pour vous, pour votre bonheur, afin d'engager les gens favorisés de la fortune à vous secourir.

11 savait qu'à Paris se trouvent beaucoup d'ouvriers flamands qui sont souvent malheureux du côté de l'âme et quelquefois aussi fort misérables pour le corps, quand ils manquent d'ouvrage ou qu'ils sont malades. En conséquence, avec la coopération de Son Éminence le Cardinal-Archevêque de Malines, il y envoya un prêtre de son diocèse avec la mission de secourir ces Flamands.

Il savait aussi qu'il y a ici des personnes qui sont malades chez elles et languissent et qui, pour l'une ou l'autre raison , ne peuvent aller à l'hôpital; il savait qu'il s'en trouve parmi elles qui ont des plaies

qu'elles ne peuvent guérir... En considérant cela , il fit venir des Sœurs de Charité que vous appelez Sœurs Grises à cause de leur habit , il leur dit : Ayez soin de mes pauvres enfants de Gand , pansez leurs plaies, secourez-les et consolez- les dans leurs demeures. — Vous les connaissez , mes chers frères , vous les aimez, ces bonnes Sœurs, et elles vous aiment, et tous ensemble vous rendez grâces à Dieu de ce qu'il vous avait accordé un évéque si compatissant, véritable père des pauvres.

Que dirons-nous de son zèle pour les intérêts de l'Église? De quel respect et de quel tendre amour son cœur était-il pénétré pour N. S. Père le Pape Pie IX? Il établit ici le Denier de S. Pierre, et il faisait déposer avec tout hommage aux pieds de Sa Sainteté les dons provenant de son diocèse. Il reçut avec la joie la plus intime les remercîments du grand PielX, qui l'aimait et le traitait si paternellement à son tour.

Il se réjouissait en pensant qu'un si grand nombre de ses enfants faisaient partie du corps des zouaves dans l'armée pontificale; et il y a maintenant quatre ans, jour par jour , qu'il célébra les obsèques solennelles des nobles guerriers qui avaient répandu leur sang à Castelfidardo pour les droits de la sainte Église.

La dernière grande œuvre de notre zélé prélat a été pour nos frères catholiques d'Amérique. Neuf évoques érigeant ensemble un grand séminaire ont envoyé deux d'entre eux à Gand , afin d'obtenir de notre évoque, pour la direction de cet important établisse-

ment, des prêtres remplis d'esprit, de science et de vertu. Se souvenant que la Flandre doit aussi sa foi à des prêtres étrangers, le charitable évéque leur a donné un des hommes les plus éminents de son diocèse sans compter trois autres ecclésiastiques trèsinstruits et distingués, tous gradués en théologie à l'illustre Université de Louvain. Vendredi dernier il leur a donné sa bénédiction et ils se sont embarqués le lendemain , pour aller avec leur Président ouvrir le séminaire à la fin de ce mois et travailler ainsi activement au salut de nos co-religionnaires américains (i).

Nous disons en toute vérité : Perlransiit benefaciendo. Oui, notre Père profondément regretté signalait chacun de ses pas par des bienfaits continuels.

U jouit donc , comme nous l'espérons , du repos et de la félicité auprès du Seigneur. « C'est pour la miséricorde, dit S. Ambroise , que les anges ouvrent toujours les portes du Ciel. »

Mais il demande lui-même dans son testament qu'on prie beaucoup pour lui. Car il savait que le juge suprême , quoique miséricordieux , exige néanmoins beaucoup de ceux qu'il comble de faveurs et de grâces, et surtout de ses prêtres et de ses évé-

(1) A l'occasion du fait signalé ici par Mgr. Bracq , nous voudrions pouvoir rappeler textuellement les paroles que Mgr. Delebecquc prononça à Louvain , le il juillet i864, pendant la promotion solennelle aux grades en théologie , paroles en quelque sorte la dernière mais aussi la plus affectueuse expression publique du vif intérêt qu'il portait à son Université catholique.

ques , qui doivent ressembler à For purifié jusqu'à sept fois. t

Payons donc notre dette de reconnaissance , en envoyant de nouvelles prières au Ciel. Gardons le souvenir de ses enseignements. Et nous tous, prêtres du Très-Haut , et vous aussi, religieux des différents Ordres , qu'il aimait si tendrement en tout temps , qu'il protégeait et favorisait, poursuivons courageusement ses combats , pour recevoir un jour avec lui la Couronne éternelle du triomphe. Ainsi soit-il.

DE VITA ET SCRIPTÏS THOJLE STAPLETON ORA- TIO, QUAM DIE 13 MENStS JULII 1863 , HABUIT F. J. LEUOUX, ECCL. CATHED. LEOD. CAN. HON., PHIL. ET S. THEOL. DOCTOR , THEOL. DOGM. PROF. ORD. , QUUM AD GRADUM DOCTORIS SS. CANON UM PROMOVERETUR VIR ERUDITISSI- MUS LUDOVICUS HENRY, PRESB. DIOECESIS NAMURCENSIS.

Romance Ecclesiœ Princeps Eminentissime , Belgii

Metropolita et Primas illustrissime ; Namurcensis Ecclesiœ Autistes illustrissime , rêve-

rendis sime ;

Ecclesiœ Adelaïdensis in Australia Autistes meritu-

sime , illustrissime ; Universitatis catholicœ Lovaniensis Hector Magnifiée,

illustrissime reverendissime prœlale ; Sacrœ Facultatis decane et magistri9 aliorumque ordi-

num prof essor es , viri eximii , doctissimi ; Docloralis laureœ candidate eruditissime ; Cives academici dileclissitni ; Auditores , quotquot adestis , honoratissimi.

Licel veleres opes , vêtus jurisdictio , veteraque privilégia, quorum alia ab ecclesiastica potestate, alia a civili pristinœ Academiae Lovaniensi collala fucrani, per vim, ab exteris patriœque hostibus illa-

tam y perierint ; haud tamen excidere neque temporum lapsu excidcnt egregire laudes, quibus illa Pontificum Romanorum, Brabantinorum Ducum,regumque Hispanorum bencvolentiœ pignora sibi pro merito viudicavit Aima Mater, bonarum litterarum in Belgio perenne columen et tutamen. Quum enim turbali e suis sedibus doctores fuerunt, disjecti discipuli, sedes ipsadisciplinarum scholarumquc limen obstrusis foribus interdictqm ; quum deinceps Romanus Pontifex , ul pax postliminio in provincias cisrhenanas reduceretur, annuit ut vetcrum institutionum ccclesiasticarum bona divendita aut fisco altributa pênes novos possessores légitime remanercnt; et quum dcinde auctoritate gubernii hollandici novis doctoribus novisque disciplinis inductis universa vetcris instituli ratio est deleta , erat tamen quœ gloriosam LovaniensisAcademiae haereditalem colligeret et conservaret, Ecclesia scilicet Catholica, quai palaestram illam litterariam crearat, sinu suo foverat , eamque semper ceu singularem atque eximiam sui partem habuerat. Atque haec, ubi celeberrimas scholas ad vitam revocavit, dotis nomine eis contulit antiqua décora , adeoquc in atria pristinarum œdium novam sobolcm adduxit ibique intucri patrum imagines virosque praclarissimos contemplari jussit qui non minus diligentes in veritate inquirenda quam in ea propugnanda strenui, nullos scientiarum rivos sibi occlusos reliquerunt , simulque pro aris et focis nullis adversariorum incursibus turbati aut dejccti constiterunt. Haec itaque exempla nobis proposita ;

( iO )

in ha&coculorum aciem convertamus oportet, ut hoc magisierio instructi talcs nos cxhibcamus , quales nos Calholica Ecclesia postulat. Sapicntissimo îtaquc consilio institutum est ut, quum quotannis jucundissima celcbritatc solcmnique apparatu ad gradus litlerarios conferendos in banc aulam convenimus, dealiquo insigni prislinœ universilatis Lovanicnsis viro scrmo babeatur; quo erectis sublimiorum hominum commemoratione animis intelligamus, nibil nobis cogilandum, nibil arripienduin , quod magnum non sit alquc cximium. Inter toi aulem prœslantissimos viros qui, pielatcm cum litteris conjungentes , immorialem memoriam in calhedris quibus nos insidernus adcpli sunt atquc banc urbem et Academiam percnnis suœ gloriœ splendore illustrarunt, Thomam Slapleton, domo ttritannum cclebrandum mihi proposui : qui cum primo sacrse theologiae doclor et regius Duaci professor fuissct , tum Societati Jesu nomen dcdit ac poslremo in Academia nostra Lovanicnsi Sacrai Scripturœ professor, doctrinam eruditionemque suam insigni laudum monumento posteris commendavit.

Verum nequaquam mihi proposui summi hujus viri gesla commemorarc, ut quae a populari suo Hcnrico Ilollando , sacne theologiae licentialo , maxima cum diligentia lillcris jam pridem exarata fucrint et pramissa tomo primo operum ejus omnium. Eadem breviter compiexi sunt Mirueus , Valerius Andréas , Niceron , Foppens , Paquoi , aliique. Quin etiam supervacaneum fore arbilror scripta ejus recensere

omnia, singulorum argumenta enucleare, virtutes et naevos, si qui forte sint, oratione prosequi , quum in unum corpus opéra ejus fere omnia collecta sint , et , quse extra vagantur , sive typis expressa , sive manuscriptis codicibus exarata , a bibliographis belgis, anglis et gallis studiose relata fuerint. Fas etiam mihi sit silenlio prseterire opiniones et judicia quas doclissimi tum inter catholicos tum inter protestantes de ejus scriptis tulerunt : haec enim jam pridem congesta sunl et ab iis vulgatà qui tanti scriptoris opéra typis commendarunt. Quid prœtcrea laudatione mea conferre huic viro possem , qui dum adhuc in vivis ageret a Cardinali Perronio , optimo utique judice, oçnium thcologorum polemicorum maximus dicebatur, et omnium existimatione dignus videbatur qui Cardinalibus Bellarmino, Perronio par merito censerelur , adcoquc in praeclarum illorum triumvirum consortium vocaretur, qui sanctorum Hieronymi , Augustini et Joannis Chrysostomi tempora postliminio excitasse videbantur. Uliliorem itaque operam a me positum iri arbitratus sum , si in adjumenta et auxilia inquiram quibus tantopere profecit Stapletonius : quae inter quum plurima sint quae etiam in noslra sita sunt potestale, praeter multa quae suspiciamus et admiremur prsesto etiam erunt aliqua, quse imitatione et usu complectamur.

Natus medio anno 1555 naturamque sortilus bonam in domo paterna ab ipsis ut ita dicam incunabulis ingentem Ecclesiae Catholicae amorem Stapletonius concepit. Primum Cantuarise , tum Wintoniae huma-

nioribus litteris (ledit oporam ; in quibus ita profecit ut non minorem sibi in hac palœstra laudem comparare , quam in severioribus theologice disciplinis potuisset ; ecterum quantopere polilioris hujusce humanitalis studio mentem informaverit , ipsa auctoris scripta lestantur. Hinc assuevit omnia , eliam minima, rimari, observare, expendere; didicilque cogitare lepide, luculenler, fortiter, cogilationum formas modosque variare , alque omnes animi sensus verbo et scripto non sine quadam dicendi jucunditate ac lepore cum aliis conferre. Quae passim in ejus libris videre est. In oralionibus enim funebribus , dogmaticis et academicis , quœ slylum uberem inagis concinnumque ferebant, plane oslendit quantum latinœ iinguae scientiam calieret et quam abunde artis oraloriae opibus esset instructus. Castigato item stylo in epistoiis dedicatoriis uiilur in quibus nullae msecenatum incredibiles laudes legenti occurrunt, quod plerisque rctatis suœ scriploribus vitium est familiare : e contrario plures ex iis praeferunt traclatiunculam aliquam de univcrsali aliquo theologiœ loco, tam eximiis sanctorum Patrum dictis aut explicatatn aut confirmalam , ut dum hœc leguntur hoc uno afficiamur desiderio ut vulgo res théologies; tanla cum dignitate ac nitore tantaque vi ac perspicuilale proponantur. Neque unquam a bonarum artium studiis cessavit omnino : clenim compertum habemus ipsum jam œlate sexagenarium in panegyrici sermonis stylo operam posuisse. Inciderat nempe in Justi Lipsii elaboratissimos de Admiranda

Magnitudine Romana libros ; quos ubi perlcgit , non ea, qua céleri, afleclum se deprehcndit voluptate , quin eliam légère tulit a viris bonis reique calholicae apprime addictis tantopere eflerri profanam Romœ magnitudinem , cliristianam vero Urbis selernre ampliludinem , quae majori longe admiratione plausuque digna est , silentio prœteriri. Bis Romam Stapletonius se conlulerat ; cclebriora Urbis décora ac monumenla suspexerat : sed quae viri gravitas crat et consilii firmilas , summa animi liberlatc ea contemplatus erat , singulis suum assignans locuin , suisque laudibus singuia prosecutus. Quoniam vcro in hisce perlustrandis non inani oculorum oblectatione duci se patiebalur, sed pietatis religionisque sensu cuncta investigabat; facium est ut viro seque pio ac erudilo Ronia christiana longe prsestantior visa sit quam profana, lllam ilaque pulcherrimis quibus posset coloribus describcre aggressus est , et Admirandis Lipsii sua vere Admiranda opponere. « Pertentabo igitur, inquit, an non ex multis et » maximis causis unius Romanse Ecclesiœ magnilu- » dinem , proprium Filii Dei opus , et quam omnes » venerari debemus , vere et merito admirandam » esse demonstrare queam, Quod ut cerlo ordine » fiât , explorabimus primum quanta sit cjus ampîi- » tudo, quam longe lateque propagata. Deinde forti- » tudinem ac robur adversus omnia hujus mundi » mala , persecutiones , hœreses , peccata , invictum » explicabimus. Mox potcstatis ejus plenitudinem » tum erga alias ecclesias omnes , tum erga reges ac

» principes hujus mundi seu creandos et in sede col- » locandos, seu ad pacem conciliandos, seu demum, » quum id aut Ecclesise salus , aut regnorum neces- » sitas poslularit , vel censuris ecclesiasticis casti- » gandos , vel etiam regno exuendos inquiremus. De » vario deinceps honore a summis regibus ipsisque » interdum fidei hostibus huic uni exhibilo, quantus » imperatoribus romanis exhibitus non legitur, ali- » qua commemorabimus. Subsequetur operum ejus » magniludo, varielas, magnificentia , multis certe » nominibus admiranda. Atque in his omnibus Ro- » mani imperii magnitudinem a Romanœ Ecclesise » majestate superalam fuisse , perspicue ( ni fallor) » oslendcmus. Tandem et illud docebimus romani » imperii et exordia , et progressus et salulem a » Romanse Ecclesiae salute et conservatione , velut » médium a suo fine pendere ac semper pependisse. » In quibus declarandis studuit quidem Slapletonius styli gravitatc atque magnificentia rerum molem et splendorem œquare; verumtamen cum scholasticis argumentis operam disserendo scribendoque n a vasset , aridior ilia dicendi ratio callum , ut ita dicam , tenaciorem consuetudine Stapletonii stylo obduxerat, quam ut puritate lalinae dictionis, periodorum numéro et pondère librato verborum conlendere cum Lipsio posset. In scholasticis autem seu polemicis libris miram dicendi claritatem cum vi ac robore sententiarum conjungit ; et quamquam in illis voces modosque quibus jam inde a saecuio XIII in philosophicis ac theologicis disciplinis permissus est usus ,

minime vitet et proxime ad Sancti Thomae formulas accedere videatur, ita lamen dicit ut facile intelligere sit eum tam latine de rébus theologicis disserere potuisse, ut neque Victoriœ neque hujus discipulo Melchiori Cano ipsique Maldonato cederet : quin imo œquare atque adeo superare potuisse Calvinum Bezamque viros utique litteratos quos ubique habet advcrsarios , si vel accuratiorem in scribendo operam impendisset, vel etiam temporis otio frui potuisset. Sed cum operse pretium existimaret omnes industrie ingeniique nervos in rébus ipsis conlendere, verborum studium nimia scribendi festinatione neglexit. Quo proculdubio factum est ut, licet doctrinse fama intégra perseverel, pauci lamen legendis ejus libris manus admoveant.

Quam a teneris in humaniorum litterarum palaestra laboris studiique patientiam hauserat, éonstanter retinuit. Hanc admirati sunt Collegii Novi Oxonienses sodales, quos inler ab anno 1554 usque ad diem secundum decembris anni 1556, quo anno magister artium publiée est renunliatus, philosophica placita ea diligentia eoque mentis acumine perscrutatus est, ut deinceps inler disceptationes logicas et metaphysicas iudibundus videretur; hanc suspexeruntAcade* mise Lovaniensis et magislri et audilores, pênes quos sese recepit tum ut perseculionem declinaret , quam adversus fidei catholicae professores Elisabetha concitaverat, tum ut rerum theoiogicarum cognitionem adipisceretur eximiam. Taiitus profecto i 11 i inerat discendi ardor, ut quum Scripturae Sacra in-

terpretationi potissimum daret operam, scquelinguœ grsecœ et hebraicœ inscilia distincri passim atque impediri in ejusmodi negotio agnoscerct, utriusque addiscenda* gratia Lutetiam discesscrit, licet Lovanii floreret Buslidîanum collogium trilingue, ratus se illic profecturum magis. Ncque unquam passus est hune studii amorem eontentionemque remitti , quin immo quum ad senectutem jam vergeret : «literato- » rum est, aiebat (Apologia pro rege Hispaniae,

» pag. 177), semper profleere, cum ad sapien-

» tissimum quemque maxime pertineat, etiam altero » pede in sepulchro posito, aliquid velle addiscere.»

Cum autem gravissimo animi dolore afficeretur quod fraude alque armis sacra omnia miscerentur reique catholicœ jura in patria miserrime turbarentur; quum patrem lotamque famiiiam solum vertere vidisset, ne fidem Christo Ecclcsiœque detrectarent; quum ipse alacri animo nunlium remisisset canonicatui Ciceslricnsi ne spiritalem aucioritatem Elisabeth» reginœ addicere cogeretur ; pro ea animi nobilitate, quam cum sanguine imbiberai, statuit sese murum opponcre pro domo Dei et nihil intentatum relinquere quo hœreticorum fraudes revelaret falsaeque doctrinœ capila argueret. Ilaque intellexit salis non esse Pétri Lombardi ejusque commentatorum vestigiis tantum insistere, arma cudere adversus Arianos , et Pneumatomachos , quibuscum nulla pugna, nulli deinceps concursus futuri erant; imo tempus inaniter teri si conflictationum impetus in obsoleta errorum portenla dirigeretur. Sed ubi pri-

mum universœ theologiœ calholicae locos bene perspectos habuit, ubi quœ in libris scholasticorum latent verilatis subsidia et ornamenta investigavit suique juris fecit ; ubi deniquc ita se instructum comparatumque sensit, ut nihil ab adversariorum amis timeret, conlulit se totum Calvini Bezaeque scriptis pervolvendis. Quem laborem eo consilio suscepisse videlur ut comperlum apprime habere posset quid tandem sibi scriplores hi vellent, quo fonte suas doctrinas derivarent, quod iter insistèrent, quam dcnique metam itineris sibi proponerent. Unde factum est ut postea nunquam diclus sit aërcrn verberasse aut adversus somnia pugnasse , sed potius Calvinismi dogmala tam bene calluisse sit visus, quam Calvinus ipse et Beza. Nequc in legendis eorum libris ad finem properabat, sed singula serio perpendebat, ea ad principia referens eorumque pcrfidiam , quandocumque inesset, secum lacite refulans. Hinc intellexit immensam esse errorum segetem et inanem laborem eorum qui secum reputassent cum novis hsereticis, qui nibii fere inausum, nihii intactum reliquerant, pugnandum esse ut olim Alhanasius pugnavit cum Arianis, Basilius cum Pneumatomachis , Augustinus cum Donatistis et Pelagianis, Theodorus Studita cum Iconomachis, aliîque sancli Paires cum aliis hsereticis, qui in unum dumtaxat alterumve errorem prolapsi fuerant : quin imo errores singulos fallaccsque sententias confutandas intellexit : ceterum in singularibus iis prœliis neque maximam spem collocandam esse , neque summam virium impendi

oporiere : e re magis esse si controversiae instituerentur , quae postmodum générales dictœ sunt. Quod non eo consilio a me quisquam arbitretur dictum, quasi ipsum ejusmodi controversiarum principem auctorcm asseram , aut illarum vim ulilitatemque primum aguovisse contendam : (in his enim posita esse fidei fundamenta semper intellectum fuit ) : hoc unum dico, Slaplctonium primum demonstrasse , extra générales controversias nuspiam esse locum ubi intcr pugnandum cum protestanlibus pes certo figatur, quoniam tolius protestantismi (est enim multiplex) principium polissimum in neganda quacumque auctoritate situm est. Scripsit ilaque primus principiorum fîdci analysin , his exorsus verbis : ci consideranti mihi vastum illud et immensum con- » troversiarum chaos , quod hodie religionem chris- » tianam ita perturbavit, ut pessumdata pene videa- » lur, ex illis omnibus quidam principales quasique » caeterarum omnium capita et fontes visse sunt, in »quae, tanquam in doctrinalia quaedam principia, » omnia probationum média rcsolvuntur : quibus » semel accuratc pertractatis et ordine explicatis, » aliquis tandem controversiarum finis etexitus spe- » rari possil. »

Porro nihil fiuiri possc neque Scriptura Sacra neque aliis instruments deinde ostendit nullique profecto rei ineluctabilem persuadendi vim inesse ntsi verse Ecclcsiaï auctoritate. «Qua sane demonstrata, » ait, et semel agnita, non habebit adversarius fidei » ultra quod replicet; nec catholicus quod circa pro-

» bationum principia ulterius inquirat. Itaque ut om- » nium principiorum, quae in controversiae examine » et doctrina fidei afferri soient et possunt , clara et » perspicua Gat demonstratio , ut ita semel aliquis » sit controversiarum finis et exitus, primo et ante » omnia quaestionem de Ecclesia quid sit (nam de » quaestione an sit, nulla , ut diximus , est contro- » versia), tractabimus : videlicet ubi et pênes quos » sit vera Christi Ecclesia, demonslrabimus ; et erit » illa prima longeque amplissima controversia. De- » monstrata semel vera Ecclesia ad quaestionem quo- » modo descendentes, de ejus potestate et auctorilate » tam quae in legibus morum ferendis , ac in cultu » religionis instituendo, quam quae in ejus subjecto, » pênes quos scilicet est illa potestas quam Ecclesiae » esse dicimus, pênes omnesne an paucos, et quos » paucos; quae erit secunda controversia. Deinde de m primario hujus poteslatis subjecto, Pétri succès- » sore, diligenter inquiretur; et haec erit terlia con- » troversia. Quia vero dembnstrata Ecclesia et ipsis » in Ecclesia judicibus ac magistris, tamen qualis sit » illa potestas, quam exercent, formaliter in seipsa » considerata , adhuc dubium manet, controversia » quarta erit de illa potestate in seipsa , sitnc vide- » licet libéra an necessaria ; probabilisne tantum an » etiam certa et infallibilis ; denique bumanane an » divina. At vero quia et istis constilutis, tamen » quanta sit haec potestas et quam late pateat, adhuc » ambiguum esse polest, de hujus potestatis eccle- » siastico objecto materiali disseremus ; ac primum

» an ad ipsas sacras Scripturas taxandas et consig- » nandas illa se extendat ; deinde an Scripturarum » interpretalio certa et infallibilis ab Ecclesia peti » possit acdebeat : postea f an dogma aliquod fidei » non scriptum, sua tamen auctoritate nobis traden- » dum, EcclesiïB judicibus se porrigat; ac demum an » circa cultus religionis praescribendos et leges mo- » rum constituendas eadcm versetur : quse omnia in » una controversia quinta complectemur. Ubi de his » omnibus constiterit, de mediis disputabitur, qui- » bus uti possunt ac debent illi > pênes quos eccle- » siastica polestas est ; quae erit sexla et ultima con- » troversia capitalis. Quibus omnibus diligenter et » accurate explicatis, atque ordine pertractatis, om« » nium principiorum doclrinalium et probalionum, y> quse in causa fidei docenda ac demonstranda aflferri » soient , possunt ac debent , perfectissima norma » constituetur : ut tandem litigandi et conlrovertendi » finis hac via et ratione reperiatur; reperto videlicet » omnium de fide ac religione controversiarum certo » et supremo judice, ad cujus vocis arbitrium tota » lis componenda est; constituta etiam certa et infal- » libili totius veritatis norma et régula , secundum » quam omnes de fide disputationes ineundae , exa- » minandse et finiendœ sunl. »

Hanc fabricam tam apte cohœrentem y hune arietem quo protestantismus omnis concutiatur et subvertatur, hoc castrum quod nullis impeti telis possit, hac fortassis setate, posteaquam tôt in lucem prodierunt polemici libri, nonnulli minus mirabuntur; sed

quum primum typis liber ille vulgari cœpit, omnium oculos in se convertit omniumque plausus excitavit. Et sane in ea praesertim editione quam non mullo ante morlem paraverat , methodus tam certa est et firma , principiorum et conseculionum lam arctus nexus, argumenlorum tum ex naturali ratione, tum ex Scripturis sacris, tum ex patrum scriptis petitorum pondus tantum, atque haec omuia tanta gravitate proposita, ut theologum animo effingere vix possis, qui majori virium suarum confidentia in arenam descendat seseque adversariorum turmis certando commisccat. Neque enim cum uno tantum hoste congredilur , sed praecipuos quosque scriptorum protestanlium adoritur, quibus cum satis non fuissct Ecclesiaî jura, disciplinam atque ipsam, ut ita dicam, faciem innovasse, nova passim doctrinarum portenta cudebant, secum ipsi pugnabant, quse moliti antca fucrant cverlcbant, quemadmodum fieri nunc etiam ab ipsis videmus; quandoquidem jam indc a primordiis reformationis hoc proprium ac velut insilum habuerint ut, inter se discordes, in uno veritatis odio convenirent. Quorum omnium doctrinam ante singulos articulos exponit, brevissime et simul fidelissime contractam , non alienis exscriptis libris, sed fontibus ipsis inspectis.

Verum licet sex illœ controversiae générales sint, innumera lamen innectuntur quic ad singula fidei capita pertinent: neque aliter fieri poterat. Parlicularia enim a locis theologicis non ita secerni possunt, ut hî soiitarii veluti consistant : adhœc cum diligen-

tissimam in protestantium erroribus indagandis opcram collocasset, fieri vix poterat ut quœ data occasione ac veluti cursim dejicere poterat intacla prsetermitteret. Quemadmodum vero maximam in generali theologia polemica adeptus est laudem ita etiam magnam assecutus est in particulari : in qua quanlum valeret, ostendit potissimum duodecim libris de universa juslificationis doctrina Ixodie controversa, anno 1582 primum in iucem prolatis. Quod argumentum eliam in Antidotis evangelicis et apostolicis prœ céleris versavit. His scilicet antidotis inteliigit commcntarios in qualuor evangelia, in Actus Apostolorum, in epistolam ad Romanos et in duas ad Corinthios: in his porro commentariis concinnandis a vulgari aliorum methodo ac ralione recessit. Ordine quidem capitum versuumque progreditur, sed ea omittit omnia in quae nihil absonum aut a veritale abhorrens Calvinus, Beza aliique haereticorum principes produxere; adeoque abstinet ubi pugnandum non sil. Hinc fit ut summopere dislent Stapletonii commentarii ab omnibus aliis. Vulgo enim interprètes sacrorum verborum sensum inquirunt, repertumque explanant et déclarant; nostri autem interpretis prsecipua cura est divinum textum vindicare ab impactis haereticorum calumniis et ob oculos demonstrando poncre quanlopere iili a vero aberraverint, quum cœlestibus oraculis turpes impietatis doctrinas superslruxerint. Neque ego arbitror unquam aliquam cum haereticis pugnam locum habuisse, in qua adversarii tam cominus tantoque

virium œstu colluctati fuerint. Perpetuo scilicet Calvinum Bezamque veluti a terra sublevat et ad fidei petram allidit catholicus athleta, nuspiam tamen usus arte, dissimulatione, argumentis ad hominem aut aliis id geuus armis, quibus impediuntur magis hostes quam vincuntur : sed veluti e fronte errores impetit, eos in lucem extrahit et argumenlorum momentis subvertit. Haec ubique in Antidotis.Verumtamen nuspiam vehementius suas vires exerit quam in commenlario in epistolam ad Romanos, qua omnium maxime abusi fuerant haeretici, et qua proculdubio nullus alius Scripturae locus est difficilior, quod Paulus ut ipse loquitur Stapletonius : « in una » hac ad Romanos epistola veluti totum effundens » spiritum suum, multis nominibus singulariter est » difficilis. Quia multas movet quaestiones, easdem- » que difficiles; quia utitur phrasibus confusis et » minus expiicalis , concise loquendo et praeter vul- » garem morem ; quia disputationes tractât velut » inusitatas , de quibus in Evangelio vel cœteris » Apostolis parum aut nihil invenias : ut de voca- » tione gentium, ac rejectione judaeorum, de lege » Moysi, de lege natune, de lege peccati, de lege » carnis, de lege membrorum, de lege spiritus vitae, » de lege factorum, de lege justitiae, de lege fidei, de » lege mentis, de lege morlis : tum de justitia Dei » revelata, de justitia fidei et ex fide, de justitia legis » et ex lege, de justitia operum : mox de circumci- » sione carnis et spiritus, de Israël secundum carnem » et non secundum carnem, de homine exteriori et

» interiori : tandem de spirilu servitutis et spiritu » adoptionis , de spiritu Dei inhabitante, agente, » mortificante, vivificante et interpellante, secun- » dum quem ambulare, in cujus novitate servire, » cujus testimonium habere oportet. Hœc, addit » deinde, et in solo ferc Paulo leguntur et in hac » potissimum epistola traduntur, tractantur, incul- » cantur. His accedit quod in eodem conlextu varias » interdum personas induit, nunc firmi, nunc in- » firmi; nunc carnalis, nunc spiri tualis , nunc judaei, » nunc graeci ; furtimque et ex abrupto personam » mutât, et ab una materia in aliam transit. » Ex qua difficultatum recensione palet, quanto mentis acumine, in imas illius epistolae rimas penetraverit calholicus miles quantaque ingenii vi eam appréhendent et germanum veritatis succum expresserit, exemplo S. Augustini ab hac explicanda epistola operis magnitudine nequaquam deterritus, sed suamet doclrina frelus, imo vero magis singulari Spiritus sancti auxilio, quo ad epistolam hanc intelligendam opus esse jam pridem docuerat S. Hieronymus. Quod vero alibi passim occurrit, catenam scilicet ex dictis palrum innecti ab interpretibus et aliénas interpretationes ordine quodam collectas exhiberi, neque hic neque alibi in Stapletonii commentariis deprehenditur. Innililur profecto patrum scriptiset Ecclesiae auctoritate, sed lam dextre, tam opportune hisce prœsidiis utitur ut ipse quasi alienis verbis loqui videatur; adeoque ea tam apte conveniunt ut ex proposito prolata censeantur. Qua enim Scriplu-

ras sacras animi attentione perlogerat et mcditaïus erat, cndem sanctorum patrum libros, commcntatorum volumina, conciliorum tomos et apostolicarum litterarum syllogas pervolverat suique veluli juris feceral; ita ut nunquam alienœ eruditionis thcsauros proférât, sed semper suae. Neque illic stetcrat. Pro egrcgia enirn suai mentis prudentia jam pridem viderat quantum praesidii theologis posilum sit in historia ecclesiastica, quœ ab ipsis fonlibus lcctione hauriatur. Eusebium itaque, Sozomcnum, Socralcm, Orosium, Sulpitium Severum, aliosque familiares habebat; quin vero historiœ vehementius affici hinc didicit, et quod magno usui popularibus suis fore spcrabat, Venerabilis Bedae historiam ecclesiasticam Anglorum anglicc vertit, codemque consilio trium Thomarum, Apostoli, Cantuariensis episcopi et Mori vitas descripsit, ut documcntum insigne suce gentis hominibus praeberet, quemadmodum regibus prava jubenlibus resislendum sit. Et profccto si in theologiae sladium ingrcssus non esset , tempusque in amœnioribus studiis diutius impendisset, ea erat animi sagacitate, gravitate judicii, sentcnliarum 110vitatc et styli robore prœditus, ut Sallustium forte ac Tacitum semulari non immerito potuisset. Licet enirn totum fere vitae curriculum aliis curis studiisque distendus transegerit, illae lamen dotes in Apologia pro rege calholico Pliilippo H, quœ fere historica est, singulari quadam ratione eminent. Et ne quis forte exislimet me causse potius quam rei veritati inservire, speciminis gralia unum exinde locum pro-

feram, ubi in liminedocet lectorem hanc ex eo libro potissimam capiendam esse utilitatem, Calvinismum scilicet, angue pejus,dètestandum esse : « perspicies » enim, ait, ex iis quae infra dicentur, unicum haere- » sis in Ànglia fovendîe sludium domi forisque tôt » tragœdias excitasse; in ipsa Anglia, innumeros » oppressisse; plurimam nobilitatem vexasse; mul- » tum sanctorum sanguinem fudisse; diuturnam, » cruenlam, barbaram et quotidie ingravescentem » Inquisitioncm excitasse: in scotia, regnum totum » odiis optimatum et civilibus partium discordiis » perdidisse; reginam obtruncasse; regem servi- » liter alieno imperio subjeclum tenuisse et adhuc » tenere : in Francia, faclionem hugonoticam tôt » annis contra suos reges armasse; Valesiorum » regalem familiam penitus extinxisse; tolum illud » florentissimum regnum in extremum discrimen » conjecisse : in Dclgio , tôt annorum bella sus- » citasse, fovissc, continuasse, tôt oppida pul- » cherrima diripuisse; tôt porlus munitissimos et » commerçais florentes in speluncas latronum con- » vertissc ; tôt provincias feracissimas et omnibus » rébus quae vitae alimento vel ornatui esse possent » affïuentissimas , non depopulatas modo et expila- » tas , sed pene in déserta redegisse , ad extremum » terra marique infinitis prœdonum catervis infesta » reddidisse. Quod si in extremo fere orbis chris- » tiani angulo haeresis stabiliri et dominari nonpos- » sit, nisi ad eam suscipiendam primum subditi » omnes violentis et cruentis legibus adigantur,

» deinde omnia régna vicina per fas nefasque, etiam » cum regum , oplimatum et populi strage , cum » civitalum direptione, provinciarum vastaiione , » totius dcnique orbis incendio velint nolint com- 5) pellantur; annon facile tibi christiano homini per- » suasum erit laniam peslem, tam violentum turbi- » nem , non cavendum modo, sed primo quoque » temporc exterminandum et omni conatu ab orbe » christiano relegandum esse?» Jam vero qui et res tam profonde inlrospiccre, tam nervose et pracise lectorum oculis subjicere valuit , dubitari non potest quin prgeclara ingenii vi et cultu instructus fucrit. A natura ilaque eximia dona habuil Staplelonius, mentem acrem et meditationi apprime idoneam , memoriam certam tenacemque ; judicium capax ac sublime, cujus ope singuia ad sua principia referre, summatim complecti , et a culmine contemplari sueverat; postremo indefessum studii amorem, quo factum est ut cum iler ageret aut etiam morbis afflictaretur, a libris abstincre non posset. Has natura» dotes auxit aeperfecit piclas, ad omnia utiiis, cujus impulsu ad Dei hostes debellandos animasque ab eorum insidiis servandas ipsas naturœ suppetias et dona convertit. Ortum inde habuil zelus ille nunquam remissus et internecinum veluti odium adversus Caivinum , quem tantai in Ecclesia cladis auctorem lamentabatur. Hac solliciludine, hoc malorum dolore permotus secum statuit nunquam quiescere , donec universam illam mendaciorum machinam , tan ta arle atque etiam scientia ( quorsum enim hos-

lium robora laudesque dissimularcm ?) elaboratam , funditus cvcrtcrct. Hinc sive in cella sua lcgendis Patrum aliorumve scriptis operam solus daret, sive publiée de Scriplura sacra Duaci aul Lovanii disputarct, Calvinum et discipulum Bezam sempor an te oculos ac velut in mente defixos habebat; quos a nemine ita contrilos fuisse ut a Stapletonio dixerunt pm-stanlissimi illius aetalis homines. Valuit ilaque boni amorct mali odium tantum apud Slapletonium, ut si fieri potuisset etiam plus operae dedisset studio et litteris; aliis stimulis plane non indigebat. Solebant quidein lum reges , lum principes et civitates , professorcs quosque optimos effusa stipendiorum liberalilalc ad suas cerlalim academias allicere. Stapletonius sese ut mercenarium conduci nunquam passus est. Docuil Duaci canonicalu ad S. Amati contentus, donec societatis Jesu tirocinium ingressus est; unde quum propter intirmam virium valetudincm exisset, et brevi posl ad cathedram Scripturae sacne Lovanii evectus esset, paulo quidem locupletior faclus est, maxime quum jussu régis Hilverenbecanum decanatum adeptus fuit : verum etsi eo tempore censum aliquanto auxisset, pecuniam non sibi asservabat, sed ultro egenis popularibus, ex patria propter fidem in Belgio profugis erogabat. Neque honorum magis ambilione laboravit, quippe qui a Clémente VIII. P. M.peritissimonimirum ipsius operumadmiratore, frustra Romam invilatus fuerit, ut prius Protonotariorum aposlolicorum , postea vero ( quemadmodum vulgo homines existimabant) ut Cardinalium collegio accenseretur.

Atque his quod mihi proposueram absolvisse mihi videor. Oculos nernpe vestros in magnum Slapletonium converti oslendique eum ad Theologiae fastigium devcnisse, quod nil plane neglcxcril, sed, quantum salis esse videbatur , conatus sit in quovis disciplinas gradu excellere , lilleras vernaculas , latinas , gruecas et hebraicas conjungcns non cum sola metaphysica et theoiogia scholastica aut polemica , verum eliam cum sacrarum Scripturarum studio diuturno, aiacri et penitiori, et cum lectione assidua fontïum historiïe ecclcsiasticae ; multo tamen magis quod pro Dei gloria atque aeterna hominum felicitate sollicitus, haec omnia, eximio pietatis cultu ac divin» sapientiîB ope , ad sinceram religionem vindicandam contulcrit. Quod quidem exemplum anle oculos tibi statuas velim , eruditissime candidate, cujus juventus intégra est, ingenium alacre et judicium praestans, ut eo excitatus addiscas quo vires intendere, quem studiorum ac laborum terminum proponere libi debeas. Humum sperne neque te desidiosse mediocritatis ambitu includas : sed quœ splendidiora surit ac sublimia, ad gloriam divini nominis reique christianae bonum ultro semper amplectere. Circumstant Ecclesiae hostes, non minus furore et perfidia lerribiles quam ii quibuscum Staplctonius decertavit; hac tantum re ab iis distant, quod eruditione ac doctrina antiquioribus illis cedunt, quandoquidem hoc unum plerique sciunt, dubilare se de fidei rébus, sed quare dubitent plane ignorant. Verumtamen non desunt inter eos qui in philosophais , in

archœologicis , in historicis alque etiam in theologicis disciplinis non mcdiocriter versati sint et quorum doctrinae fama vulgi scandalum sit. His ut obviam eatur a peritis viris necesse est; difficultés quas opponuntnon negandse aut dissimulandae sed enodandae ; omnium vero maxime oportet ut docirina catholica exponatur clare, conjuncle, philosophice, accurate; ita ut ipsa exposilio demonstralionis pœne locum obtineat. Gravior utique labor quam prima fortassis specie videalur, et quem defatigati annorum pondère humeri ferre récusent; te, eruditissime candidate, manet haec sparta; quare ad hanc te operam accinge et doctoris laurea, qua mox es cohonestandus, sic utere, ut, quemadmodum olim Stapletonius, Sanctse Romanse Ecclesiae auctoritatem et disciplinam pro viribus tuearis.

tized by Googl

DE JOANNIS FRANCISC1 VAN DE VELDE VITA ET MERIT1S ORATIO, QUAM DIE il JULH 1864 HABUIT EDMUNDUS HENRICUS JOSEPHUS REU- SENS, BIBLIOTHECjE ACADEMIQUE PRiEFECTUS, S. THEOLOGLE DOCTOR ET PROFESSOR, DUM IN S. FACULTATE THEOLOGICA SOLEMNIS FIE BAT AD GRADUS ACADEMICOS PROMOTIO.

Sacrœ Romance Ecciesiœ Princeps Eminentissime , Belgii Metropolita et Primas illustrissime, reverendissime;

Excellenlissime , reverendissime , Summi Pontifïcis apud Delgarum regem, Nantie apostolice ;

Namurcensis et Gandavensis Ecclesiarum Antistites illustrissimi , reverendissimi ;

Ecciesiœ Bostoniensis in America septentrionali Prœsnl reverendissime;

Illustrissime, providîssime Prœlale , Universitatis catfwlicœ in oppido Lovaniensi Rector Magnifiée ;

Sacrœ Facultatis t/wologicœ decane et magistri, aliorumqueordinumprœfecti et professorcs,virieximii, consultissimi, experlissimi , doctissimi;

Doctoralis loureœ candidali erudilissimi ;

Cives academici dileclissimi ;

Celerique audilores omnes , viri spectatissimi.

Majorum cclebrare laudes el prœclara ipsorum gesta encomiis efferre inler pietatis filialis débita

merito numeratur. Insuper, dum priscorum magistrorum exempla ob oculos versa n tu r, ad parem virtutis et doclrinœ œmulaiionem nos incitant. Etenim gloriam filiorinn esse patres eorum et ab ipsisdiscendam esse sapientiam et doctrinam inlelleclus (1) sacrœ testantur literie.

Hinc, dum in solemniori aula doctorali dicere mihi oblingit, mori anliquo inhaerendum esse duxi, quo, in festivis Academiœ nostrae cœtibus , praestantis cujusdam viri in religionem et patriam mérita extollantur.

Laudes ergo virili pro parte prœdicabo viri tum scienlia, tum studio in rempublicam et Almam Matrem noslram, Universitatem Lovaniensem, maxime conspicui ; dicam de vita et meritis Joannis Francisci Van de Velde, cujus memoria apud plures veslrum adhuc vivit.

Joannes Franciscus Van de Velde piis honestisque parentibus natus est in Bcveren, Wasianae ditionis pago non ignobili , die quinta martii anno supra millesimum septingentesimo quadragesimo tertio (2).

H) Prov. XVII , 6 et Eccli. VIII , 10.

2) Mgr. de Ram , recteur de l'Université catholique de Louvain. i bien voulu nous communiquer l'autobiographie de Van de Velde. Nous y avons puisé beaucoup de renseignements qu'on chercherait en vain ailleurs. L'autobiographie nous appreud que Van de Velde était le Cls de Matthias et de Marie-Catherine Van Royenacker. Il naquit le 5 mars 1743. Quelques auteurs placent par erreur U naissance de Van de Velde en 1745 ( Catalogu* primorum ) , d'autres en 1744 ( Cat. Van Hulthem, t. VI).

Pueritiae annis in solo nalali prospère exactis primum Hcrendalium, dein Ghelam, Campiniae Brabanticae municipia gymnasiis lune temporis celeberrima, mitlitur liLerarum huinaniorum rudimenlis imbuendus. Parentum expeclationem non fefellit juvenis, quippe qui in schola quavis sodalibus primam palmam prœripuerit. Studiorum curriculo absoluto , annos nalus dcccmctoclo Lovanium pclil, ibiquein paedagogio,cui a porco sylveslri nomen est, philosophie et arlibus operam daturus alcndus recipitur. Facultalis arlium cursum biennalem emensus, in gcnerali et solemni promotione inter centum et quatuor promotos primœ lineae secundus renuntiatur (1).

Mox ad studia ihcologica animum converlens , Majoris collegii sancti Spiritus alumnus (2), per septem ferme annos disciplinis sacris totum se dedidit , interea sacris ordinibus inilialus (3), et gradum baccalaurei in sacra theologia adeptus. Hinc migravit ad collegium Allicollense , in quo septemdecim mensibus commoratus est. Quo intermedio lempore quatuor de more pro licentia disputationibus summa cum laude habitis , licentiae gradu insignituret re-

(4) La promotion fut célébrée le 8 octobre 47G3. Le Catalogua primorum se trompe donc en Bxant la promotion de 1763 , au 18 novembre.

(2) Il entra au Grand-Collège nu mois d'avril 1764.

(3) « Vigore dimissorialium Autverpiae ab illnst. ac rêver. D. Henrico Van Gamcren , servalis annuis interstitiis , ad sacros ordines promolus, die 48 februarii 4769 presbyteratus diguitatc iDsigoitu> fuit. » Autobiographie.

^cndae bibliothccae académie» praaficitur (1). Quod quidem munus per viginti quinque annos adeo fideliter scduloque gessit, ut aucta co intervallo Bibliothcca incrcdibili selectissimorum et pretiosorum librorum copia splendorem nobilissimum induerit; cujus rci nostris adhuc diebus lestes sunt volumina, quae post direptos et magnam partem alio abductos initio hujus sreculi scienliae thesauros, in pluteis literarias supellectilis, qua utimur, Veidenii manu signala atque ipsiusadnolationibus illustrata etiamnum hodie magno numéro offendimus (2).

Omnibus exinde jam cœpisse perspectam fieri junioris Veidenii prudentiam et doctrinam luculentissime quisque collegerit ex variis muneribus, quse ipsi successu lemporis concredita fuerunt , et dignitatibus quibus, licet invitus, ornalus exstilit. Sic, ut cetera silentio premam , jam ab anno supra millesimumseptingentesinrioseptuagesimo tertio vicepraeses

eximio viro ac magistro Cbristiano Francisco Terswaeck , Roterodamo. Cum illîc versaretur, liceutiae gradu in sacra theolngia die 18 februarii I77i auctus fuit « cique 3 februarii prscedenti biblioihec© académie® admiuist ratio commissa fuit. > Autobiographie. Staks , IVek. Niettwt , II , p. 436, dit que Van de Velde fut promo à la licence le 13 février 4771 ; Namur , Hist. de la bibliothèque de Louvain , p. GO , fixe la nomination de Van de Velde comme bibliothécaire au 50 janvier 1773.

(3) Vojex sur l'administration de Van de Velde , les Analecte» de F Annuaire de VUniversité catholique, 1850 , et Namue, Hùtoire de la Bibliothèque de Louvain, pp. 69-131.

eonstîtuilur collegii Sabaudici; imo, post paucos menses cura Minoris collegii sancti Spirilus a strietiore facultate theologica ipsi concreditur (i). Paulo post in locum demortui domini Guyaux, sacrarum literarum professoris , regio decreto ad tempus sufficitur(2). Intérim tamen, dum discipulorum ^ratiâ in exponendis divinis libris pnecipuam diiigentiam ponit, reliquisdisciplinis iheologicis animi ingeniique vires applicare non desislit, ila quidem ut die octavo mensis augusti anni miliesimi soptingentesimi septuagesimi quinti, una cum Petro Wuyts, Tongcrloensi , doctorali laurea condecorelur (3).

Anno proxime sequenti collegio hollandico, divse Pulchcriœ sacro, prœficilur, conslitutus eo ipso judex doctrine illorum qui ex Lovaniensi academia pro missione Balava et vicarialu apostoiico Buscoducensi promovebantur (i).

Ex quibus omnibus existimalio, quam universi de ipsius in arduis quibuscumque Iraclandis dexteritate

(1) Le 21 novembre 1772, Van de Velde fut nomme professeur (tector) au collège de Sainte-Pulcheric ou de Hollande, par le président Wellens, qui devint plus lard évèque d'Anvers. Il obtint la vice-présidence du collège de Savoie le 51 mars 1775, et celle du Petit-Collège le 13 octobre de la même année. Voyez VAutobiographie de Van de Velde et Staes , H'ekelyk&ch IS'icuus , lî, p. 436.

(2) Il ouvrit son cours d'Écriture Sain le le 14 novembre 1774. Voyez Staes , op. cit., IV, p. 529.

(3) Il Tut admis comme membre du Conseil de PUuiversité , Concilium Vniversitalis , le 31 août 1775.

(4) Voyez l 'Autobiographie ; Staes , op. cit., VII , p. 280, et Catal. prim., p. 122.

et prudenlia habebant, tantum incrementum accepit, ut non iia multo post eveclus fuerit ad summos rectoratus honores (1).

Jam ab aliquo tempore inter facultatis théologie» doclorcs régentes cooptatus, posteaquam vicaria opéra per integrum quadriennium sacras scripturas, omnibus demirantibus, publiée fuisset interprétâtes, patentibus literis Mariae Theresiae, imperatricis, professor cœsareo-regius nominalur, simul canoni* catum, ut vocant, prima; fundationis in ecclesia Divi Pétri Lovanii adipiscens (2).

In scholis academieis quanta doctrinœ laude fîoruerit, et qua exquisita arle animos auditorum sibi divincire noverit, vel ex hoc solo conficere possumus, quod postca, eliam adversante fortuna et in difficil- Hmis rerum adjunctis, discipulos suos sententiœ magistri adhner^nles atque animose pro ipsius placitis propugnantes numquam non sit experlus (3).

Divinis libris profitendis per quinque ferme annos

(i) Le 38 février et le SO mai 1778. Voyei Staes, op. cit., XI, p. 433 et 357.

(x) Le 48 novembre 4778. Voyez Staes, op. cit., XII, p. 403.

(3) Déjà , à celte époque , Van de Velde était en relation avec plusieurs savants étrangers. Il fut honoré, nous dit-il dans son Autobiographie , de plusieurs lettres du cardiual Etienne Borgia. L'éditeur des Œuvres de S. Maxime de Turin , publiées par ordre de Pie VI, s'adressa à Van de Velde pour faire rollationner le texte imprimé à Cologne, en 4555 , avec le manuscrit des sermons du saint docteur, conservé à l'abbaye de Saint-Martin, à Louvain. Voyer S. Maximi episcopi Taurihensis opéra. Romx, 4784, pag. xxxu.

gnaviter operam impenderat , quando eum a prafcctura collegii hollandici avocatum communibus votis moderandoMajori collegio theologorum praefecerunt sacra? facultalis doctores régentes (I). Quo munere auctus, totus in eo fuil ut discipulorum ipsi concredilorum animos non ad scienliam tantum, sed ad pietatem etiam informaret, memor effati aposlolici : Scientia in (lut , chantas veto œdificat. Si quis autem se existimat scire atiquid, nondum cognovit, quemadmodurn oportet eum scirè. Si quis autem diligit Deum, hic cognitus est ab eo (2).

Licet nihil antiquius haberct, quam ut spiritualem subditorum profectum procuraret, bonorum tamen temporalium curam non neglexit; imo, ipsius opéra res collegii in florentissimum statum devenerunt. Optimo jure laudator ipsius funebris exclamare non dubitavit : « Si linguse calamique lacuerint, lapides » etiamnum clamabunt, quanta cum solticitudine ac » liberalitale hujus collegii spatiosa ac splendida » œdificia , eo fere , quo adhuc visunlur, statu e fun- » damentis partim ercxerit, partim quoque, quœ » veluslate lababant, magnifiée restaurant. Id vero » dolendum maxime, quod prœses laudatissimus, » qui ingressum ccleberrimae hujus domus aSiplîfi- » cavit, plus semel ex eadem procelloso tempore » fuerit delurbatus (3). »

{\) Le 13 mai 1783. Voyez Stàes, op. cit., XXI, p. 560 et suit.

(S) I Cor. VIII , 4 , sqq.

(3) Catalogut primorum , p. ISS, sq.

Etenimvix perannum Majoriscollegii moderamen in se susceperat , cum ob defensionem jurium sedis apostolicœ varias a potestate civîli passus est vexaliones, ob propugnatam, ipso prœside , die 18 junii anni supra millesimum septingentesimi octogesimi quarti, thesim de impedimentis matrimonii, in qua ponebalur : Ecclesiam potuisse semper ac posse constitue™ impedimenta matrimonii tant prohibentia quam dirimentia, non auctoritate ab hominibus accepta, sed a Christo sponso suo immédiate tradita, conciliique Tridentini de isto fidei dogmaie canones, traditione perpétua niti; atque ob principum et legum nonnutlarum civitium insotentias, omnem de matrimonii) statuendi auctoritatem jam pridem sibi merito Ecctcsiam réservasse. — Iratus ideirco imperator, Josephus II, qui pontificiam auctoritatem circa matrimonia lidelium, quacumque ralione posset, deprimere, civilem vero extollere quaerebat, statim Veldenium a quoeumque officio in Academia Lovaniensi exercendo interdicit; quem tamen paucos post menses ad meliorem sensum regressus et facti pœnitens sentenliam injuste latam irritando in pristinum gradum restiluit (I).

(I) Van de Veldc fui suspendu de lout emploi à l'Université par une dépêche du 7 juillet 4784, et réintégré dans ses fonctions le 4 novembre de la même année. On trouve de longs détails sur la controverse suscitée par la thèse de impedimenta dans un pamphlet du docteur Marant, collègue et adversaire do Van de Velde , publié sous le titre de Relation fidelle de ta dispute élevée entre le* docteurs de théologie de Louvain à l'occasion d'une thèse de impedimentis matrimonii. Lille ,

Cum vero Vcldenius, athleta veritatis invicttis, nullis Josephi minis pertcrritus , pergeret conlra theologos aulicos seminariique generalis patronos el professores, intrepido animo, tum polestatis ecclesiasticœ, tum Aimœ Matris, Universitatis Lovaniensis, jura tueri, et pro iis tanquam pro aris et focis dimicarc, nova in ipsum lempestas ingruit, ita ut, hiennio post, semel atque iterum a cura bibliothecœ academicîe amotus , atque e cathedra magistrali dcjectus, tandem anno octogesimo octavo, iniqua imperatorissententiajn exilium missus,lalebras quœrere et fuga sibi consulere coaclus fuerit (J), do-

1786 , in-80. Voyez aussi le Catalogue des livres de Fan de Felde, I , n" 3985-3988, où sont mentionnées plusieurs lettres de felicitation adressées au professeur de Louvain après la défense de la fameuse thèse. — L'année suivante (1783), on célébra pompeusement à Bruxelles le jubilé du Saint-Sacrement de Miracle. Le 19 juillet, Van de Velde piououça, en l'église des SS. Michel et Ondule , un discourt imprimé à Louvain et dout nous donnons le titre ci dessous.

(1) Van de Velde se réfugia à Anvers , et s'y cacha plusieurs mois pour se soustraire aux vexations de l'empereur. Ce fut alors qu'il composa ses Recherches historiques sur l'érection , la constitution , les droits et privilèges de l'Université de Louvain; 1788 , G cah. in-8*. Il s'y attache surtout à prouver que l'Université de Louvain jouissait de tous les droits et privilèges des corps brabançons. Lorsque, au mois de juillet 4788, la sentence qui l'envoyait en exil eut été prononcée , Van de Velde se relira à l'abbaye d'Aulne dépendante de la principauté de Liège. Arrivé le 49 août 1788, il y resta jusqu'au 28 décembre 1789. Pendant son séjour à Aulne, il enseigna la théologie aux jeunes religieux du monastère; il fil aussi un voyage à Paris vers le milieu de l'été de 1789. Il s'y trouvait au

nec excunte mense dccembri anni sequcntis, pulsis Àuslriacorum lcgionibus et Palriollis, ut vocanl, principatum teuenlibus, Lovanium reverti etantiqua munera obire denuo ipsi conccssum fuit.

Vorura diutunia non fuit haec restitutio; elenim, mense novcmbri anni millesimi scplingenlesimi nouagcsimi secundi, facta est prior Galiorum in Belgium irruplio, qua2, cliamsi nonnisi tribus mensibus perduraverit , innumeris lamen cladibus tum religionem tum patriam alUixii. Templa ornamentis et preliosis quibuscumque spoliala, cives exaclionibus etsumplibus exhausti,bona coliegiorumUniversitatis sequestri data et cistae receptorum jussu invasoris obsignatœ (1). Veldenius nihilosecius in hac procella

moment où éclata la tourmente révolutionnaire ; sa vie même fut un moment en danger. Voyer les Analcctea de i863 , p. 347.

(i) Eu 1700 Van de Velde passa une partie de Tannée à Bruxelles avec le dot. leur Vouuck , professeur à la faculté de médecine , et Timn.oimans , professeur à la faculté des arts. Ils avaient été délégués par l'Université pour réclamer tous les objets enlevés à Lonvain et conduits à Bruxelles en 4788, lorsque l'empereur Joseph II transféra eu cette dernière ville les facultés de droit , de, médecine et de philosophie de l'ancienne Université de Louvaiu Vau de Velde fut chargé spécialement de faire retourner à Louvatn les livres et les archives que le gouvernement autrichien avait transportés à Bruxelles pour l'usage des nouvelles facultés. Les livres avaient été déposés provisoirement au couvent supprimé dit de Lorraine, et dans l'aucicnne église des Jésuites. — De retour à Louvain Van de Velde s'occupa de l'embellissement du collège dn Saint-Esprit. Il Gt rebâtir d'abord l'aile droite , qui est vers le midi et renferme le réfectoire, ensuite, la partie qui est vis-à-vis de la porte d'entrée.

tanquam miles fortissimus, locum surnn non deseruit, et innumeris licet affectas molcstiis, sumptibusque oneralus, in Majori collegio theologorum permansit(i).

Celte dernière construc tion fut couronnée d'un dôme octogone surmonté d'une pyramide sur laquelle on lisait l'inscription suivante :

Page 1