ADRESSE
d'adhésion et de félicitation à Notre Très Saint Père le Pape Léon XIII, au sujet de son encyclique « Æterni Patris ».
Beatissime Pater,
Epistolam encyclicam « Æterni Patris » quam ad universum orbem catholicum nuperrime dedisti, quamque venerabunde boni omnes acceperunt, nos quoque læto eodemque obsequentissimo animo excepimus. Cuius lætitiæ atque obsequii ut publicum aliquod exhibeamus documentum, non tantum suadent sed suo veluti iure postulant gratissima ilia amoris et obedientiæ vincula, quibus cum Sede Apostolica et Tecum, Beatissime Pater, Lovaniensis Universitatis amantissimo patrono, sumus coniuncti. Iure merito admirantur omnes, Beatissime Pater, singularem illam sapientiam, qua Ecclesiæ bono et civilis societatis prosperitati Pastor Supremus opportuna sollicitudine invigilas, dum mi-
randa hac tua Encyclica raalorura, quibus undique res publica preraitur, simul et penitiorem eausam déclaras et eisdem occurrendi remedium offers. Profecto ubi suprema ilia, quibus scientiæ omnes necessario reguntur, principia pervertuntur, ipsæ quoque scientiæ pervertantur atque in erroris instrumenta convertantur necesse est. Re vera incidit ætas nostra in tempera quibus perversa ilia philosophandi ratio tamquam nova quædam pestis passim grassatur. Hinc effrena ilia quidvis cogitandi et scribendi licentia, cui nihil certura nisi quod sensu percipi potest. Hinc nefanda ilia doctrinæ systemata quæ non tantum fidem catholicam ordinemque supernaturalem negant et eliminare conantur, verum ipsa etiam ordinis naturalis fundamenta, Dei scilicet existentiam, regulam morum, ani* mæ immortalitatem impugnantet porrolabefactant. Quum autem falsorum principiorum venenum scientias speculativas infecerit, illudque veneflcium uecessario in hominum actus influât eosque pervertat, quidmirum si et mores corumpuntur, matrimonii sanctitas violatur, auctoritas pessumdatur, ipsaquæ societatis existentia in discrimen adducitur? Quid mirum si Ecclesiæ Sanctæ præcepta et raonita contemnuntur, ejusque jura ac libertas impio ausu violantur? Quod si hæc delictorum mnltitudo quæ magnam partern ex perversa philosophandi ratione nata est, bonos quosque mœroro aflicit, magnæ profecto
gratiæ agendæ sunt Tibi, Beatissime Pater, qui hisce malis medendis remedium affers saluberrimum. Et vero persuasum nobis est, Beatissime Pater, ex doctrînis philosophicis ad mentem S. Thomæ correctis et traditis multa pernieiosarum opinionum commenta deletum iri, multasque e contra Christianæ juventutis institutioni atque adeo ipsi civili soeietati utilitates obventuras- Felicem sese prædicat Lovaniensis Academia, quod vota Tua quasi præveniens constanter pro viribus laborat ut Philosophia S. Thomæ instauretur, et in pristinam sui honoris sedem restituatur. Cujus rei liceat nobis, Sanctissime Pater, sequentia adducere argumenta. In facultate S. Theologiæ, disciplinée dogmatica et moralis secundum inconcussa S. Thomæ principia traduntur, Et ut discipuli soholasticæ disputandi methodo assuescant, publicæ singulis hebdoma» dibus habentur disputationes; eadem quoque disputandi methodus servatur in propugnandis thesibus ad gradum sive baccalaurei, sive licentiæ, sive doctoris consequendum. Philosophiæ Magistri diligenter operam dant ut inhærentes principiis angelici doctoris, doctrinas ejus de Deo, de liomine, de rebus sensibilibus et incorporeis substantiis, de actibus humanis eorumque regulis, de legibus rationandi plene atque dilucide quantum temporis angustiæ ferunt, exponant atque demonstrent. Quocircaetineunte hoc anno scholastico nihil antiquius habuerunt,
Beatissime Pater, quam ut in primis suis prælectionibus Eneyclicam Sanctitatis Tuæ alumnis suis notam lacèrent ejusque pondus ac sapientiam apto comraentario illustrarent. Atque ita quoque Illustrissimus Universitatis Reetor, in solemni quam habuit oratione inaugurali, ex eadem Encyclica verba sumpsit et recitavit, quibus Philosophiæ Scholasticæ utilitatem necessitatemque mirifice commendaret ejusque studium omnibus inculcaret. Porro qui scientiam Juris profitentur Magistri, in jure.naturæ interpretando a S. Thomæ doctrina nullo modo déclinant. Jam quod attinet ad Magistros Facultatum quæ dicuntur Scientiarum » et Medicinæ, hi quum plerumque in consideratione factorum et legum naturæ studio verseptur, quæstiones philosophicas vix attingunt; attamen docent si rerum corporearum naturæ penitiùs inspiciuntur, nihil esse in philosophia scholastica quod cum incrementis scientiarum et certis exploratisque conclusionibus non possit apte eomponi. Prætereaadnotandumestalumnosomnesquando ad scholas Scientiarum aut Medicinæ admittuntur, jam sese applicasse per annum integrum ad disciplinas philosophicas ad mentem S. Thomæ ipsis traditas. Quod superest, Beatissime Pater, promittimus nos omni ope atque opéra adlaboraturos ut scholastica philosophia in Lovaniensi Academia cognoscatur, tradatur, ametur. atque ab adversariorum oppugnationibus defendatur.
Quod ut exsequi possimus, Beatissirae Pater, ad pedes Sanctitatis Tuæ provoluti Apostolicam benedictionem humiliter flagitamus.
Universitatis Catholicçe Lovaniensis Rector Alexander Josephus Namèche, S. T. Dr., Sanctitatis Tuæ prælatus dom. — Universitatis Cath. Lovan.
Vice-Rector Carolus Cartuyvels, S.
Th. Dr., J. C. L., Sanctitatis Tuæ prælatus dora. — Universitatis Cath. Lovan. a Secretis Petrus WiLLEMS. Philosophiæ et Litt. Doctor. — S. Facultatis Theologiæ p. t. Decanus Ludovicus Roelants, S. Th. Dr., Sanctitatis Tuæ ab intimocubic — Facultatis Juris p. t.
Decanus Eduardus Descamps, jur. et scient, pol. et adm. Doctor. — Facultatis Medicinæ p. t. Decanus G. Verriest, medicinæ Doctor. — Facultatis Philosophiæ et Litterarum p. t.
Decanus Constantinus Pieraerts, Canon. bon. Mechlin. — Facultatis Scientiarum et Artium p. t. Decanus Josephus Carnoy, sc. math. Doctor.
Lovanii, in festo S. Clementis Papæ, 23 Novembris MDCCCLXXIX.
NOTICE
SUR LE COLLÈGE DU ROI ou Séminaire royal de L ancienne Université de Louvain,
par M. Edm. REÜSENS,
professeur à la Faculté de théologie.
§ 1. Fondation et histoire du collège.
Le Collège du Roi ou séminaire royal , colle gium ou seminarium regium , doit son origine à la générosité du roi Philippe II. On sait que, sur les instances réitérées du roi d’Espagne, le pape Paul IV, par sa bulle Super universi, du 12 mai 1559, réorganisa la hiérarchie ecclésiastique dans les Pays-Bas et y établit plusieurs nouveaux évéchés. Dans la plupart de ces diocèses, de création récente et organisés au milieu des troubles et de la guerre civile, manquaient les ouvriers capables pour les fonctions du saint ministère. Les séminaires épiscopaux, dont le concile do Trente venait, presque au même moment, de décréter la création, ne purent être établis immédiatement dans chaque diocèse ou, du moins, ne fournissaient pas un nombre suffisant d’ecclésiastiques aptes aux fonctions pastotorales. A Louvain même, dans les collèges de théologie, écrasés par les logements et les exactions militaires, le nombre des étudiants avait considérablement diminué.
Ce fut dans ces tristes circonstances que Guillaume Lindanus, évêque de Ruremonde et docteur en théologie de Louvain, se rendit [à Madrid au commencement de l’année 1579. Parmi les affaires qu’il recommanda tout particulièrement à la sollicitude de Philippe II, une des premières fut la création, à Louvain, d’un nouveau collège où l’on pût former des ecclésiastiques pour le saint ministère. Jean Vendeville, docteur ês-droits, qui illustra plus tard par ses vertus le siège épiscopal de Tournai, faisait, à cette époque, partie du conseil privé de Sa Majesté; il appuya vivement auprès du roi la demande de l'évêque de Ruremonde. Philippe II ne résista pas à ces instances : il décréta, par lettres patentes du mois de mars 1579, la fondation, à Louvain, du collège du Roi , chargea Lindanus de l’organisation de l’établissement, et lui fit remettre par le duc de Parme, gouverneur des Pays-Bas, la .somme de trois mille ducats pour subvenir aux premiers Irais.
Lindanus se mit aussitôt à l’œuvre. Ne trouvant pas immédiatement un local convenable dont on pût faire l’acquisition, il entra en négociations avec le docteur Henri Gravius, professeur de théologie, pour obtenir en location les deux collèges du Saint-Esprit, dont celui-ci était le président et qui se trouvaient entièrement déserts par suite de l’occupation militaire. Ses démarches furent couronnées d’un plein succès.
La nouvelle fondation put s’installer provisoirement dans les bâtiments des deux collèges, où Gravius ne se réserva qu’un modeste appartement à l’extrémité de l’aile méridionale. Elle y resta jusqu’au 24 juin 1586, époque à laquelle le collège du Roi fut transféré définitivement à l’emplacement où il exista jusqu’à la suppression de l’Université à la fin du siècle dernier. Cet emplacement, situé rue du Prévôt (rue de Namur), était celui qu’occupe aujourd’hui, à côté de l’église de St-Michel, le cabinet de zoologie et d’anatomie comparée.
Les ressources du collège consistaient en dons charitables et revenus fixes. A la demande de .Lindanus, le Souverain Pontife Grégoire XIII lui-même donna, en 1585, une somme de 500 ducats pour l’institution naissante. Philippe II et ses successeurs imposèrent, au profit du collège, des taxes sur les revenus de quelques abbayes, surtout de la Flandre française (î); malheureusement, plusieurs de.;ces abbayes, ayant passé dans la suite sous l’obéissance du roi de France, refusèrent de continuer le payement de ces impositions ; ce qui diminua notablement les ressources de la fondation. Le nombre des élèves
(1) Philippe U érigea aussi, en 1582, un séminaire pastoral à Douai. I.es Analectes pour servir A l'histoire ecclésiastique de la Belgique ont public (X, pp. 121-125) des Documents concernant Us moyens de procurer des revenus aux séminaires établis par le roi Philippe II dans les Universités de Louvain et de Douai.
était ordinairement de 70 environ. Ils s’appliquaient, sous la direction du président, à l’étude de l’Écriture Sainte, de la dogmatique, de la morale, et faisaient des exercices de prédication.
Lorsqu’en 1650 les pères Jésuites eurent commencé la construction de leur église (aujourd’hui l’église de Saint-Michel), ils firent des démarches réitérées et des offres sérieuses pour acheter les bâtiments occupés par le collège du Roi, qui s’avancaient dans la rue et masquaient en partie la façade de leur nouveau temple. Mais Philippe IV, roi d’Espagne, par dépêche du 13 avril 1657, défendit expressément de faire cette aliénation, nonobstant les raisons alléguées en sa faveur : Etsi non defuerint , dit-il, qui eam utilem futuram fuisse opinarentur.
En 1776, sous la présidence du chanoine Thysbaert, les anciens édifices furent abattus et remplacés, d’après les plans dressés par le géomètre Ghenne, par de nouvelles constructions qui existent encore aujourd’hui. On plaça, au dessus de la porte d’entrée, les armes du royaume d’Espagne (souvenir que les abatteurs révolutionnaires ont fait disparaître à la fin du siècle dernier) avec l’inscription qu’on peut encore lire aujourd’hui : Collegium regium fündat. a. MDLXXIX. Rénovât, a. MDCCLXXIX.
'Après la dispersion de l’Université en 1797, les bâtiments du collège du Roi furent conservés. En 1815, l’armée prussienne y établit, pendant quel-
que temps, une boulangerie militaire. Lorsque, par arrêté du 25 septembre 1816, le gouvernement des Pays-Bas eut décrété l’érection, à Louvain, d’une université de l'État, on y installa, en 1818, les collections d’histoire naturelle.
Voyez, pour l’histoire du cabinet de zoologie et d’anatomie comparée depuis 1830, les Analectes de Y Annuaire de l'Université catholique de Louvain , 1851, pp. 267-285.
§ 2. Présidents du collège.
1. Jean de Stryen , évêque de Middelbourg, chassé de son siège épiscopal par les protestants de Hollande et réduit à vivre en exil, fut nommé président de l’institution naissante en 1581. Avant de devenir président, il avait quelque temps (de 1578 à 1581) administré, au nom du roi Philippe II, l’abbaye de Vlierbeek, pendant l’absence de l’abbé Pierre Cools. ,
Jean de Stryen mourut à Louvain le 8 juillet 1594, et fut enterré dans le chœur de l’église de Saint-Quentin, où on lui éleva, près du maitreautel, un monument en forme de sarcophage, recouvert d’une plaque en laiton sur laquelle étaient gravées l’effigie du défunt, ses armoiries paternelles et maternelles et l’épitaphe suivante : Rmo D. D. Joanni a Stryen, secundo Middel-
BURGENSIEPISCOPO, SEMINARII REGII LOVANIENSIS PRIMO RECTORI, OB RELIGIONEM EXULI, DEFUNCTO
Lovanii 8 julii 1594, R. I. P.
On peut consulter sur ce saint évêque Van Heüssen , Historia episcopatuum fœderati Belgii ; Episcopatus Middelburgensis, p. 21 et svv.
2. Dominique Reiner i, de Bolsward en Frise, succéda à l’évêque de Middelbourg, en 1594. Banni de sa patrie et dépouillé do tous ses biens à cause do son attachement à la religion catholique, il avait étudié les humanités et la philosophie à Munster en Westphalie, et la théologie à Louvain. Il prit le bonnet de docteur en théologie le 21 novembre 1594, un peu plus d’un an après avoir été promu à la présidence du collège du Roi, et fut enlevé par une mort prématurée, âgé seulement de 37 ans, le 28 mai 1598. On l’enterra, comme son prédécesseur, dans le choeur de l’église de Saint-Quentin, avec l’épitaphe suivante : Hic est sepultus eximius D. D. Dominicus Reyneri, Bolswardiensis, sacerdos,
SS. THEOLOGTAE DOCTOR, SEMINARII REGIT CATIIO- LICI SECUNDUS PRAESIDENS, QUI PRAEMATURE MORÏENS III I KAL. JUNII A° INCARNATI VERBI CIO. 10. IIC, AETATIS VERO SUAE XXXVII0, MAGNUM APUD SUOS SU1 RELIQUIT DESIDERIUM.
3. Jean Malderus , désigné par le roi Philippe II pour remplacer Reyneri, fut installé le 7 août 1598. Né à Leeuw-Saint-Pierre le 12 août 1563, il avait étudié la philosophie à Douai et la théologie à Louvain, où il prit le grade de docteur le 13 août 1594, et fut nommé professeur à la
faculté de théologie. Promu à 1’évêelié d'Anvers en 16ll.il abandonna la présidence du collège du Roi le 2 août de la même année. Il mourut à Anvers le 21 octobre 1633.
Voyez sur Malderus Paquot, Mémoires , éd. in fol, II, p. 5, et De Ram, Synopsis actorum ecclesiae Antverpiensis, p. 56.
4. Chrétien Van Beusecom fut appelé à prendre la succession de Malderus au collège du Roi. Né à Amersfoort vers l'année 1579, il avait fait ses études à l’Université de Louvain et était devenu curé à Herent, où il resta jusque vers 1609. Il retourna probablement cette année à
'Louvain pour administrer le collège de Bois-le- Duc, et remplit ces fonctions jusqu’à ce qu’il fut nommé, en 1611, président du collège du Roi. Le 25 septembre de l’année suivante, il prit le bonnet de docteur en théologie, et obtint, le 30 octobre 1614, la chaire royale de catéchisme. 11 fut un des premiers à combattre les erreurs de Jansénius après la publication de YAugustinus en 1640. Il mourut à Louvain le 12 juin 1644, et légua par testament tous ses biens pour la construction de la chapelle de Noire-Dame-aux- Fiôvres.
5. Melchior Cuperus ou De Cuypere remplaça Van Beusecom en 1644. Né à Lierre le 20 juillet 1600, il étudia à Louvain, où il obtint, en 1626, la sixième place à la promotion de la Faculté des Arts. Après avoir pris le grade
de licencié en théologie, il devint curé à Berlaer, mais il résigna ces fonctions le 16 janvier 1646, lorsqu’il était déjà environ un an et demi président du collège du Roi. Vers la même époque, il obtint un canonicat à Saint-Pierre, à Louvain, et fut élevé, en 1652, aux honneurs du rectorat de l’Université. Il mourut à Louvain lo 4 mai 1653. Son corps fut enterré à l’église de Saint Pierre près de l’autel dit des âmes , et on plaça sur sa tombe une pierre sépulcrale avec une inscription déjà à moitié effacée vers la tin du siècle passé. On y lisait encore alors : Sepulchrum R. D. Melchioris De Cuypere, S. T. L.,
EX CURA SUI PASTORATUS DE BALLAER VOCATI A MAJESTATE CATH0L1CA AD SUI SEMINARII REGII PRAESIDENTIAM LOVANII HUJUS ECCLESIAE CA-
nonici promoti. Obiit 6 maji 1653 (i) etc.
6. François Vlemincx , de Louvain, succéda à De Cuypere, en 1653. Né vers 1598, il avait fait ses études à l’Université de sa ville natale et pris le grade de licencié en théologie. Il était déjà chanoine de Saint-Pierre depuis le 23 février 1649, lorsqu’il devint président en 1653. Il mourut le 22 juillet 1672, et fut enterré à l’église des Capucins avec l’épitaphe : Franciscus Vlemincx, S. T. L., canonicus D. Pétri, praeses seminarii regii. Obiit 22 julii 1672.
(1) De Cuypere inourul le 4 mai el fut enterré le ti.
Digil