‹ Analogie Des Bulbilles Pédicellés De Certains Allium Avec Les Ovules RéfléchisChapitre 2 sur 5 · SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

core pédicellés : ils présentent l’aspect de jeunes ovules droits. Une tunique celluleuse externe, dont l’apparence rappelle celle d’une primine, laisse voir par un exostome plus ou moins large, une tunique plus intérieure, analogue à une secondine, mais dont l’ouverture n’est pas béante à cette époque. Un peu plus tard, l’ouverture de la tunique externe se ferme, et en même temps le bulbille, alors porté sur un support étroit, analogue à un funicule, subit dans sa tunique externe ou primine un accroissement unilatéral absolument analogue à l’accroissement unilatéral qui appartient aux ovules réfléchis ou auatropes. A cette époque, le bulbille fait irruption au dehors en déchirant les tuniques du bulbe-mère; il est alors porté par un funicule plus ou moins long et présente un raphé dans toute sa longueur ; ce raphé se termine en une ckalaze à l’extrémité opposée au hile. C'est au niveau de cette chalaze quesont insérées les tuniques suivantes du bulbille ; la première tunique (deuxième du bulbille) insérée à cette chalaze, correspond à la secondine d’un ovule; la seconde tunique (troisième du bulbille) renfermée dans la précédente, et insérée au même niveau, est charnue et constitue en quelque sorte le nucléus du bulbille. A son centre et vers sa base on trouve un très jeune bourgeon.

Le bulbille ainsi constitué reste à peu près stationnaire pendant l’été et n’eutre en végétation que vers la fin de l’automne. Tl éprouve néanmoins certaines modifications : son pédicelle ou funicule se détruit, et dès lors le bulbille devient libre et constitue une jeune plante indépendante. Sa tunique extérieure ou primine (qui chez YAllium multiflorum présente la forme du testa de la graine d’un Staphylea ) devient crustacée, et le bourgeon central charnu, composé d’une tunique épaisse et d’un très jeune bourgeon, est préservé de la dessiccation par les tuniques crustacées qui l’enveloppent.

Lorsque, vers la fin de l’automne, le bulbille commence à entrer en végétation, la feuille charnue (troisième du bulbille) et qui constituait une sorte de nucléus , s’amincit sans s’allonger en limbe, puis se flétrit (cette feuille joue le rôle d’un véritable cotylédon ) ; la quatrième feuille du bulbille (première du jeune bourgeon foliacé) s’allonge et se fraie une issue en dilatant l’ouverture des tuniques précédentes (au niveau de l’exostome ou micropyle). La radicule se fraie une issue par perforation ou déchirure dans le voisinage de la chalaze; cette radicule est coléorhizêe comme celle de beaucoup d’embryons monocotylédonés; la eoléorhize est fournie par la tunique charnue qui joue le rôle de feuille cotylédonaire.

Je regarde comme peu contestable l’analogie qui existe entre les deux tuniques externes de ces bulbilles et les deux tuniques externes des ovules normaux; entre le funicule, le raphé, la chalaze et Lexostome chez ces bulbilles, et les mêmes parties chez les ovules réfléchis. Quant au bourgeon central charnu qui constitue la série des feuilles du bulbille et qui a l’aspect d’un embryon monocotylé eoléorhize, il diffère d’un embryon normal par

Page 1