‹ Analyse chimique des quinquinaChapitre 3 sur 25 · CHIMIQUES · texte numérisé non relu

CHIMIQUES

SUR LES QUINQUINA; Par MM. PELLETIER et CAVENTOU.

Ier. Mémoire lu à l'Académie des Sciences, le n septembre 1820.

§ Ier.

À chaque époque de ces grandes découvertes qui ont étendu la sphère de la science , les chimistes ont cru devoir reprendre quelques travaux de leurs devanciers ; guidés par de nouvelles lumières, ils sont arrivés souvent à des résultats qui avaient échappé à des savans distingués qui s'étaient trouvés dans des circonstances moins avantageuses.

Les quinquina se trouvent placés à la tête de ces substances, qui sont comme périodiquement soumises à une nouvelle investigation. Il serait en effet difficile d'énuméreï les travaux entrepris sur ces écorces depuis Bucquet et Seguin jusqu'à ceux dont M. Lauberta enrichi la science. Qu'il nous soit cependant permis de rappeler la grande dissertation de Fourcroi , qui long-temps fut un modèle d'analyse végétale ; citons aussi l'examen de dix-huit espèces de quinquina entrepris par M. Vauquelin , travail remarquable par son étendue et par ses résultats, puisque, dans ce mémoire, M. Vauquelin a enrichi la chimie végétale d'un acide nou-

veau ; a donne des caractères certains pour reconnaître les quinquina véritablement fébrifuges, et a fourni aux chimistes de nouveaux moyens analytiques. Nous rappellerions encore un mémoire de M. Reuss, de Moscow, si les travaux de M. Gomès , de Lisbonne , ne réclamaient toute notre attention. C'est à ce dernier chimiste qu'on doit la découverte d'un principe particulier dans le quinquina ; principe que nous avons reconnu être une base salifiable organique, dont l'étude fera un des objets de notre mémoire.

S il.

Maintenant si nous étions obligés de donner les raisons qui nous ont engagés à travailler sur les quinquina après tant de chimistes recommandables , nous avouerions que ce sont les considérations que nous venons de présenter. La découverte des alcalis végétaux fait époque dans la science 5 elle explique une foule d'anomalies qui se rencontraient dans l'analyse végétale. Les bases salifiables organiques ont des propriétés si particulières, elles sont si constamment la matière active des végétaux qui les recèlent, qu'il était naturel de les rechercher dans les quinquina. D'ailleurs si le cinchonin découvert par M. Gomès dans le quinquina gris est, comme l'assure ce médecin T la substance en vertu de laquelle cette écorce agit sur l'économie animale, bien que ce savant assure qu'elle n'est ni acide ni alcaline, n'était-il pas nécessaire d'examiner s'il n'y avait pas erreur dans la dernière partie de la proposition. Telles sont les réflexions qui nous ont suggéré l'idée d'entreprendre de nouvelles recherches sur les quinquina : une fois entrés dans cette carrière , nous avons poussé nos travaux au delà du but que nous nous étions d'abord proposé 5 les propriétés que nous avons trouvées à la cinchonine se lient tellement à celles des autres substances qui l'accompagnent, que nous n'avons pu nous dispenser d'étudier toutes ces substances dans leur ensemble.

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